La part des produits agricoles transformée est très négligeable, voire nulle au niveau de certaines filières.

Si chez certains acteurs, le déficit de transformation est du à l’ignorance du manque à gagner, d’autres pensent plutôt que c’est une réalité objective.

Un manque à gagner pour les producteurs

Plusieurs acteurs togolais attribuent le déficit de la transformation des produits agricoles à l’ignorance du manque à gagner par les producteurs.

Pour ces derniers, la transformation des produits agricoles apporte une valeur ajoutée au produit et est soldée par une amélioration du revenu du producteur.

Frère François, président des transformateurs de café cacao au Togo illustre cette opinion en ces termes : «il y a un producteur qui a obtenu 54 plaquettes de chocolats d’une valeur de 1000 F cfa, l’unité à partir de 4 kg de cacao remis à Choco Togo (unité de transformation de cacao en chocolat).

Il réalise un bénéfice de 20.000 F cfa après soustraction de toutes les charges. Il pourra donc acheter le cacao de ses frères à 900 Fcfa au lieu de 750 F cfa le prix du kilo sur le marché et les deux parties seront gagnantes».

Pour le coton, il s’agit plutôt d’une réalité objective

Selon les acteurs de la filière coton, si le café cacao peut être transformé ici et se retrouver là dans un plat, ce n’est pas le cas au niveau du coton.

La question du passage d’une filière productrice au volet transformation est une préoccupation de tous, même pour les élus du peuple qui y sont revenus lors de la déclinaison de la part du budget à l’Etat.

Cependant, il faut voir de près la question de la sensibilité au niveau des textiles.

Selon Nana Nanfamé, directeur général de la NSCT, le premier obstacle de la transformation est le coût de la production liée à l’énergie car, explique-t-il «les calculs ont montré que pour le même tissu sorti d’usine en Chine et celui produit au Togo, le tissu togolais coûte 4 fois plus cher que le tissu chinois.

A l’énergie, s’ajoute le manque de promotion de la consommation des produits locaux comme second obstacle à l’éclosion des industries de textiles dans la zone UEMOA.

Le déficit de la transformation du coton au Togo n’est donc par un manque de volonté mais plutôt une réalité objective.

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