Débutée le 04 juillet, cette messe agricole  a permis à tous les acteurs de la chaîne de valeurs de faire l’état des lieux de l’agriculture, l’élevage et  de la pêche au Togo. 

Le ministre de l’agriculture, Ouro-Koura AGADAZI en clôturant les travaux du forum a rassuré les agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, fabricants d'intrants, distributeurs, commerçants et les institutions financières sur la détermination du gouvernement à faire du secteur agricole un levier de développement du pays.

Bien que les résultats soient encourageants, d’autant plus que l’agriculture à elle seule a contribué à 40% au PIB nationale courant 2017, favorisant ainsi la réduction de la pauvreté dans le pays, des recommandations ont été faites à l’endroit de l’Etat pour améliorer d’une part, les rendements dans les années à venir et les conditions de vie et de travail des producteurs d’autre part.

Entre autres recommandations: la nécessité de formation à l’endroit des agriculteurs, l’intensification sur le processus de structuration et immatriculation de société coopérative, soutenir la formation des techniciens et cadres supérieurs en gestion des entreprises coopératives agricoles, renforcer l’Institut de Conseils et d’Appui Technique (ICAT) au développement coopératif, institutionnaliser dans les procédures de passation de marchés un mécanisme facilitant l’accès des artisans locaux aux marchés d’acquisition des équipements (prévoir un quota), renforcer la visibilité des produits locaux à travers la sensibilisation des consommateurs, la publicité et la multiplication des vitrines des produits locaux, accorder des facilités pour encourager la certification et la présentation (emballage, étiquetage) des produits locaux, encourager la vente au kilogramme des produits agricoles sur les marchés locaux.

En vue de promouvoir la commercialisation et la consommation des produits agricoles animaux et halieutiques togolais, le forum suggère de doter les pisciculteurs d’un laboratoire d’analyse de la qualité des produits halieutiques, subventionner l’acquisition des intrants dans la production animale et halieutique, instaurer des mesures tarifaires pour décourager les importations des produits et protéger le marché national et renforcer le cadre réglementaire pour la promotion des produits locaux.

Le forum préconise également d’intensifier la promotion et le développement des cultures de rentes (café-cacao coton, anacarde, soja, noix de karité, etc.), accélérer l’adoption de la loi sur l’interprofession et l’autorité de régulation (café et cacao et autres filières), renforcer l’effectif du personnel d’appui conseil et de recherche, promouvoir la transformation et la consommation locale de café, de cacao et de soja, mettre en application le code foncier dans un bref délai, protéger les plantations d’anacarde contre le phénomène de la transhumance.

De leur côté, les producteurs togolais se sont engagés à œuvrer pour la mise en place effective des interprofessions, afin de permettre aux différentes filières de s’autofinancer par les contributions des acteurs.

Il s'agit pour eux, d’accompagner le gouvernement dans ses efforts de développement du secteur, mettre en œuvre des mécanismes de mobilisation des ressources par captage sur les filières et saisir l’opportunité du MIFA pour lever des crédits nécessaires au développement de ces filières auprès des banques. 

Egalement, il s'agit de copter les techniciens pour les appuis à part ceux des structures d’appui de l’Etat, commencer les sensibilisations dans les focus groupes, bien gérer les intrants mis à leur disposition, rester fidèles à la culture du coton, produire du beurre de karité biologique et de qualité afin de permettre au Togo de se positionner sur le marché international comme un fournisseur potentiel de beurre pouvant être utilisé comme un substitut au beurre de cacao dans la fabrication du chocolat.

Pour une meilleure valorisation des produits agricoles togolais, les producteurs s’engagent à livrer les produits de qualité et à respecter les contrats, les transformateurs s’engagent à s'adresser aux structures de contrôle pour la certification de leurs produits, formaliser leurs unités et à en faire de véritables entreprises et mieux se structurer et à se partager les informations.

Sur le volet commercialisation, les vitrines s’engagent à exiger des exposants la détention d’un certificat de salubrité avant acceptation de tout produit dans leurs rayons.

Au sujet de la commercialisation et promotion de la consommation des produits agricoles animaux et halieutiques togolais, le forum recommande de créer une fédération en vue d’œuvrer aux cotés de l’Etat pour un meilleur appui et accompagnement dans leurs activités, produire en quantité et en qualité suffisante pour nourrir la population togolaise et exporter si possible.

Concernant la promotion des femmes et des jeunes dans le secteur agricole, le monde agricole propose de mieux s’organiser pour saisir l’opportunité offerte par le Chef de l’Etat de réserver 20% des marchés publics aux jeunes et aux femmes.

Rendez-vous est pris pour la 11éme édition en 2019 pour évaluer la mise en œuvre de toutes ces recommandations.

De notre envoyé spécial à Kara, Etsri Anani

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