Théophile Agbolan, gardien d’une ferme agropastorale à Kpessi.

Selon le département d’histoire de l’Université de Lomé, ces premiers fortunés qui faisaient partie des "gens évolués" à l’époque ont beaucoup apporté financièrement dans le combat des indigènes pour l’indépendance du Togo.

Aujourd’hui, cet héritage colonial garde tout son pesant d’or. Les familles côtières ont perpétué cette richesse. Pour percer le secret autour de ce trésor, cap ce vendredi dans la préfecture des lacs au Togo,  grande zone de production entre 1940 et 1990.

Nous avions parcouru à moto plusieurs villages: Kpessi, Dévikinmé, Dagué, Agbodrafo, Goumou kopé, Abatekopé… et voici donc le récit!

Caisse d’épargne à vie

De par sa forte production qui a lieu pratiquement tous les deux ou trois mois et de façon continue, d’aucuns vont jusqu’à comparer le cocotier à une caisse d’épargne à vie.

"Jusqu’en 2005 où je gérais la cocoteraie de 3ha appartenant à mon frère, à chaque cueillette (par trimestre), au-delà des charges, nous arrivions à faire une économie de 300.000 Franc CFA", témoigne Djikounou Komlan Sokpoa, notable du chef du village de Kpessi.

"J’ai un champ de trois hectares que mon père a hérité de mon grand-père. J’ignore exactement le nombre de pieds qui s'y trouvent, mais à chaque deux mois et demi, nous cueillons le frais que nous revendons aux bonnes dames dont on fait la quarantaine entre 1000fr et 1300fr. Là, je viens de cueillir un peu plus de 240 unités sur 8 plantes. La cueillette des noix séchées a lieu entre cinq et six mois", raconte Ayawavi rencontrée à ABATEKOPE.

Koétévi Koko (née en 1962) héritière de quelques pieds de cocotiers appartenant à sa grand-mère maternelle à Agbodrafo Djossi atteste.

"Quand j’étais petite, ma grande mère avait beaucoup de cocotiers près de la plage dont elle transformait les noix séchées pour faire de l’huile de coco. Et c’est avec ça qu’elle avait fait sa fortune. Mais, la mer a emporté la plupart. Il ne reste que quelques pieds que j’ai à mon tour hérité de ma mère et que j’exploite actuellement", renseigne-t-elle.

Une plante aux potentialités énormes

Djikounou Komlan Sokpoa

D’après Dr Kossi KPEMOUA de l’Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA), le cocotier est une plante qui aime les endroits humides et sablonneux dont les variétés (nain jaune de Malaisie, le grand ouest africain et les hybrides) entrent en reproduction 5 ans après et c’est parti pour plusieurs générations.

À l’état frais, avant que la noix n’atteigne la maturité totale, on utilise le jus comme une boisson rafraichissante, et à cette étape, l’amande, plus ou moins molle est directement consommable.

Lorsque la noix atteint sa maturité totale, on parle de noix séchée. À cette étape, on peut également consommer la noix directement mais, généralement, on l’utilise pour fabriquer de l’huile communément appelée huile de coco toujours pour la consommation.

D’autres, l’utilisent pour faire des amuses gueule. Le sous-produit issu de cette transformation rentre dans l’alimentation des animaux parce que contenant un taux de lipide un peu élevé et c’est énergétique.

"C’est pourquoi, la quarantaine des noix séchées coûtent plus cher. On le fait à 2000fr ou 2200fr et à chaque cueillette, on peut obtenir jusqu’à trois quarantaine par pied", détaille Théophile Agbolan, gardien d’une ferme agropastorale à Kpessi.

La coque et le corps de la coque sont utilisés comme bois de chauffe. Les nervures pour faire le balaie, la clôture ou des toits. Le tronc, très résistante par rapport aux dégâts des termites ou des rongeurs, est utilisé comme chevrons pour faire les toits.

Il est également utilisé comme bois de chauffe. On reconnait à la racine, quelques qualités thérapeutiques.

À cause de l’urbanisation, entre Lomé et la ville d’Aného, la grande zone de production se situe actuellement entre la partie Est de la préfecture des lacs et une partie de la préfecture du Bas-Mono (Séko, Agbanakin, Aklakou).

Pour ceux qui souhaiteraient s’y lancer, les jeunes plants sont vendus à 1000fr l’unité. C’est le moment de prendre une décision.  

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Envoyé spécial dans la préfecture des Lacs, ANANI Etsri.  

2 Contribution(s)

  1. PAD say:

    C'est très instructif. j'ai néanmoins deux questions. L'écartement entre deux plants de cocotier, c'est nécessaire que le cocoraie se trouve à proximité de la plage !? merci

    03/02/2019 23:11:25
  2. Marius BAGNY say:

    Toujours un plaisir d'en apprendre plus avec le journal au top de l'agriculture.

    02/02/2019 20:09:22

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