Des smartphones seront remis aux agents de l'ICAT

L'application mobile pour la surveillance et l'alerte précoce de la chenille légionnaire d'automne (FAMEWS) mise au point par la FAO depuis deux ans, permet à tout agriculteur qui peut lire de pouvoir signaler la présence de la chenille dans son champ.

"Cela permet de prendre rapidement des décisions. Lorsque par exemple le taux d’infestation dépasse 50%, ça veut dire qu’il faut prendre rapidement des mesures", informe Dr. Oyetounde Djiwa, chargé de programme FAO au Togo à agridigitale.

Les acteurs formés à l’utilisation de l’appli

Pour faciliter l’usage de FAMEWS, la représentation de la FAO a récemment organisé une formation à l’endroit de 40 vulgarisateurs et chercheurs. En août prochain, une autre formation à grande échelle va impliquer toutes les préfectures aussi bien les agriculteurs que les vulgarisateurs pour une maitriser générale de cette application.

Dr. Oyetounde Djiwa, chargé de programme FAO au Togo

"Nous allons prendre dans chaque préfecture, des agriculteurs et des vulgarisateurs et on va les former sur la reconnaissance de la chenille et l’utilisation de l’application. Il suffit d’avoir un téléphone androïde de version 6 et télécharger l’application via un lien qu’on partagera aux participants après la formation", indique-t-il.

Sur le terrain, 100 smartphones seront mis à la disposition des agents de l’Institut de conseil et d'appui technique (ICAT) qui vont renseigner une base de données.

"En donnant les smartphones aux agents de l’ICAT, on leur impose un certain nombre d’obligation de résultats", justifie Dr. Djiwa.

Il signale qu'au niveau du Togo, des réflexions sont en cours pour une application propre au pays afin que les informations qui vont être collectées à partir des androïdes soient transmises à la direction des statistiques agricoles, de l’informatique et de la documentation (DSID).

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"Ça permettra à la DSID à tout moment d'avoir des statistiques sur la chenille au Togo et de pouvoir alerter lorsque dans une région, on constate qu’il y a beaucoup de chenilles signalées à partir de l’application", souligne Oyetounde.

Originaire d’Amérique latine où elle sévissait, la chenille légionnaire d’automne a été découverte en Afrique en 2016 où elle a commencé par envahir les pays au sud du Sahara avant d’apparaitre en 2018 en Inde.

Apparue au Togo en 2016, l’agence onusienne pour l’alimentation  et l'agriculture (FAO) a aussitôt réagi en apportant son assistance aux victimes.

Selon les chercheurs, la chenille  légionnaire est là pour durer longtemps. Et si on ne prend pas très rapidement les précautions nécessaires c’est la sécurité alimentaire qui va être mise à mal.

"On sait aujourd’hui qu’il y a plus de 80 autres cultures mais la chenille préfère le maïs à son stade jeune. Lorsqu’elle rentre dans un champ, elle envahit presque tout le champ, elle se loge dans la plante qu’elle bouffe. Ce qui fait que vous retrouvez des plants totalement détruits", déplore le chargé de programme FAO Togo.

"C’est en cela que c’est préoccupant et c’est pourquoi la FAO, au niveau Africain s’est mise au-devant de la scène pour aider les pays africains et surtout les petits producteurs à prendre les taureaux par les cornes", justifie Dr. Djiwa.

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Pour accentuer la lutte et éviter aux paysans Togolais de commettre l’erreur en utilisant abusivement les produits chimiques qui vont causer d’autres problèmes sur la santé des hommes et sur l’environnement en général, le gouvernement et la FAO ont obtenu auprès de la Banque Africaine de Développement (BAD) en 2017, un financement d’un million de dollar.

Ces fonds serviront à renforcer les capacités de la direction de la protection des végétaux en matériels roulants ; acquérir des pièges à phéromone que les chercheurs auront à installer dans les champs pour attirer les papillon ; acheter des équipements tels que les pulvérisateurs ; les combinaisons pour les paysans, encourager sur le territoire national la fabrication des produits à base de plante pour lutter contre la chenille et les smartphones qui serviront à faire usage de l’application mise au point par la FAO au niveau mondial il y a de cela deux ans.

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ANANI E.

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