Bernard Besançon, président du CAP-Togo

Bernard Besançon, président du Collectif d’Association Pour le TOGO (CAP TOGO) estime que la pratique de l’agriculture conventionnelle, chimique et autres détruisent les sols et au bout de quelques années d’utilisation de pesticides et d’engrais chimiques, des familles entières voient leurs sols se dégrader.

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"Après avoir une augmentation de la production pendant quelques années, cette production chute tout d’un seul coup et le sol devient désertique. C’est une catastrophe pour les petits paysans", note M. Besançon

Pour faire face à cette situation plus qu’inquiétante, le collectif depuis 2005 a fédéré une cinquantaine d’associations européennes et togolaises pour qu’elles travaillent en synergie afin de booster le développement du Togo.

Parmi les initiatives, la sensibilisation sur l’agriculture biologique lancée lors d’un forum à Mango (nord-Togo).

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"L’expérience nous montre qu’à travers les centres agro écologiques qui se multiplient dans le pays, ceux qui développent ces pratiques arrivent à soulager le petit peuple paysan dans les campagnes à lui permettre de vivre correctement de leur travail sur les champs", souligne –t-il.

Pour lui, le développement de l’agriculture biologique permet au petit paysan de vivre de sa terre et sur sa terre.

"Nous avions en ce moment, pris la décision que CAP TOGO construirait le Centre Agro écologique de Formation en Agriculture Biologique (CAFAB) à Sokodé. Aujourd’hui, il est réalisé à 80% et nous espérons terminer la construction des infrastructures d’ici la fin de l’année 2019 pour que les formations puissent commencer vers fin 2020", confie-t-il à agridigitale.

"C’est un centre qui se veut exemplaire dans plusieurs domaines notamment sur le plan écologique, de l’hygiène, de la santé, de l’utilisation de l’eau, gestion de déchets humain", ajoute M. Besançon.

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Le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), a récemment noté que si l’agriculture biologique soulève des controverses dans les pays industrialisés, elle pourrait s’avérer particulièrement adaptée à la production agricole africaine.

"En Afrique, l’agriculture biologique bien qu’encore marginale est de plus en plus présente sur les marchés locaux et d’exportation. Cette tendance offre la promesse d’un débouché économique dynamique. Mais historiquement, les gouvernements africains s’y sont peu intéressés, de même que la plupart des programmes de développement. Aussi, le potentiel de l’agriculture biologique pour le développement agricole et pour l’alimentation des populations locales est peu reconnu", écrit l’organisme français de recherche agronomique et de coopération internationale pour le développement durable des régions tropicales et méditerranéennes sur son site.

Le débat est loin de clore mais il reviendra à chaque petit producteur de faire le meilleur choix.  

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