Cette  pratique, lorsqu’elle est réussie profite à tous les acteurs impliqués dans le processus. Elle consiste à bénéficier d’un crédit auprès d’une institution de financement après avoir laissé en garantie un stock de produits agricoles. Quels sont les points forts de cette pratique et les éléments qui peuvent constituer son obstacle. Les réponses dans ce dossier réalisé par le journal Agridigitale.

Système gagnant-gagnant entre producteurs et IMF

Selon le processus de déroulement du warrantage, les producteurs et les institutions de microfinance gagnent chacun leurs parts. Le producteur bénéficie du crédit pour éviter de brader ses produits et les vendre au meilleur prix.

L’institution de financement bénéficie aussi des intérêts portés sur le crédit octroyé au producteur. Par rapport à l’inquiétude sur la confiance mutuelle des produits stockés et du crédit octroyé, le système de contrôle basé sur la disposition de deux clés, l’une au producteur ou l’organisation paysanne et l’autre à l’institution de financement est la solution adoptée.

Entre les deux acteurs, il existe aussi d’autres bénéficiaires du warrantage. Il s’agit des gestionnaires de stock, des agents de sécurité et des organisations paysannes qui sont les attributaires des frais de stockage et ou administratifs.

Il convient de noter que, le warrantage avant qu’il ne soit effectivement rentable à tous et surtout les déposants du stock, ces derniers doivent avoir vendu leurs produits plus chers lors de la phase de déstockage.

Si par exemple le kilo de riz paddy coûtait 135 F.CFA lorsque le producteur stockait son produit, il lui faudra vendre largement au-delà de ce prix pour qu’il puisse lui rester un surplus quand il se sera acquitté de tous ses dus.

Les variations entre les phases de stockage et de déstockage sont généralement supérieures à 10%. Si elles sont estimées à près de15% au Burkina Faso et 18% au Niger, elles vont jusqu’à 100% voire au-delà au Togo pour le maïs.

Les points contraignants du warrantage

A part le risque de ne pas voir les prix des produits variés et d’être perdant, le warrantage est contraint par d’autres obstacles. Le manque des infrastructures de stockage dont les constructions dépendent plus de l’Etat et les partenaires extérieurs constitue un frein au stockage.

Aussi, la qualité de certains entrepôts dont les constructions ne répondent pas aux normes d’infrastructures de stockage entraîne la perte de la qualité du produit. 

La capacité financière limitée des institutions de microfinance conditionne les partenariats entre les deux acteurs du warrantage. Les longues attentes dues aux formalités de stockages et d’octroi de crédit sont une source de démotivation pour les producteurs.

L’apport de l’Etat pour un partenariat assuré du warrantage

Les gouvernements des Etats doivent jouer leur partition pour la bonne marche des pratiques de warrantage en appuyant la construction des infrastructures de stockage, en servant de garantie pour les producteurs et en facilitant l’installation et les activités des instituions de financement.

A travers leurs partitions, le warrantage connaîtra un essor remarquable, gage du développement du secteur agricole.

Votre avis