Le gouvernement explique que la "nouvelle dénomination s’adapte mieux au contexte national et permettra aux acteurs des chaînes de valeurs d’être prospères et dans la paix". 

Si ce fonds innovant mis en place pour une agriculture professionnelle orientée business est salué par tous les acteurs, certains émettent déjà quelques réserves sur le bon fonctionnement du fonds niché à la présidence de la république. 

Doute et confusion

De Lomé à Dakar en passant par Abidjan, le changement de dénomination bien qu’apprécié attise les commentaires.

"A peine crée, Tirsal devient Mifa, c’est une confusion totale", ironise certains. D’autres disent qu’ils doutent déjà du sérieux de l’initiative pourtant louable et ont rapidement développé des propositions pour la bonne marche du fonds.

Envisager plutôt l’actionnariat public-privé

L’objectif affiché par le gouvernement à travers le dispositif MIFA est de touché 1 million de producteurs par des lignes de crédits jusqu’à 10 fois le capital d’amorçage et de porter les crédits agricoles de 0,3 à 5% du total des prêts bancaires.

Pour atteindre ces objectifs, les spécialistes pensent qu’il faut revoir la fiche et la formule du fonds pour davantage d’impacts.  

"L’Etat devrait initier plus une banque avec actionnariat public-privé. L’Etat prend au moins 10% et le reste ouvert au privé", suggère un analyste.

"Le fond MIFA est piloté par l'Etat ce qui rend l’apport des privés très limité. On aurait souhaité que ce fonds prenne la forme d’une  banque de l'agriculture avec les conditions plus clémentes d’octroi de crédits aux producteurs", ajoute un autre expert, spécialiste des questions de finances agricoles en Afrique.

La meilleure solution pour financer l’agriculture c’est d’aller à une banque agricole

Pour certains analystes basés à Dakar au Sénégal, le Togo devrait plutôt s’inspiré du modèle sénégalais, de la caisse nationale de crédit agricole du Sénégal (CNCAS) qui va loger toutes les initiatives destinées à l’agriculture.

Au Sénégal par exemple, il existe un fonds de garanti par domaine logé au CNCAS et qui marche assez bien, selon les experts interrogés à Dakar.

Du côté du Burkina-Faso, les procédures sont assez avancées pour l’opérationnalisation d’une banque dédiée à l’agriculture.

Les experts agricoles s’accordent à dire que tous les pays  qui ont ces banques de l'agriculture ont réussi leur politique agricole.

"Il faut une banque agricole purement privée de telle sorte à être le bras armée des paysans et des opérateurs économiques du secteur", martèlent les analystes.

Le Maroc est aujourd’hui un très bon modèle en Afrique. En France,  le Crédit Agricole qui est une banque au départ agricole finance aujourd'hui presque que toutes les activités.

En Allemagne, une multitude de banques entièrement dédiée aux activités agricoles existent dont le  Numéro 1,  la DBK avec un chiffre d’affaires annuel dépassant les 3,5millards d’euros.

Cette banque allemande propose le financement de toutes les activités agricoles comme: achat des terrains agricoles, financement de la production et de la création des chaines de valeurs agricoles, construction des silos de stockage des céréales, financement du matériel roulant agricole, les intrants, la commercialisation.

A cela s’ajoutent la gestion du transfert de la société à la génération future car en Allemagne, les activités agricoles ont aussi une originalité familiale et se transmet de père en fils.

"Donc, au lieu de cibler ces paysans dont la pratique aujourd'hui est de produire pour nourrir uniquement que la famille exploitant de petites parcelles sans une réelle création de la valeur ajoutée, il faut plus pensée loin en finançant des projets de grandes envergures par cette banque qui va prendre en compte tout le financement A à Z pour créer de vrais emplois dans le secteur agricole", ajoute un expert international.

In fine, les analystes sont unanimes sur une seule chose : il serait judicieux pour le Togo d’avoir une banque agricole ou une nouvelle caisse nationale de crédit agricole qui va loger toutes les initiatives ou innovations destinées à l’agriculture.

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