Togbé Tobli Sowonou, chef du village de Djogblakopé

Non seulement, le village dont il est le garant des us et coutumes n’a plus de terres cultivables, car occupées pour l’exploitation du phosphate, aucune infrastructure sérieuse n’est en place pour soulager les peines des villageois dans la satisfaction de leurs besoins sociaux.

Cours primaire du village

"L’exploitation du phosphate qui a débuté depuis Hahotoé et Akoumapé, n’a pas épargné Dzogblakopé en termes de dommages. Aujourd’hui, toute la jeunesse de la localité n’a plus aucun horizon. Parfois, nous nous posons la question, si la présence de cette ressource minière sur nos terres est un malheur ou un bonheur ?", confesse –t-il à agridigitale.

Lire aussi : Les paysans de Hahotoé n’ont plus de terres cultivables

Le chef Tobli va plus loin en affirmant que lui et ses administrés n’ont plus de terres cultivables et sont aujourd’hui à la merci de la nature.

"Après les premières occupations, la seule partie de terres qui nous restait au niveau de Zéglé apéyé vient d’être aussi occupée. Tout ce qu’on cultivait dans le temps (maïs, manioc, arachide, haricot), on ne le fait plus", témoigne –t-il avec beaucoup de tristesse.

De déception en déception

L’accès aux sites miniers a été très complexe. Les barricades policières dissuadent tout visiteur. Les tentatives d’échanges avec les responsables sur place ont été sans succès.

L'état de la route qui conduit à Dzogblakopé

Selon divers  témoignages, il y aurait eu un accord entre le gouvernement et les communautés, qu’en contrepartie d’occupation des terres, la société minière devrait recruter les bras valides pour l’entreprise ; construire  des écoles, hôpitaux, et même faciliter l'accès à l’électricité pour cette population.

"Pour avoir même un établissement à Zéglé Apéyéyé (site où la population a été relocalisée), il n’y a pas longtemps, il a fallu une marche des villageois qui a donné lieu à des incidents graves. En ce jour, pour qu’un membre de la localité se soigne, il faut parcourir 5km et se rendre à Djagblé avant de trouver satisfaction. Nous n’avons même pas un marché public.  Et pourtant, nous avons une richesse qui nourrit tout le pays",  déplore Apollinaire Gnrofou, président du Comité villageois de développement (C.V.D).

Mépris, traitement inhumain !

L’ampleur du drame a poussé selon les familles visitées, leurs enfants à quitter pour la ville (Lomé) à la recherche d’un mieux-être.

Ceux qui ont pris le courage de rester et qui sont exploités dans la société minière, sont mal traités et pour la plupart, payés à 21 mille F.cfa par trimestre.

"Pendant 06 ans, j’ai travaillé comme un occasionnel sans contrat dans la société et c’est le cas pour beaucoup de mes collègues. Je suis payé par trimestre à  21 mille F.cfa.  Nous n’avons aucune couverture santé et sociale. C’est vraiment une exploitation de l’homme par l’homme", témoigne un ancien agent occasionnel sous couvert de l’anonymat.

A bout de souffle, jeunes, adultes et vieillards, tous plongés dans un K.O. total, attendent du chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, une lueur qui redonnera espoir à cette communauté complètement démunie.  

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Palakiyêm S.

1 Contribution(s)

  1. nadim michel kalife say:

    pourquoi ne pas s'adresser au médiateur de la république qui saurait intervenir auprès du pouvoir??? Cette affaire est incroyable et révoltante

    29/07/2019 15:00:53

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