Jules jongle entre le dessin et la pêche

En milieu rural, des paysans s’adonnent à d’autres activités pour combler le vide créé par les temps morts des campagnes agricoles.

En milieu urbain, le domaine agricole a souvent servi de source de revenus secondaire à plusieurs personnes occupées par d’autres activités, soit pour assurer l’alimentation ou pour subvenir à d’autres besoins.

Jules Adouvi, un jeune dessinateur ajoute la pêche à son activité principale pour joindre les deux bouts. Nous l’avons rencontré dans la lagune de Bè (Lomé), non loin du centre communautaire en train de pêcher.

Il explique comment il mène sa vie : "Je suis dessinateur de formation ; comme cette activité ne marche pas, je viens pêcher de temps en temps pour gérer mes besoins".

"Depuis tout jeune, je suivais nos grands frères qui nous ont appris à nager et ensuite à pêcher. On ne peut pas se lever d’un jour à l’autre pour le faire. Il faut se faire former ; sans quoi, on ne s’en sort pas indemne",  a-t-il ajouté.

Jules a fini sa formation de dessinateur en 2002. Depuis toujours, les activités ne marchent pas. Il passe du temps à dessiner et les clients ne sont pas venus acheter ses produits.

Il est donc retourné dans la pêche pour garder le cap. "A chaque fois que je viens à la pêche, je trouve au moins 2 000 F cfa", témoigne Jules.

Jules vit des produits de pêche

Jules ne se plaît pas dans la pêche. Cependant, il est content que cette activité puisse l’aider à survivre.

"Le fait de me retrouver dans cette eau sale ne me réjouit pas. Si le dessin marchait, je ne me serai pas retrouvé ici. Mais je remercie Dieu parce que grâce à la pêche, je ne suis pas à la merci de quelqu’un", a-t-il continué.   

Jules ignore qu’une meilleure organisation de cette activité secondaire pouvait lui être plus rentable et qu’il pouvait complètement laisser le dessin pour se concentrer sur la pêche.

De nouveaux centres de formations continuent d’être créés et le secteur de la pêche ne cesse de se développer. Avec son expérience, il n’aura plus assez de chemins à faire avant de s’imposer dans le domaine.

Il pouvait aussi demander un financement pour un projet que des structures pourraient l’aider à monter.

Ils sont nombreux à être dans le même cas que jules Adouvi. Ils ne savent comment faire, où se renseigner et comment procéder.

Il est du devoir des décideurs d’apporter des informations à ces victimes à travers des canaux appropriés et de les soutenir pour une amélioration des conditions de vie au pays et une confirmation de la raison d’être de ces structures indexées.

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Maliki Natchaba, Consultant en développement rural

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1 Contribution(s)

  1. Dod say:

    Je comprend pas pourquoi vous les appelez des"victimes "?

    29/10/2018 19:16:41

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