Une solution alternative au problème de la mécanisation

La modernisation de l’agriculture ne peut être effective sans la mécanisation. Cependant, l’introduction des engins dans l’agriculture a été certes effective mais l’impact de cette mécanisation et les résultats de cette action ne promettent pas l’essor de l’agriculture via l’empreinte de l’énergie mécanique.

Les gouvernements ont échoué à plusieurs reprises, la mécanisation du secteur agricole dans leurs pays ; soit ce sont des engins de mauvaises qualités qui sont commandés, soit c’est la gestion du matériel agricole qui fait défaut. Parlant de la gestion, les engins confiés aux structures déconcentrés de l’Etat n’ont fini qu’à genoux sans aucun compte.

Un essai avec des comités pour une gestion participative n’a pas aussi fourni un résultat positif ; les membres des comités ont  rejeté le tort sur leurs prochains, créant une véritable confusion.

L’expérience en cours dans plusieurs pays est le système d’octroi de crédits à des organisations paysannes pour l’acquisition des engins. A ce niveau, les problèmes se signalent déjà dans les pays où le projet est avancé, avec les difficultés de remboursement du crédit.

L’expérience des CUMA au bénin

Après plusieurs échecs dans le processus de mécanisation de l’agriculture, une expérience réussie au Bénin rompt le mythe autour de l’existant.

Les coopératives d’utilisateurs de matériels agricoles (CUMA) sont des initiatives de petits groupes solidaires d’agriculteurs qui investissent en commun dans les équipements et s’organisent collectivement pour les utiliser sur leurs exploitations.

L’objectif principal de cette initiative est de motoriser le labour et faciliter le transport des produits agricoles après les récoltes ; ce qui justifie leur kit de matériels agricoles constitué généralement d’un tracteur, d’une charrue à disques et une remorque de 3 tonnes. La superficie moyenne labourée par une CUMA est d’environ 100 hectares.

L’acquisition de ces équipements se fait par fonds propres de la coopérative. La contribution aux charges d’exploitation du matériel de chaque membre est proportionnelle à son utilisation et il en est de même pour l’apport au capital.

A travers les CUMA, les membres bénéficient d’une réduction du prix des labours, allant même à moins de 50% du prix facturé dans la région. Les CUMA bénéficient aussi de la représentation, de la formation et du partage d’expériences à travers les réseaux constitués.

Les CUMA rendent effective la mécanisation au Bénin

Les CUMA ont défié le mythe qui tourne autour de la mécanisation de l’agriculture en Afrique et dans les pays en développement.

En 2014, 850 producteurs étaient déjà regroupés au sein de 102 CUMA. 57 de ces CUMA disposant déjà de matériels agricoles labourent près de 4 000 hectares chaque année.

L’expérience originale des CUMA mérite d’être encouragée et partagée pour une réussite de la mécanisation en Afrique. Seulement 2% de la population mondiale agricole dispose d’un tracteur et des actions doivent être renforcées pour l’essor de la mécanisation surtout en Afrique.

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