Augustin ALADJI-WEKA

Pour ce gestionnaire comptable de formation, il est tout à fait incompréhensible que les paysans s’appauvrissent en nourrissant les autres.

"Quand je vois toutes les ressources mobilisées par les agriculteurs et les éleveurs pour faire leur production et qu’à la fin c’est d’autres personnes qui viennent profiter alors que les paysans eux-mêmes s’appauvrissent, j’ai mal. Et je me dis qu’il faut tout faire pour du moins sécuriser les prix et garantir le marché", explique-t-il très indigné.

Depuis deux ans, Augustin fait la culture des céréales et l’élevage des poules, des porcs et des lapins.

Augustin teste toute la stratégie à mettre en place en faveur du monde paysan

"L’idée, c’était pour comprendre ce que les gens endurent comme difficultés pour en tirer des conclusions et proposer des solutions", indique-t-il.

Cette expérimentation lui a permis de se rendre compte que la rentabilité est assurée mais qu’il faut s’organiser pour bien réussir.

"C'est justement pour ça que je veux mettre en place cette chaîne de valeur où l'on peut tout contrôler parce qu’aujourd'hui, il faut faire une agriculture qui fonctionne sur la base de contrat. Quand vous avez une production que vous ne pouvez pas vendre ça ne vous arrange pas", précise Augustin.

Comment envisagez-vous votre chaîne de valeur ?

Notre chaîne de valeur sera constituée de producteurs, d’éleveurs, de provenderie, d’abattoirs-charcuterie, et des distributeurs. Avec une chaîne de valeur, on est sûr de ce que l'on fait.

La production ne restera pas à un endroit mais elle changera de position. Même quand on n’a pas l'argent en même temps, on sait qu'au bout de la chaîne ça viendra. Et donc, on gagne plus en faisant des chaînes de valeur.

Le processus est très simple. L’éleveur sait approximativement quelle quantité de céréales il a besoin pour constituer son alimentation. Il va signer un contrat avec un céréalier avec des quantités et des prix prédéfinis. Il en sera de même pour les distributeurs.

Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Déjà, nous avons des personnes disposées à nous accompagner dans l’installation de l’abattoir-charcuterie et pour la transformation. 

Nous avons fait des études qui nous ont permis de savoir que le marché est garanti aussi bien au Togo qu’au Ghana où la demande est très forte.  

Actuellement, nous sommes en train d’enregistrer les producteurs et les éleveurs de volailles, de porcs, de lapins, de poissons et de petits ruminants.

"Par exemple, une dame qui vend du koliko, du kom, du foufou ou du riz au bord de la route peut signer un contrat avec nous pour avoir les ignames, les plantains, la viande, des poissons ou encore des saucisses... Il suffit qu’elle soit bien organisée et disposée à se faire former pour pourvoir respecter les délais et les fiches techniques", détaille Augustin qui ambitionne professionnaliser le métier du paysan.

ETSRI Anani de retour de Ezimé pour Agridigitale

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