Se débarrasser de la mentalité du tout gratuit

Pourtant il y a d’autres raisons aussi importantes pour lesquelles l’on devrait entreprendre : le désir d’indépendance, le désir de créer de la richesse ou encore le désir de devenir et de rester riche.

Malheureusement de nombreux jeunes entreprennent pour entreprendre, comme une mode. Ils sont si nombreux à être dépourvus de culture entrepreneuriale, celle-là qui se fonde sur les valeurs de créativité, d’innovation, de responsabilité, de gestion des objectifs, de gestion du temps, de résultats et de profit.

Le drame c’est qu’il y a des mentalités chez une trop grande majorité de ces entrepreneurs, qu’il urge d’agir pour les en délivrer.

  1. Les besoins et les demandes sont évidents et énormes

On les entend souvent dire : "les besoins sont énormes et les demandes sont là, mais c’est nous qui n’arrivons pas encore à produire pour les satisfaire".

Les questions qui se posent : Ces besoins sont-ils quantifiés? Quelles études ont révélé et évalué ces besoins? Quelles preuves de demandes non-satisfaites détiennent-ils pour être en mesure de les présenter à un investisseur?

  1. Les financiers et les riches doivent venir nous aider

Cette croyance naïve, il urge de s’en débarrasser. Le banquier, l’investisseur, le financier, ne sont pas des philanthropes, même s’il en existe. Dans ces conditions, ce serait donc à celui qui a de l’argent d’aller chercher celui qui en a besoin pour l’aider ?!

Nos jeunes doivent arrêter de dire : "nous lançons appel, nous demandons aux financiers de venir nous aider". Ils devraient plutôt s’occuper à réunir les conditions, rédiger correctement leur plan d’affaire et savoir bien le présenter pour démontrer à l’investisseur que leur projet mérite son attention et qu’il le convie à prendre le risque d’y investir, en lui proposant les assurances nécessaires pour le rassurer.

  1. Le mythe du méchant banquier

Trop d’entrepreneurs pensent que le banquier est un méchant personnage qui ne veut pas aider les gens. Même s’il faut reconnaître que beaucoup de banquiers auraient intérêt à initier un contexte de partenariat gagnant-gagnant avec les entrepreneurs, la réalité est que beaucoup se trompent lourdement.

Le banquier détient l’épargne des petits et gros déposants. En mettant une partie de cette épargne à la disposition d’un individu X pour une activité donnée, le banquier doit d’abord s’assurer de la capacité de ce dernier à rembourser ce crédit dans un délai raisonnable; il doit s’assurer que le Monsieur a une maîtrise de l’activité dans laquelle autant lui, que le banquier sont en train de risquer l’argent d’autres épargnants ; le banquier doit s’assurer que l’activité est rentable. Tout ceci constitue déjà une forme de garantie.

Mais le banquier pour se couvrir et souvent pour être confortable, va demander une garantie au Monsieur X, pour qu’en cas de pépins, il puisse rendre leur argent aux autres épargnants.

  1. L’ "Adoufoulisme" ou la mentalité du tout gratuit

Enfin, nos jeunes entrepreneurs, en particulier ceux du monde agricole, devraient se débarrasser de leur mentalité du tout gratuit, communément appelée en jargon populaire "adoufouli".

Soit ils veulent que l’Etat, les investisseurs privés, des individus leurs donnent de l’argent gratuitement pour financer leurs activités commerciales et non sociales, soit ils ne veulent pas ou ne sont pas prêt à payer le moindre service, le moindre conseil ou la plus petite expertise dont ils ont pourtant bien besoin. Ils veulent acheter les équipements au prix que eux ils ont fixé.

Comment peut-on vouloir aller au paradis sans passer par la mort?

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Marius E. BAGNY, Ingénieur de Conception en Génie Mécanique, Diplômé de l’ENSI, Expert Technique et Industriel

1 Contribution(s)

  1. Dod say:

    Merci pour votre article, un joli coup de gueule. Parfois il faut dire les choses comme tel, sans aller par quatre chemin très intéressant votre article.

    29/10/2018 19:25:31

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