Komi Mawuko Tounouvi, expert en entrepreneuriat ProCiv

L’objectif, c'est d'amener le petit exploitant à prendre conscience que son exploitation est une entreprise à bien gérer et à faire des revenus.

"C’est une approche qui vise à améliorer les conditions de vie des petits producteurs agricoles par l'accroissement des revenus à travers les services d'appui à la production, à la commercialisation et la gestion économique de l'exploitation", a confié Komi Mawuko Tounouvi, expert en entrepreneuriat pour le programme centre d’innovations vertes pour le secteur agroalimentaire (ProCiv) de la GIZ au Togo.

"Entre 2013 et 2017, le Farmer Business School a touché un peu plus de 20.000 bénéficiaires dont 25 % des femmes dans les filières café, cacao, anacarde, ananas et légèrement le coton. Le certificat de FBS sert de garantie auprès des financiers", témoigne-t-il.

Destiné aux petits producteurs qui n'ont pas forcément étudié ou qui ont un minimum de connaissances scolaires, le FBS vise à amener les producteurs à cerner l'ensemble de leur exploitation comme une entreprise et à prendre des décisions pour l'amélioration de leur productivité et de leur revenu.

Un certificat qui fait foi

Les différentes thématiques dispensées aux petits producteurs qui se regroupent entre 25 à 30 par classe tournent autour de ces différents modules.

Il s’agit notamment de : comment se faire de l'argent avec l'agriculture, comment obtenir de bons services financiers ; comment s’occuper de la gestion de  l’argent tout au long de l'année ; comment livrer des produits de très bonne qualité pour gagner beaucoup plus d'argent, comment saisir les opportunités pour diversifier les revenus ; comment encourager la vie coopérative.

L’expert en entrepreneuriat du Prociv souligne que lors des formations, ils font appel aux institutions de microfinances afin qu’elles accompagnent aussitôt après les bénéficiaires.

"Certaines institutions viennent directement nous voir lorsque des producteurs viennent solliciter du crédit. L’attestation de participation au Farmer Business School est une garantie au niveau de beaucoup d’institutions de microfinance qui sont rassurées que cette personne a suivi une formation qui lui permet de pouvoir gérer son entreprise. « Dans beaucoup de cas, ça a facilité les relations avec les institutions de microfinances", se félicite  M. Tounouvi.

GIZ : formateur des formateurs

La GIZ aide les producteurs individuellement et dans les coopératives. Elle apporte le matériel didactique pour former les formateurs qui viennent soit de l'institution publique qui est l'ICAT ou bien des structures privées d'accompagnement qui sont les ONG et les associations.

Ce sont ces formateurs qui vont maintenant former les producteurs. Au niveau de l'ICAT par exemple, les conseiller agricole sensibilise et rassemble les producteurs qui sont intéressés et le formateur qui est un technicien spécialisé vient assurer la formation.

Rendre l’outil plus institutionnel

C’est le défi que comptent relever la GIZ et le ministère togolais de l'agriculture de l'élevage et de la pêche à travers l'ICAT (Institut de conseil d’appui technique).

L’expert explique que le challenge est de faire en sorte que la GIZ  ne soit plus l’unique porteur de l'outil mais que ce soit les institutions et les entreprises qui sollicitent ces formations en faveur des producteurs.

L’impact attendu est d’améliorer la qualité et la quantité des produits agricoles au Togo.

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