Sur ses 40 hectares, Agbanti cultive maïs, riz, igname et sorgho et par année, la seule filière du maïs lui rend 30 tonnes, ce qui lui a valu, la distinction de médaillé de mérite agricole au forum des paysans. Père de cinq (5) enfants, Agbanti a de quoi assurer ses vieux jours et l’avenir de ses enfants. Sur ses plantations, 15 à 40 métayers travaillent en vacation et une dizaine de permanents. A l’instar d’autres jeunes qui ont désespérément tenté l’aventure en Europe, Agbanti, a aussi essayé de s’expatrier mais hélas !

L’aventure en Allemagne  n’a pas marché et j’ai fait marche arrière

"J’ai arrêté les classes au cours moyen première année -CM1- pour tenter l’aventure en Allemagne. J’ai dû vendre 50 sacs de maïs à 10.000 FCFA l’unité pour me lancer dans cette initiative", a-t-il confié. En fin de compte poursuit-il "ça n’a pas marché et j’ai fait marche arrière et c’est à partir de ce moment que j’ai pris à deux mains, l’agriculture que je faisais à temps plein".

Pour lancer la plantation, "je n’avais pas assez de moyens et pour cela mes amis et moi avions initié l’entraide. "Nous travaillions dans nos champs à tour de rôle.  C’est cette initiative qui m’a permis de passer d’un demi-hectare à un hectare", raconte –t-il tout heureux.

Recours aux conseillers agricoles

Pour s’assurer d’un bon rendement, "j’ai suivi les consignes des conseillers agricoles tels que les écartements entre semis, les dates d’épandage d’engrais et de sarclage".   "Grâce à ces conseils,  j’ai obtenu la première année, près de 4 tonnes de maïs à l’hectare. Petit à petit, j’augmentais la superficie de mes exploitations jusqu’à ce que je ne sois débordé à un moment donné", témoigne –t-il.

Dopé par un meilleur rendement, Agbanti a recruté pour son propre compte des métayers et a mis fin à l’entraide. "J’ai décidé de prendre des métayers pour le défrichage, le semis, l’épandage d’engrais, le sarclage et la récolte. Ayant constaté qu’il y avait certains travaux en permanence, j’ai décidé de garder certains qui sont logés, nourris et rémunérés à 250.000FCFA par an", confie –t-il.

Débouchés

Le problème de débouchés reste un casse –tête pour ce paysan du nord-Togo. "A la récolte, tu estimes le coût de production et tu fais ton programme.  En fin de compte, ce programme ne tient pas parce que les produits ne sont pas vendus au juste prix", s’est-il-plaint.

Pour investir dans la campagne suivante, ajoute-t-il, les récoltes sont vendues à vil prix aux commerçantes et le ouf de soulagement vient parfois de l’Agence nationale de sécuritaire alimentaire (ANSAT) qui elle, achète à bon prix.

Retraite assurée

Mon plus grand challenge aujourd’hui, c'est d’investir suffisamment pour assurer ma retraite. Comme vous le savez, la retraite d’un agriculteur commence le jour où il n’arrive plus à se mettre debout. Je voudrais que lorsque ce moment arrivera, que je puisse avoir des moyens pour assurer ma survie et celui de ma progéniture.

En ce sens, je ne parle pas de cotisation à une caisse de retraite, mais des investissements tels que la construction des maisons servant de location pour assurer mes vieux jours.

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