Tchannibi Bakatimbe, coordonnateur du projet WACA.

"Cette érosion cause beaucoup de dégâts. On note les installations qui sont situées sur la côte (habitations, routes) actuellement détruites et emportées par la mer", déplore Tchannibi Bakatimbe, coordonnateur du projet WACA.

"Sachant que notre pays est en train de faire des efforts pour pouvoir aller vers l’émergence, il y a encore des facteurs qui retardent cette économie. Il va donc falloir prendre des actions afin de réduire ces facteurs. En ce qui concerne l’érosion proprement dite, elle représente le plus grand facteur de dégradation de la zone côtière. Nous constatons qu’à elle seule représente dans les 310 millions de dollars, 213 millions soit environ 125 milliards de frs CFA. Ce qui revient à une perte de 4 milliards par an dûe à cette érosion", poursuit-il.

Et si rien n’est fait, le pays perdrait d’ici 2035, annuellement 5 milliards F.cfa. Sur les actions urgentes à mener pour sauver la côte, 05 projets sont ciblés dont certains déjà achevés, et d’autre encore en cours de préparation.

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"Il s’agit du projet de construction du 4eme lacs, le projet de corridor Abidjan-Lagos et de protection de la côte, le projet d’investissement de résilients des eaux côtières en Afrique de l’ouest (WACA), le projet de construction de port de pêche et le projet d’adaptation de la zone  côtière d’Afrique de l’Ouest aux changements climatiques", précise le coordonnateur

Selon les experts, l’Etat doit accélérer les actions dans leur mise en œuvre car tant que les travaux n’ont pas commencé, la côte togolaise subira de pleins fouets les affres de cette érosion.

Au-delà des peurs, les mers et océans sont des opportunités

La protection de l’environnement marin est une nécessité. Les océans et les mers, occupent plus de 2/3 de la superficie du globe et sont à l’origine de la vie sur la planète. L’union Africaine pense d’ailleurs que la croissance économique de l’Afrique de demain est liée aux activités maritimes.

Prise de conscience générale des acteurs

"Nos mers sont polluées par des rejets industriels et des plastiques. Et s’il faut le rappeler, les hommes sont une menace pour la mer. Mais, pour que les mers et océans apportent toute la richesse dont ils recèlent, il faut d’urgence mener une opération de protection", suggère Stanislas Baba, conseiller pour la mer du président de la République.

Le Togo à l’instar des autres pays africains, poursuit-il "veut aujourd’hui sensibiliser les populations à l’idée que nous devons faire quelque chose pour éviter que nos mers soient souillées".

"Il nous faudra tout d’abord commencer à penser à la limitation des rejets industriels puisque la majorité des industries ont leurs rejets liés directement à la mer.  Prenons conscience que cela constitue un péril",

Le ministre de l’agriculture, Noël Koutera Bataka a relevé que "l’océan offre ses bienfaits à des secteurs économiques comme la pêche, l’énergie, le tourisme et les transports maritimes en particulier."

"Il en est aussi des bienfaits écologiques comme la régulation du climat, le piégeage du carbone, l’habitat ou la biodiversité", souligne M. Bataka.

Il faut rappeler que la  journée Africaine des mers et des océans célébrée ce jeudi à Lomé sous le thème "l’économie Bleue durable" a été une belle occasion de faire prendre conscience des opportunités à tirer de l’économie bleue tout en protégeant au mieux les zones côtières du danger.

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Palakiyem S.  

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