Sissi, jeune piroguier à Aného

En face de la mairie de cette ville historique du Togo,  pendant six jours sur 7, chaque pirogue réalise un chiffre d’affaire moyen quotidien de 1 million de francs CFA.   

La pêche moderne exercée à Aného est l’œuvre des ghanéens. La plupart sont originaires des zones lagunaires et fluviales telles que la Volta Région et qui pour cause de saturation, viennent pêcher dans les eaux togolaises.

"La zone d’où je viens est saturée. Les activités de pêche y sont développées et le marché est débordé. Aného est pour nous la découverte d’un nouveau marché", confie Sissi.

Sissi Amenyo et ses camarades affrontent les vagues déjà à 3 heures à l’aube. Ils vont jusqu’au Ghana pour ne revenir que dans l’après-midi.

Leur produit de pêche est vendu aux bonnes dames togolaises qui attendent avec impatience que ces pirogues ne s’heurtent au sable de la plage. Celles-ci revendent aux consommateurs et à d’autres revendeurs.

Une pêche avec des équipements modernes

Sissi et ses coéquipiers utilisent des équipements modernisés. Il ne s’agit pas des barques que nous voyons sur la mer, ramant difficilement et allant dans le sens du vent.

Ce sont des pirogues modernes, larges, équipées de moteurs et de grands filets pour la pêche en mer. Le matériel est acquis au Ghana. Le coût moyen d’une pirogue est évalué à 3,5 millions Fcfa et pour en acquérir, le nécessiteux devra faire une commande et la ramener au Togo via la mer.

Plusieurs acteurs impliqués dans le partage du butin  

Le profit réalisé par les pêcheurs est partagé entre l’équipe et le propriétaire des équipements.

"Notre souci, c’est que les pirogues ne nous appartiennent pas. En plus nous sommes nombreux à partager le butin. Notre équipe fait déjà 11 personnes", explique Sissi.

Malgré tout, Sissi prend en charge sa famille restée au Ghana et arrive à payer le logement qu’il a pris à Aného avec son revenu.

Il trouve mieux de vivre à Aného qu’à sa localité d’origine.

Votre avis