Financé par la Banque mondiale (BM), le projet a permis de développer de nouvelles technologies agricoles dans le but de promouvoir une agriculture durable dans la sous-région.

D’importants investissements ont été réalisés en six(6) ans d’exécution du projet au Togo. De 2011 à 2017, la Banque mondiale a accordé au pays un don de 12 millions de dollars pour la réalisation du projet.

Arrivé à terme, le PPAAO a été rallongé de deux ans (2017-2019) afin de capitaliser tous les acquis et a obtenu à nouveau, auprès de la Banque mondiale, en juin 2017, un financement additionnel, cette fois-ci, un crédit de 10 millions de dollars.

Pour comprendre les réalisations du projet et l’impact sur la vie du monde rural, le journal Agridigitale a interrogé ce lundi, Dr Assimiou ADOU RAHIM ALIMI, Coordonnateur Opérationnel Délégué du PPAAO-Togo.

Quelles sont les réalisations concrètes du PPAAO au Togo ?

Elles sont nombreuses et touchent plusieurs domaines.

Renforcement de la coopération sous-région

Dans le domaine du renforcement de la coopération sous régionale en matière de développement, de diffusion et d'adoption de technologies agricoles, le projet a permis la mise en conformité du Togo avec les règlements communautaires sur les semences et les pesticides.

Cette mise en conformité a permis au pays d’échanger facilement les technologies avec les autres pays de la CEDEAO, la capacitation de la Direction des Semences agricoles et Plants (DSP) et de la Direction de la Protection des Végétaux (DPV) pour faire appliquer les règlements communautaires sur les semences et les pesticides respectivement.

Renforcement du Système de Recherche

Les renforcements de capacité de l’Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA) et de l’Institut de Conseil et d’Appui Technique (ICAT) à travers les réhabilitations des infrastructures, les équipements et les formations diplomantes et continues ont induit : au niveau de lITRA, une amélioration du cadre de travail, des outils de recherche, de la fonctionnalité des stations de recherche et de la capacité de recherche des chercheurs.

Ils ont aussi permis une meilleure connexion de l’ITRA avec le système de recherche sous-régionale et un renforcement de la capacité de production des semences de base et des géniteurs améliorateurs ovins et caprins.

Ensuite, au niveau de l’ICAT, une amélioration des conditions de travail avec une plus grande mobilité des conseillers agricoles, une amélioration des outils de vulgarisation et des capacités techniques du personnel.

La génération de technologies

Le projet a permis d’améliorer le stock de technologies disponibles susceptibles d’améliorer considérablement la productivité agricole. Il a appuyé :

La génération de 7 technologies : Egreneuse multifonctionnelle, Extracteur et décortiqueuse de graines de  courges, Séchoir solaire type serre, variétés de piment, géniteurs volailles, technique de stabilisation de la bière locale, technique de conditionnement du fumier ; l’adaptation de 8 autres technologies constituées de variétés de maïs, de riz  et de manioc à haut rendement.

En matière de diffusion des technologies

Le projet a fait diffuser un total de 15 technologies à travers des sous projets financés et des collaborations avec l’ICAT.

Ces technologies diffusées ont touché plus de 225.000 producteurs et couvert 114.483 ha.

Sur la filière semence

Les interventions du projet ont permis de réaliser : une augmentation significative de la production de semences certifiées qui a globalement doublé en passant de 1260 tonnes en 2012 à près de 2600 tonnes en 2015, dont 1674 pour le maïs et 751pour le riz.  

Ensuite, une amélioration du taux de couverture en semences certifiées qui est passée de 4,2% à 12% pour le maïs et de 6% à 15% pour le riz du fait de la facilitation à l’accès aux semences certifiées subventionnées par le projet.

Enfin, les interventions ont permis une amélioration du rendement des semences qui est passé de 1,2 à 1,7 tonnes pour le maïs et de 1,7 à 2,5 tonnes pour le riz.

Les appuis du projet ont également permis de créer trois ESOP(Entreprises et Services des Organisations de Producteurs) de semences et trois ESOP de transformation de viandes, qui relient durablement les producteurs au marché.

En termes d’acquis, que peut-on retenir ?

Les acquis en termes de valeur ajoutée en 6 ans d’exécution sont énormes. On peut citer entre autres :

Gains de rendements et de revenus liés à l’adoption des technologies mises à disposition par le projet ; nouvelles technologies améliorées mise en place par le projet, faciliter pour les échanges de technologies entre le Togo et les autres pays de la CEDEAO ; Centres de formation Agricoles réhabilités et équipés pour la formation des producteurs sur les technologies, Laboratoires réhabilités et équipés pour les analyses de sols et des engrais et l’analyse de la qualité des produits agricoles pour l’exportation ; Dispositif performant de qualité des engrais et de certification des semences ; ESOP semences créés et fonctionnelles(Mango, Atakpamé, Blitta) ; ESOP viandes créés et fonctionnelles (Blitta, Atakpamé et Notsè) ; Unités mobiles de traitement et de conditionnement des semences, Encadrement de proximité par les conseillers agricoles renforcé etc.

Doit-on conclure qu’avec ces résultats, le pari du développement inclusif et rural est tenu ?

D’une façon générale, les projets qui ont été développés dans le cadre du programme national d’investissement agricole et de sécurité alimentaire (PNIASA), comme le PPAAO-Togo vise fondamentalement à réduire la pauvreté, créer de la richesse et assurer un bien-être aux producteurs et au monde rural en général.

Dans le cas du PPAAO-Togo, sa mise en oeuvre a permis au niveau des producteurs bénéficiaires des gains de productuvité dus à l’adoption de nouveles technologies améliorées qui ont permis des gains de revenus pour ces producteurs.

En outre, le PPAAO-Togo a permis de créer des emplois en milieu rural en soutenant et finançant des sous projets et d’autres initiaves génératrices de revenus portés par les acteurs du monde rural.

Comment ces acquis seront enfin capitalisés ?

Pour favoriser l’adoption des technologies, le PPAAO – Togo et ses partenaires ont élaboré une stratégie de diffusion et d’accélération de l’adoption des technologies. Cette stratégie s’appuie sur : la mise en place et l’opérationnalisation d’un système et plan de communication sur les technologies retenues y compris celles relatives au genre (élaboration des supports de communication,  diffusion des technologies à travers les différents canaux de communication).

La promotion d’une approche intégrée pour une synergie d’action de tous les acteurs concernés dans la diffusion des technologies.

Il s’agit ici de faciliter et de soutenir des actions multi partenariales pour la diffusion des technologies à travers les outils performants avec divers acteurs du secteur agricole entre autres : les services publics d’appui conseil, les faîtières d’organisation des producteurs, les ONG, les projets/programmes du MAEP et des autres ministères.

La mise en œuvre des actions spécifiques de soutien à l’adoption des technologies retenues.  Il s’agit ici de créer des facilités spécifiques à chaque type de technologie promue et d’encourager son adoption rapide et durable par les acteurs des chaînes de valeur des filières prioritaires.

Les enseignements à tirer

Les principales difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du projet sont  la lenteur dans le processus de passation des marchés et la mobilisation des fonds de contrepartie pour la réalisation des investissements prévus.

Par rapport à ces difficultés,  il apparaît nécessaire de mieux anticiper la planification des activités de passation des marchés et de s’entourer d’une expertise pointue et confirmée pour faire des études techniques d’évaluation des travaux proposés et  alléger la contrepartie de l’Etat dans les budgets des projets d’investissement.

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