Démarré en février 2012, la formulation du projet s’inscrit dans la logique de la relance de la coopération entre le FIDA (Fonds International de Développement Agricole) et le gouvernement togolais.

L’objectif du projet est de contribuer à l’amélioration de la sécurité Alimentaire et des revenus des producteurs pour une meilleure valorisation des produits agricoles (maïs, riz et manioc) avec une augmentation du taux de production du maïs de 8% à 10% et celle du riz à 5%.

Goule KOLANI est Coordonnateur Opérationnel Délégué  du PADAT au Togo. Il est l’invité ce vendredi du journal Agridigitale.

Le FIDA accompagne le Togo dans la réalisation d’ambitieux projets liés à l’Agriculture. Quel bilan peut-on dresser de cette coopération exemplaire entre le Pays et l’institution

Le bilan qu’il faut tirer de cette coopération est positif d’autant plus que toutes les couches sociales ont bénéficié des appuis de l’institution.

En effet, l’un des principes de fonctionnement du FIDA se base sur l’approche faire-faire qui met en œuvre  un partenariat public-privé ce qui permet non seulement au secteur public mais également au secteur privé d’apporter leur touche à l’édification du développement de la nation.

Aussi l’une des cibles de l’institution ce sont les femmes et les jeunes qui constituent des couches vulnérables et qui impulse le développement dans le secteur agricole.

Quels sont les réalisations concrètes du PADAT et l’impact obtenu sur la vie des communautés bénéficiaires ?

Le FIDA a des procédures d’évaluation des effets et impacts des activités des projets  qu’il met en œuvre dans la vie des communautés. L’une des Procédures passe par les indicateurs SYGRI (Système de Gestion des Résultats et d’Impact).

De la mise en œuvre du PADAT sur les financements administrés par le FIDA, les résultats chiffrés d’impacts, d’effets et de résultats atteints sont énormes.

On peut retenir dans la composante d’appui à la  production et à la Productivité sont :62 ha  de bas-fonds rizicoles aménagés en conservation des eaux et des sols,10 producteurs formés à l’utilisation des motoculteurs, 50 bœufs et équipement de culture attelée distribués,78 producteurs formés à la culture attelée, 613 Champs Ecoles Agriculture-Gestion Intégrée de la fertilité des sols installés, 14 362 producteurs apprenants des Champs-Ecoles-Agriculture suivi après la formation, 1226 auxiliaires endogènes formés, 2912 Organisations Paysannes mutées en Coopératives selon l’acte OHADA,99 jeunes formés en Entrepreneuriat,12 forgerons formés et 24 jeunes artisans réparateurs formés.

En ce qui concerne la valorisation des Produits, 700 égreneuses de maïs sont distribués aux producteurs, 250 râpeuses-presses de manioc distribués, 150 vanneuses-batteuses de riz distribués, 100 décortiqueuses de riz distribuées, 1250 bâches agricoles distribuées,35 magasins de 250 Tonnes construits, 6 magasins de 150 Tonnes construits,48 magasins de 75 Tonnes construits,6 magasins de 30 Tonnes, 93 magasins de 10 Tonnes, 28 hangars de marchés construits, 35 abris d’équipement construits. Pour la Composante d’Adaptation de la production Agricole aux Changements climatiques, 6 ateliers de sensibilisation des décideurs politiques sur la compréhension des changements climatiques sont tenus, 9 stations météo équipées de matériel automatique, 300kits de micro irrigation distribués, 50 ha de parcs agroforestiers aménagés, 4300 balises implantées, 513 ha reboisés en forets étatiques, 202 Apiculteurs formés et équipés

De façon descriptive il est à relever des principaux points ci-après qui caractérisent les impacts et effets atteints du Projet sur divers plans :

La Sécurité alimentaire

La mise en œuvre du projet a contribué à l’augmentation de la quantité de riz et de maïs disponible au niveau des ménages et sur les marchés locaux.

Pour les 53 500 bénéficiaires de Quick Start (QS), la production totale de riz et maïs a connu une bonne progression : elle est estimée  à 704,56 kg/producteur en 2011 et à 1504,9 kg/producteur en 2016 pour le maïs et à 668kg/producteur en 2011 contre 1057,6kg/producteur en 2016 pour le riz pluvial.

Ces quantités satisfont les besoins des ménages et permettent de dégager un surplus de revenus pour l’achat d’autres aliments. Avec la construction des magasins, le PADAT a contribué à accroitre la capacité de stockage de plus de 15 000 T avec 2 effets importants  à savoir l’augmentation de revenus induits par le warrantage (résultats déjà constatés sur 4 magasins de 250 T) qui permettra aux ménages d’accéder à d’autres aliments (autres que riz et maïs) disponibles sur le marché et  la régularisation des stocks de céréales en participant à la sécurisation alimentaire globale (niveau supra-communal).

Les impacts recensés au niveau de ménages bénéficiaires de QS et de conseils techniques (enquête SYGRI finale, Direction des Statistiques, de l’Informatique et de la Documentation en janvier 2017) ont montré que la période de soudure a été réduite de 1 mois au minimum et dans certaines régions de 1,5 mois.

La fréquence et la qualité des aliments pour les enfants ont contribué à améliorer l’état nutritionnel des enfants avec la diminution de la malnutrition chronique globale de 37,9 % à 24,6 % de 2012 à 2016. Quant aux ménages touchés par la période de soudure, leur taux a diminué de 84% en 2012 à 62 % en 2016.

Les représentants des bénéficiaires qui ont participé aux ateliers régionaux des acteurs à Kara et à Notsè, ont fait état d’une nette amélioration de l’état de santé des enfants parmi les impacts majeurs du projet.

Productions agricoles et productivité

Les activités réalisées dans le cadre de l’opération Quick Start et appuis-conseils techniques, et  la gestion intégrée de la fertilité du sol, ont eu comme effets directs une augmentation du rendement moyen de 922 kg/ha à 1 276 kg/ha pour le maïs, de 1,5 T/ha à 1,7 T/ha pour le riz pluvial, et de 2 T/ha à 3 T/ha pour le riz de bas-fonds.

Comparer aux données nationales de la Direction des Statistiques de l’Informatique et de la Documentation, l’accroissement du rendement du maïs et du riz chez les bénéficiaires entre 2012 et 2016 est nettement supérieur à l’accroissement national (cumul des bénéficiaires et des non bénéficiaires).

L’accroissement de superficie emblavée par un bénéficiaire de QS a été en moyenne de 0,71 ha à 1,18 ha pour le maïs et de 0,25 à 0,36 ha pour le riz.

La production moyenne par exploitant est passée de 704 Kg en 2011 à 1 505 Kg en 2016 pour le maïs, soit un taux de 114% et de 668 Kg à 1 058 Kg, entre les mêmes périodes pour le riz, soit un taux de 58%.

Par ailleurs, la composante ADAPT a contribué significativement à l’amélioration de la productivité agricole à travers la diffusion des produits GIFERC.

Ces produits permettent un accroissement significatif des rendements et ont été rapidement diffusés en milieu paysan à partir des premiers sites d’expérimentation.

Culture attelée

L’effet de la culture attelée va en s’amplifiant en considérant la vitesse d’accroissement de superficie labourée qui est passée de 339 ha à 610 ha entre 2015 et 2016.

Cette activité a eu des impacts sur le rendement agricole et la production dans la mesure où les calendriers culturaux ont été mieux respectés, la qualité de préparation de sol est meilleure avec une augmentation de la fumure organique.

Revenus des ménages

A travers ses appuis, notamment les réalisations de la composante visant l’amélioration de la productivité et de la production des filières maïs et riz, le PADAT a facilité l’accès des ménages aux intrants et services de conseil, comme stratégie d’appui à l’amélioration et la diversification des revenus.

A l’achèvement, des résultats positifs ont été effectivement constatés dans le domaine de l’amélioration des revenus. Les ménages appuyés par le PADAT dans les deux filières riz et maïs ont vu leurs revenus augmenter de manière significative grâce à l’augmentation de la productivité (semences améliorées, engrais et pratiques agricoles améliorées), à l’extension des surfaces emblavées de 0,71 à 1,18 ha pour le maïs, et de 0,25 à 0,36 ha pour le riz, la diversification des revenus par l’appui à la mise en place d’AGR, comme sources de revenus supplémentaires et l’accroissement de la valeur ajoutée revenant aux groupes cibles suite à l’augmentation du prix d’achat au producteur (entre 15 et 20 FCFA par kilogramme) à partir des activités de stockage.

Les revenus annuels par ménage tirés des activités de production de maïs et riz sont estimés respectivement à 112 106 FCFA et 126 737 FCFA.

Pour les autres activités,  les revenus annuels générés par ménage sont en moyenne de  317000 FCFA pour l’apiculture, 793246 FCFA pour les forgerons ,182950 FCFA pour la transformation de manioc, 234750 FCFA pour la culture attelée  et  1 089000 FCFA pour le maraichage, pour une OP de 10 personnes. De plus, la réalisation du PADAT a permis d’assurer un transfert total de 299. 070.000 FCFA  dans le cadre de la réalisation des infrastructures de stockage et de garantir un salaire moyen de 30 000 FCFA pour les techniciens des équipements.

Adaptation de la Production agricole aux changements Climatiques

Les activités conduites dans le cadre de la composante ADAPT dans le domaine du maraichage sous goutte à goutte avec des produits biofertilisants, même s’il s’agissait d’actions pilotes menées à une échelle réduite, se sont traduites par une amélioration immédiate des revenus des bénéficiaires (accroissement des rendements et baisse du coût des intrants et de l’énergie) mais un bilan plus poussé devrait être réalisé pour tenir compte de l’amortissement des équipements.

L’apiculture offre également de très bonnes perspectives en termes d’amélioration des revenus ; les premières récoltes de miel ont été prévues pour 2017.

Des revenus additionnels ont également été distribués à travers les opérations de reboisement avec l’ODEF qui ont été réalisées soit en régie, par des travailleurs journaliers, soit selon la méthode taungya associant des agriculteurs pour l’entretien des parcelles qui, outre les récoltes qu’ils obtiennent avec les cultures associées aux jeunes plants d’arbres (pendant deux ou trois ans), reçoivent une prime annuelle conditionnée par les taux de survie des arbres sur la parcelle.

Actifs des ménages

Les appuis du projet qui ont permis de cibler les ménages vulnérables sont: l’opération QS maïs et riz, l’appui au maraîchage, les activités de soutien à la diversification des sources de revenus.

Ainsi, les différents mécanismes d’appui à l’amélioration de la productivité, à la diversification économique au sein des ménages, et dans certains cas à l’augmentation du prix au producteur (capacité de stocker suite à une augmentation des production au sein des ménages ), à la création d’emplois temporaires (lors de la construction des magasins) et permanents ( techniciens des équipements, les jeunes entrepreneurs, les artisans réparateurs et les forgerons) ont permis aux ménages de créer de la richesse et d’atteindre un certain niveau d’accumulation de biens domestiques.

La liste des biens domestiques mentionnés par les bénéficiaires porte notamment sur  l’amélioration de l’habitat (tôle et sols), la construction de nouveaux bâtiments, l’acquisition de meubles, l’achat de moto, l’achat d’animaux  et l’acquisition d’équipements pour la culture attelée.

Dans la suite de cet entretien à diffuser le vendredi prochain, on abordera les acquis du programme et l’impact réel sur la vie des bénéficiaires.

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