Sur ce point, ni le gouvernement, ni les partenaires au développement ne se sont trompés en allouant d’importants investissements en faveur du secteur agricole. Les Etats sont même conviés à allouer 10% de leur budget national à la cause agricole.  

Selon divers spécialistes, l’un des moyens pour réussir l’agriculture au Togo et en Afrique, c’est la mécanisation, un concept, à ce jour, très mal compris.

Pour mieux cerner la mécanisation agricole, Mouzou Toyi, Maitre-Assistant, Enseignant Chercheur à Ecole Supérieure d’Agronomie (ESA) de l’Université de Lomé, Chef de Département Génie Rural et Mécanisation Agricole est l’invité de ce samedi du journal Agridigitale.

Manière erronée de considérer la mécanisation

Pour lui, parler avant tout de la mécanisation de l’agriculture renvoi a deux types de compétences que le pays doit impérativement disposer.

Il s’agit  des mécaniciens et des machinistes. Il explique que quand on parle de mécanisation de l’agriculture, en réalité, on fait allusion à la fabrication des machines et outils pour l’agriculture.

"C’est ce que devrait comprendre le paysan dans sa ferme. Malheureusement, l’immense majorité des gens considère la mécanisation comme l’utilisation des tracteurs en agriculture", recadre l’enseignant-chercheur des universités.  

M. Mouzou estime que cette façon de considérer la mécanisation de l’agriculture est erronée et c’est ce qui justifie selon lui, le fait que par le passé, les gouvernants et les partenaires achetaient des tracteurs au profit des paysans.

"Mais on s’étonnait toujours des rendements loin des attentes. Cela signifie qu’il ne suffit pas de posséder des tracteurs. Ceux qui fabriquent ses machines et outils sont appelés des mécaniciens agricoles ; l’équivalent des forgerons et ceux qui exploitent ces machines sont les machinistes agricoles équivalent des paysans", a-t-il souligné.

Il apparait donc clair que quand on parle de la mécanisation agricole, on fait allusion à des mécaniciens (fabricateurs) et aux machinistes.

L’importance même de la mécanisation 

Les intérêts de la mécanisation de l’agriculture sont d’ordres multiples. Le Maitre-assistant cite en exemple l’allègement de la pénibilité du travail aux producteurs, la rapidité dans l’exécution des travaux, la possibilité d’augmenter les superficies exploitables, l’augmentation du rendement par la possibilité de faire les travaux à temps, l’augmentation de la production par le fait qu’à rendement égal, si on exploite plus de superficies, on aura plus de récoltes

A qui la faute ?

Quand le pays n’est pas encore émergeant, la responsabilité de tous les secteurs de son développement (défense, agriculture, industrie, santé éducation, loisirs…) incombe au gouvernement.

C’est à lui de montrer le bien fondé et l’intérêt de ces secteurs à leurs populations pour que petit à petit, les populations prennent la relève.

Ce n’est qu’à partir du moment où le pays devient émergeant que le privé dominera dans tous les secteurs de développement à l’exception de la défense.

Dans le cas d’espèce du développement de notre pays, la responsabilité de mécanisation de l’agriculture incombe au gouvernement. 

 De la nécessité de former des machinistes

L’universitaire déplore le manque de machinistes agricoles au profit des mécaniciens agricoles.

Il pense que quel que soit le responsable (gouvernement ou producteurs) il faut qu’il y ait suffisamment de machinistes agricoles sinon tous les projets de mécanisation de l’agriculture ne seront qu’éphémères comme on le constate actuellement presque partout en Afrique subsaharienne.

Le problème est sérieux et préoccupant d’autant plus que dans cette sous-région la plupart des pays n’ont pas du tout de machinistes agricoles ; ils n’ont que les mécaniciens agricoles.

Au Togo par exemple sur la dizaine de cadres formés en mécanisation de l’agriculture seulement deux sont des machinistes agricoles et les huit autres sont des mécaniciens agricoles.

Les mécaniciens agricoles étant plus nombreux dans tous les pays de la sous-région, ce sont eux qui sont responsables de la mécanisation de l’Agriculture dans leurs pays.

Or, dans leur programme de formation, les notions de machinisme agricole qui englobe l’étude, l’utilisation la gestion et la maintenance du matériel agricole n’interviennent pas.

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