Il possède beaucoup de vertus thérapeutiques, nutritionnelles et cosmétiques. Les plants de moringa produisent des fruits douze (12) mois après leur mise en terre. Ils sont très exigeants en ce qui concerne leur entretien. 

Le mieux, ils sont entretenus, le plus ils sont rentables. Ils n’évoluent pas correctement au milieu des herbes. On peut y associer d'autres cultures à condition qu'elles soient moins hautes que les plants de moringa.

C'est pour cela, certains préfèrent y associer du soja, de l'arachide, du sésame, du bissap au détriment des cultures de manioc, de maïs, du sorgho.

C’est une plante qui est très résistante aux aléas climatiques. En période sèche, elle produit des fruits (les graines). A cette période, elle lui arrive également d’être attaquée par les chenilles ce qui a un impact négatif sur sa productivité.

De nos jours, on dénombre à plus de 300 le nombre de maux et de maladies que l’utilisation de moringa permet de soigner.

Pour cerner cette culture en plein essor, l’équipe du journal Agridigitale a mis le cap sur Notsè, 90km au nord de Lomé et a rencontré Koffi Sélom Dovi, président d’un groupement des cultivateurs de Moringa dans la région. Récit.

La situation actuelle

Le moringa est non seulement un remède naturel très efficace mais c’est également une culture très rentable. Des feuilles jusqu'aux racines, on peut en tirer des profits énormes et des produits variés.

Selon la saison, le kilo de graine de Moringa varie entre 2500 et 5000Fcfa.

Par exemple, à Notsè, le groupement produit du savon et du baume à partir des feuilles et racines. Le moringa sert également de tourteaux pour les animaux.

Quant à la demande en feuilles séchées et en graines, elle ne cesse de croître. Actuellement, le groupement cultive sur une superficie de quinze (15) hectares et compte une dizaine de cultivateurs.

Des débuts difficiles

Suite à une formation reçue en 2012 sur les bienfaits du Moringa, le groupement a décidé de se lancer dans cette culture. Tout a commencé en 2014 le temps de trouver les graines, semer et maîtriser le travail.

"Au départ, chacun en cultivait individuellement mais par la suite, convaincu des nombreux avantages financiers de cette culture, nous convoquâmes toujours en 2014 une réunion à laquelle participèrent 33 personnes venues d'au moins six villages dont Mangotigomé, Akpakpakpé, Notsè-Séva", témoigne Koffi Sélom Dovi.

Les premières années furent énormément difficiles. Il fallait arranger le terrain, faire la pépinière, entretenir le champ, transporter les plants, faire des brise-vents, être présent en permanence dans le champ pour éloigner les animaux comme les bœufs de la plantation.

Ensuite, la récolte a été bonne. Nous avions de beaux champs de moringa, des graines et des feuilles fraîches. Par manque de séchoir et de débouchés, beaucoup se sont découragés.

La demande était quasi inexistante et nous n’arrivions pas à sécher convenablement les feuilles. A défaut de recettes, les champs ne pouvaient plus être entretenus ce qui a entrainé le retrait de bon nombre de cultivateurs du groupement.

Un marché prometteur

Aujourd'hui, le moringa est tellement recherché (feuilles, graines, racines) en quantité importante. C’est la raison pour laquelle les producteurs sont invités à en cultiver quantitativement afin de répondre aux demandes sans cesse croissantes.

"Cette culture leur permettrait de subvenir convenablement à leur besoin car elle est très rentable, j’en suis persuadé", rassure Sélom.

Perspectives

D’ici 2020, le groupement de Dovi compte satisfaire aux demandes quelles qu’en soient la nature et la quantité.

Pour atteindre cet objectif, d’importants investissements seront faits sur le plan technique et financier tant sur le plan humain que matériel.

Le plan d’action du groupement se définit autour de quatre axes principaux à savoir, rencontrer, sensibiliser, former les producteurs de moringa et la communauté agricole sur les bienfaits et atouts de la culture de moringa ; les accompagner et les suivre ; rassembler tous les producteurs de moringa de Notsè à Mango au sein d’un groupement afin d’avoir un marché commun ; acheter des équipements comme des intrants biologiques (et non chimiques), les bottes, les gants et les machettes ; acquérir au moins un séchoir dont la capacité de production journalière serait supérieure ou égale à 500kg de feuilles séchées de moringa.

Ce dernier point selon lui, est le plus important car les recettes pouvant être générées par les feuilles séchées sont énormes.

"Disposer d’un séchoir sophistiqué s’avère capital pour relancer la filière moringa", indique -t-il.

Le groupement garde la certitude que beaucoup d’agriculteurs se remettront à cultiver le moringa puisque désormais il y a de plus en plus de débouchés non seulement sur le plan local mais également international.

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