Sur ces exploitations s’étendent à perte de vue, Olivier croit un jour qu’il réussira son rêve le plus fou, celui de devenir un jeune prospère dans le secteur de l’agriculture.

Tous les moyens sont bons. Le samedi du 21 juillet 2018 où Agridigitale l’a rencontré dans sa ferme, il a fait venir des amis depuis Lomé, la capitale pour leur convaincre à investir dans le projet.

Il affirme qu’il y a beaucoup de millions à gagner et c’est l’occasion d’en saisir. Comme une heureuse coïncidence, la femelle adulte d’un de ses porcs (la truie) a accouché huit (8) porcelets.

Olivier a déjà fait ses petits calculs, qu’en 4 mois, il va rentabiliser ses investissements. Aussi, il témoigne à Agridigitale que le programme d’Appui au Secteur Agricole (PASA) initié par le gouvernement, l’a beaucoup aidé à réaliser ses trois bassins pour la pisciculture.

De l’appui du PASA

J’ai bénéficié d’un don de 3 millions CFA du PASA et c’est un appui direct destiné uniquement aux pisciculteurs.

Cet appui  m’a permis de réaménager  mes trois bassins. Le financement du PASA est arrivé en janvier 2017 et on a pris trois mois pour réaliser les bassins.

Moi-même, j'ai pris en charge la tuyauterie, le système de vidange et l'engagement pour soutenir le sol contre les érosions à hauteur de 500 mille FCFA. Avec ces bassins, j’ai lancé la culture des poissons clarias.

Entretien

Les Clarias sont des poissons fouineurs. Si on ne leur donne pas à manger eux-mêmes cherchent à s'approvisionner dans le sol.

Mais, moi, je m'occupe de mes poissons tous les jours. Je leur donne à manger chaque matin. Leur nourriture est  composée d'un aliment équilibré.

Il y a la provende industrielle qui vient de Lomé et du Ghana. Ce sont les mêmes composants. Des fois, c'est du son de riz ou de poulet et c’est flottant.

Il y a aussi la provende artisanale. Dans tous les cas ça contient des protéines, des lipides et des aliments énergétiques.

Aujourd'hui, le Clarias coûte 100fr l'unité. Et le gouvernement demande à ce qu'on place un poisson par mètre carré.

La première récolte

A un an de mon projet, je suis plus ou moins satisfait. Le poisson bien nourrit ou mal nourri, doit faire six mois dans l’eau. Après six mois, le poisson ne peut plus grandir. C'est pourquoi on les a récoltés et on a été obligé de les vendre à vil prix parce que la qualité n'y était pas.

Ils n’étaient pas gros. J’ai obtenu  une tonne que j'ai vendue à environ 100.000F CFA à une seule personne; une nigériane d’ailleurs, parce que les gens d’ici ne consomment pas trop le Clarias.

Normalement, le gouvernement demande de vendre le kilo à 1800F CFA. Mais dans la réalité, ce sont les consommateurs qui fixent le prix. Donc ça fait que des fois on peut avoir une bassine qui tourne autour de 30 à 40Kg qui peut contenir de gros poissons qu'on est obligé de brader à 40.000F CFA  ou  à 45.000F CFA.

Difficultés et changement de stratégie

Au début, je pensais que je pouvais aller jusqu'au bout mais à un moment donné, j'ai vu que c'est plus grand que moi. Avec les trois bassins, le projet a pris plus d’ampleur que je ne l’espérais.

Aujourd’hui, c'est le statut quo sur le site. Je manque de moyens pour nourrir mes poissons. Des fois, il m'arrive de vendre mes porcs pour m'approvisionner de la nourriture pour les Clarias.

Après la prochaine récolte, je compte me focaliser sur un seul bassin, celui de 800 mètre carré. Je vais uniquement m'investir là-dessus. Le fait de vouloir m'attacher aux trois bassins m'a vraiment coûté donc je vais changer de stratégie.

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