La nouvelle politique agricole du gouvernement sur les 10 prochaines années (2017-2026) s’appelle tout simplement programme national d’investissement agricole, de sécurité alimentaire et nutritionnelle (PNIASAN).

Ce nouveau programme est élaboré à la suite du programme national d’investissement agricole et de sécurité alimentaire exécuté durant la période de 2010 à 2015.

Si le PNIASAN a un budget estimatif de 750 milliards FCFA, le PNIASA s’évaluait à 600 milliards FCFA, ce qui dénote que l’ambition du gouvernement pour le secteur est encore plus grand sur les 10 ans à venir.

Et cette ambition, c’est que le Togo veut bâtir une agriculture moderne, durable et à haute valeur ajoutée au service de la sécurité alimentaire et nutritionnelle nationale et régionale, d’une économie forte, inclusive, compétitive et génératrice d’emplois décents et stables à l’horizon 2030 et de réduction de la pauvreté et vulnérabilité rurale.

Plus concrètement, d’ici 2025, le Togo envisage atteindre un taux de croissance du PIB agricole d’au moins 10%, améliorer la balance commerciale agricole de 25%, doubler le revenu des ménages agricoles, contribuer à la réduction de la malnutrition à travers la lutte contre l’insécurité alimentaire et de réduire de moitié le taux de pauvreté en milieu rural de 27%.

Un tableau vraiment très beau. Pour atteindre ces objectifs, quatre lignes de conduites sont élaborées appelées axes.

Amélioration de l’organisation de l’espace agricole et des chaines de valeurs agricoles

Ici, le gouvernement veut ancrer le développement des chaines de valeurs agricoles dans les zones à fort potentiel.

Les plans de développement des unités spatiales de développement agricoles (USDA) seront mis à jour suivi de la création des pôles agricoles, des zones d’aménagement agricole planifié (ZAAP) et corridors agricoles commerciaux.

Des mesures incitatives sont projetées en faveur des acteurs publics et privés pour la réussite des initiatives prévues.

Une formule sera trouvée au foncier. Le gouvernement promet que les femmes, jeunes et les populations vulnérables auront accès à des propriétés pour exprimer leurs divers potentiels.  

Amélioration de la productivité, de la production des filières agricoles et la valorisation des produits

A ce niveau, le gouvernement veut accroître durablement les rendements, diversifier la production vers les filières végétales (sylvicoles), animales, halieutiques et leur transformation et valorisation (mise sur le marché).

Il sera aussi question d’améliorer la disponibilité d’aliments dont la consommation contribuerait à faire évoluer le régime alimentaire des populations vulnérables.  

Pour y arriver, les acteurs des chaines de valeur, notamment les exploitations agricoles familiales, les entreprises agricoles et agro-alimentaires seront formés et auront la possibilité d’accéder aux services financiers, intrants et équipements agricoles de qualité, infrastructures de production agricole.

Améliorer la résilience, l’alimentation des populations rurales et l’inclusion genre

Le but ici est de renforcer la capacité des communautés rurales à anticiper, résister et à s’adapter aux chocs internes et exogènes et à améliorer leurs régimes alimentaires.

La gestion des crises alimentaires, la protection sociale en milieu rural, la disponibilité  et la consommation d’aliments à fort intérêt nutritionnel, la diversification de l’économie rurale pour la création d’autres opportunités génératrices de revenus et la productivité des femmes en améliorant leur accès aux ressources seront au cœur du dispositif.

Amélioration de la gouvernance du secteur

Le gouvernement veut enfin rendre l’environnement politique, économique et social du secteur agricole plus favorable à l’atteinte des objectifs fixés.

La qualité des interventions publiques sera améliorée par les mesures touchant le cadre politique, réglementaire et fiscal, financement agricole, le foncier rural, la qualité des dépenses publiques, le développement du capital humain adéquat pour le secteur, les revues conjointes périodiques pour la redevabilité mutuelle, la coordination du secteur agricole et sa contribution à la sécurité alimentaire et nutritionnelle.  

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