Echange de paraphes entre Martin Lisandro(G) et Sani Yayi, ministre de l'économie et des finances

D’emblée, ce qu’il faut préciser sur ce premier financement sur les 20 milliards F.cfa attendus, 2,16 milliards de francs CFA sont sous forme de prêt et le reste sous forme de don.

"50% sous forme de don et 50% de prêt hautement concessionnel", avait précisé Martin Lisandro, Directeur Régional de la division Afrique de l’Ouest et du Centre du FIDA.

"Prêt hautement concessionnel" veut simplement dire que le taux d’intérêt est trop faible, très bonifiant contrairement aux taux pratiqués sur le marché, par les banques classiques par exemple.

Sur la période du projet d’Appui au Mécanisme incitatif de financement agricole fondé sur le partage de risques (ProMifa 2019-2024), le FIDA participera au financement pour environ 20 milliards de francs CFA.

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L’Etat Togolais y contribuera avec 2,2 milliards F.CFA ; les bénéficiaires à  hauteur de 1 milliard de francs CFA ; et le secteur privé s’engagera avec une contribution estimée à 3,6 milliards de francs CFA.

En 36 ans, le FIDA a participé au financement de huit programmes et projets de développement rural au Togo pour un montant évalué à 100 millions de dollars avec à la clé, 320 mille ménages ruraux bénéficiaires.

Quatre filières concernées par le ProMIFA

Le ProMifa développera en premier lieu la production et la commercialisation du riz, des produits maraîchères, du maïs et des volailles afin d’améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des communautés rurales.

Grâce à cette approche axée sur les filières agricoles, plus 50 mille ruraux vulnérables seront touchés à l’échelle nationale.

Il contribuera à la création d’emploi pour les femmes (30%) et les jeunes (40%), augmenter leurs revenus, améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle et contribuer à l’adaptation au changement climatique.

ProMIFA facilitera l'accès des communautés rurales aux services financiers en augmentant les prêts consentis aux petits exploitants agricoles et aux petites et moyennes entreprises rurales, tout en améliorant l'éducation  financière.

Le pari, c’est d’arriver à financer 100 mille acteurs en 6 ans

Martin Lisandro du FIDA (G) et Sani Yaya

En 6 ans d’exécution (2019-2024), ProMIFA ambitionne offrir un accès durable aux marchés et à des services financiers et non financiers adaptés aux acteurs de la chaîne de valeur agropastorale.

Le projet est lui-même décliné en trois volets. Le premier concerne "l’appui technique au développement des chaînes de valeurs agropastorales" estimé à 7,76 milliards F.CFA.

Ensuite, "l’appui au développement des produits et services financiers" évalué à 8,79 milliards de francs CFA et qui vise à améliorer l’accès des petits producteurs organisés et des autres acteurs des chaînes de valeur agropastorales à des services financiers adaptés.

Enfin, "l’appui institutionnel au MIFA", à savoir la Coordination et gestion du ProMIFA qui coûtera 3,69 milliards F. CFA.

Il s’agira d’assurer la coordination, la gestion, le suivi-évaluation et le transfert des savoirs à travers l’unité de coordination et de gestion du ProMIFA établie en marge des opérations courantes du MIFA.

En termes de résultats attendus, le ProMifa espère former et accompagner 160 000 membres des coopératives ; financer environ 100.000 acteurs de la chaîne de la valeur agricole ; créer et consolider environ 40.000 emplois directs en milieu rural dont 10.000 auto-emplois.

"Le ProMIFA interviendra dans toutes les régions du pays sur les filières riz, maraîchage, aviculture et maïs tout en restant ouvert à d’autres cultures dont le sésame et le manioc", assure M. Sani tout en promettant que ce projet sera géré avec rigueur et professionnalisme.

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