Christian ADOVELANDE (crédit photo www.republicoftogo.com)

Entre 75F et 150F, le choix est assez clair ce qui justifie le combat que mène la Banque ouest africaine de développement (BOAD) pour porter l’énergie à moindre coût aux consommateurs, en l’occurrence aux populations les plus pauvres.

Le président de la BOAD, Christian ADOVELANDE intervenant mercredi à Lomé à l’ouverture du forum des 45 ans de la banque a renouvelé l’engagement de son institution à inscrire ses programmes d’intervention sur les prochaines années dans le domaine des énergies renouvelables.

Durant les deux jours des travaux, M. ADOVELANDE a convié les participants à partager non seulement leurs expériences mais aussi à élaborer  un modèle afin d’apporter de l’énergie aux populations de l’union.

"C’est ensemble nous devons rechercher des modèles novateurs pour financer les projets d’énergies renouvelables", a-t-il lancé reconnaissant que ce n’est pas la faisabilité technique des projets qui fait défaut mais la mobilisation des ressources.   

Plus que des mots, mais des actes

L’engagement de la BOAD dans les énergies renouvelables dont le solaire n’est pas que sur les lèvres. Diverses réalisations et projets soutenus par l’institution financière régionale dans les Etats membres confirment cette volonté.

Vue des participants à l'ouverture du forum

"De 2013 à ce jour, la BOAD a soutenu 18 projets d’énergie renouvelable dont 8 relatifs à l’énergie solaire le tout pour un financement global de 187 milliards F.cfa", a-t-il annoncé.

Il a souligné que d’autres projets sont en phase d’instruction avancée au niveau de la banque notamment deux projets régionaux d’électrification hors réseaux et qui bénéficient de l’appui le groupe de la Banque mondiale, de la Cedeao et du Fonds vert pour le climat.

"La capacité des centrales solaires dans la zone Uemoa sera passée de 7Mgw en 2008 à 176mgw en 2017. Plusieurs autres projets sont en cours dans d’autres pays -Mali, Côte d’ivoire, Guinée-Bissau, Niger", a-t-il  dévoilé.  

Le président de la BOAD reconnaît que globalement, le potentiel de production en matière d’énergie renouvelable est considérable dans l’union et affirme que les ressources disponibles peuvent répondre à une part non négligeable de la demande énergétique.

 "En lien avec l’énergie solaire, notre zone est considérée comme la zone la plus ensoleillée et c’est le financement qui jouera un rôle crucial dans le développement de ces énergies", a-t-il souligné.

BOAD : Leader de la finance climat

Pour Christian ADOVELANDE, la BOAD doit prendre le leadership sur la question d’accès à l’énergie solaire dans les 8 Etats de l’Union.

Durant les cinq dernières années, il annonce que la banque a renforcé son partenariat avec 3 mécanismes de la finance climat à savoir le fonds d’adaptation, le fonds pour l’environnement mondial et le fonds vert pour le climat.

"La BOAD est désormais accréditée auprès de ces trois instituons et a déjà engagée dans le processus d’accès à leurs ressources en faveur des projets dans les pays de l’union", signale le patron de la banque.  

Il a cité l’exemple des projets déjà en cours à savoir le projet d’hybridation des moteurs à gasoil des plateformes multifonctionnelles avec système solaire au Togo, le projet régional de gestion des déchets et polluants organiques dans les pays de l’Uemoa ; le programme régional de promotion de l’agriculture climato-intelligente en Afrique de l’ouest.  

"La démarche de la BOAD vers les fonds internationaux dédiés à la finances climat s’intègre dans une vision globale dans laquelle notre institution se doit d’être le leader régional en matière de la finance climat",  a-t-il déclaré.

Les fruits sont déjà visibles. La banque aujourd’hui a le statut d’observateur auprès de la Convention cadre des nations unies sur les changements climatiques ; la mise en place à Lomé d’un centre régional de collaboration.

"Le centre qu’abrite la banque depuis 2012 est le premier des deux implantés en Afrique  et a pour mission d’apporter des appuis directs aux gouvernements, secteur privé et aux ONG en vue de l’identification, la formulation, le développement et la recherche de financement aux projets éligibles aux mécanismes de développement", a-t-il expliqué précisant qu’un bon accès à l’énergie est une condition au développement économique sociale et culturel des Etats.

D’après les orientations fixées par les Etats de l’Union depuis 2009, le taux d’électrification devrait passer de 30% en 2008 à 80% en 2020 puis à 100% en 2030 avec à la clé la réduction sensiblement le prix moyen d’électricité dans l’espace communautaire. Les énergies renouvelables durables dont le solaire devraient aussi passer de 36% en 2008 à 82% en 2030.

En 45 ans, le bilan est très positif

Depuis sa création en 1973, l’institution a connu de réelles avancées à ce jour a salué les principaux dirigeants dont le président ivoirien, Allassane Dramane Ouattara, président en exercice de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union.

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Ces avancées sont encore plus notables durant ces 5 dernières années (novembre 2013 à ce jour) où elle a notamment réalisé les réalisations suivantes.

En matière de financement, la BOAD a mis en place de nouveaux concours pour un montant global de 2.132 milliards F.cfa soit 40% des 5293 milliards des financements globaux consentis par elle depuis le démarrage de ses activités en 2016.

Dans ces financements globaux, le secteur public a bénéficié des 74% des concours, et le secteur privé de 26%.  En matière de transparence et de visibilité internationale, la BOAD a été considérée par deux agences de renommée internationale comme la 4ème et la 3ème meilleure signature africaine (BAA1 et BB).

"Sur la base de ces notations, la BOAD a contribué à ses objectifs d’accès au marché financier international. Ces deux premiers emprunts internationaux réalisés en 2016 puis en 2017 lui ont permis de mobiliser des ressources pour un montant de 940 milliards Fcfa", indique le président ADOVELANDE.

Il précise que "les ressources levées sur le marché international sont affectées au financement des économies de la sous-région". 

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