Kossi Tenou, Directeur National de la BCEAO

Entre passion et raison, la représentation nationale la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) annonce dans la foulée, un point de presse demain mardi à Lomé pour situer l’opinion nationale et internationale sur la question du CFA.

Mais avant cela, le professeur Kako Nubukpo, figure emblématique de cette lutte détaille dans cette tribune, les 3 raisons sur la mise à mort du CFA.

D’abord historique : lien direct entre l’esclavage et le franc CFA

Le CFA épouse les contours de la violence esclavagiste coloniale et postcoloniale. Très peu de gens savent qu’au moment de l’abolition de l’esclavage le 27 avril 1848, il a fallu indemniser les esclavagistes parce qu’il y avait des débats autour du code noir pour savoir si les esclaves étaient des biens meubles ou immeubles.

Donc à partir du moment où on a reconnu que les esclaves n’étaient pas des êtres humains, il fallait indemniser les esclavagistes.

C’est avec cet argent que 5 ans après, les esclavagistes créent la Banque du Sénégal en 1853 puis la Banque de l’Afrique de l’ouest en 1901 qui est aujourd’hui, l’ancêtre de la banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) qui émet le CFA.

Les paysans obligés à payer l’impôt en CFA

En lien avec la colonisation, nos paysans africains devaient payer l’impôt en CFA alors qu’il y avait des monnaies africaines. Or, pour pouvoir payer l’impôt en CFA, il fallait abandonner les cultures alimentaires pour s’adonner aux cultures de rente.

Et une culture comme le coton va être appelée la "culture du commandant" parce que les paysans ne voulaient pas faire du coton.

On obligeait les paysans à faire du coton parce qu’après la guerre de cessation aux Etats Unis, il n’y avait plus suffisamment d’esclaves pour travailler dans les champs de coton dans le sud des Etats Unis.

C’est pour ça que la France a décidé d’investir en Afrique pour faire du coton en Afrique. En conclusion, le Franc CFA est profondément liée à l’histoire de la colonisation.

De la colonisation aux indépendances !

Aux indépendances, la question qui s’est posée est : est-ce qu’on garde le CFA ? Sékou Touré a osé dire non au Général De Gaulle en 1958 et il a été puni. Et nous savons aujourd’hui que Jacques Foccart a déversé des milliards de faux billets Guinéens pour créer l’hyper inflation en Guinée.

Ça a coulé complètement l’économie guinéenne qui ne s’en est toujours pas relevé d’ailleurs.

Au Togo, Sylvanus Olimpio a subi le 13 Janvier 1963, le premier coup d’Etat militaire en Afrique après les indépendances, une semaine après avoir annoncé la création de la monnaie togolaise.

Je pourrais multiplier des exemples mais ce qu’il faut retenir, c’est que l’histoire du franc CFA, c’est une histoire douloureuse pour les africains et rien que pour ça, ils devraient tous s’y intéresser.

Ensuite Economique : Le CFA n’est pas une bonne chose pour les Etats

Quatre raisons expliquent la dimension économique selon le Prof Kako Nubukpo.

1ère raison : blocus sur la transformation de l’économie

Le CFA n’a pas permis de transformer l’économie africaine. 60 ans après les indépendances, nous sommes toujours ce que nous appelons l’insertion primaire au sein du commerce international.

On exporte les matières premières, on ne les transforme pas surplace. On importe le produit fini et tout ça nous coûte très cher parce qu’au finale, on a des balances commerciales déficitaires.

2ème raison : CFA, une monnaie trop forte

Le franc CFA est une monnaie trop forte pour nos économies parce qu’il est rattaché à l’Euro et vous savez qu’une monnaie forte agit comme une taxe sur les exportations et une subvention sur les importations.

Conséquence, nos économies ne sont pas compétitives. C’est marrant parce que quand vous comparez avec les asiatiques, vous voyez exactement l’inverse.  Les chinois n’ont pas de matières premières donc elles importent nos matières premières et exportent les produits finis.

Les africains qui ont les matières premières, exportent leurs matières premières et importent les produits finis. Cherchez l’erreur !  Vous voyez que ça fait 60 ans que ça dure dans le silence absolu !

3ème raison : Le financement  

Nos économies ne sont pas financées. Pourquoi ?  Parce que comme nous ne produisons pas grandes choses, nous ouvrons les vannes de crédit pour que nos entrepreneurs aient accès au financement.

Il y a beaucoup d’importations, alors que vous payez vos importations avec les devises des réserves de change. À un moment donné, vous n’en n’avez pas assez pour garantir la parité fixe entre le Franc CFA et l’Euro. Et vous êtes obligés de dévaluer. 

Mais c’est un drame une dévaluation pour nos dirigeants parce que plus le CFA est fort.

4ème raison : le CFA n’a aucune considération pour la croissance africaine

Le CFA n’a aucune considération pour la croissance africaine, donc pas de création d’activité, donc pas de création d’emploi.

Or, nos populations doublent tous les 25 ans ; ce qui fait que, si en face vous n’avez aucune activité, il n’est pas étonnant que les gens cherchent à partir (migration des africains vers l’Europe).

C’est de la mauvaise foi terrible. C’est un passé qui ne passe pas mais un passé qui est devenu un présent, un présent qui est problématique.

Enfin politique : Le parallélisme des formes bafoué   

Les banques centrales en Afrique dans la zone franc sont désormais indépendantes des Etats. Mais, elles sont inféodées au trésor français puisqu’elles sont tenues de déposer au moins 50% des réserves de changes auprès du trésor français à Paris.

Et donc, 60 ans après les indépendances, au lieu d’aller vers la banque centrale Européenne qui émet l’Euro pour des négociations directes, nous allons vers un ministère des finances d’un pays membre de la zone Euro (France).

C’est pour ça qu’on parle de servitude dans le cas du CFA. Aussi, nos billets de banque sont fabriqués, imprimés en France exclusivement. Et donc, vous voyez qu’on parle d’une monnaie qui n’existe plus en France.

Puisque le Franc n’existe plus en France mais il existe en Afrique. 60 ans après les indépendances, nous n’avons pas toujours trouvé de chimistes capables de billets de banque.

En conclusion, il faut qu’on mette en place les états généraux du franc CFA pour qu’on sorte de manière organisée et le plus vite possible de cette monnaie que j’appelle la monnaie de la servitude.

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7 Contribution(s)

  1. Darnace Bessané say:

    Réponse à Mr Kalife. Etudiants africains en économie, si vous rencontrez le Super Prof Kaife evitez le, pour ne pas avoir à méditer la phrase attribuée à Dante: vous qui entrez, perdez espérance. En attendant de découvrir un jour comme vous le dites la «la main invisible» quo dirige tout ce mouvement anti Fcfa, on connaît d'ores et déjà celle qui agite les défenseurs acharnés dont vous êtes le digne représentant du Fcfa: La Françafrique.

    20/02/2019 01:18:40
  2. Darnace Bessané say:

    Le plaidoyer de l'économiste Kako Nubukpo contre le maintien du franc Cfa et son rôle néfaste dans le sous-développement de l'Afrique francophone est traité de sophisme par Mr Kalife Nadim Michel. Selon le petit Robert le sophisme est un argument, raisonnement faux malgré une apparence de vérité. Ce monsieur a cru voir du sohisme dans le travail remarquable de Kako. Il paraît qu'il n y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Dans votre carrière d'économiste, depuis 55 ans écrivez vous? Quels sont vos faits de guerre? Communiquez les titre de vos ouvrages s'il vous plaît. Etes-vous réellement un économiste? Si oui produisez une analyse exposant vos vérités économiques, ai lieu de vous contenter des affirmations peu convaincantes frisant le pédantisme. Votre phrase: s'il était mon élève, il serait collé à redoubler, relève d'une vanité puérile. Je ne sais où en Afrique, en Europe ou dans les reste du monde vous exercez vos incommensurables connaissances économiques.

    20/02/2019 00:53:46
  3. SIRI CANNA FULBERT say:

    Nous quitterons le système FCFA qui brise nos économies depuis plus de 60 ans. La marche anti CFA lancée pour le 23 février donnera un ultimatum à tous les dirigeants choisis par la France pour les africains comme ADO, Macky Sall et j'en passe et d'autres qui veulent réellement lutter pour leurs peuples mais qui craignent d'éventuelles crises que les français pourraient créer dans leurs pays. L'ultimatum est déjà lancé aux dirigeants des 15 pays utilisateurs du FCFA et ils ont jusqu'au 25 février 2020 pour quitter cette monnaie de servitude ou il dégageront du pouvoir. C'est assez simple comme objectif et clair pour tous.

    19/02/2019 17:47:06
  4. KALIFE Nadim michel say:

    Dans toute ma carrière d'économiste, depuis 55 ans, je n'ai jamais lu autant de faipux raisonnements en économie politique. C'est du sophisme à l'état pur, qui devrait servir à faire une etude de cas! C'est vraiment indigne d'un professeur d'économie politique! Tout ce qu'il déclare est de la dissimulation de vérités économiques, un camouflage de la vérité. Il faudrait un débat ouvert.

    18/02/2019 20:39:10
  5. KALIFE Nadim michel say:

    Je suis outré par les raisonnements sophistes de Kako nubukpo. S'il était mon élève, il serait collé à redoubler! C'est indigne d'un honnête homme. Je n'ai jamais lu autant de faux raisonnements dans un même texte, de ma vie! Kako ne fait qu'accuser son chien de rage pour le faire abattre: cette conduite est indigne d'un intellectuel. Je le plains. Un jour, l'on découvrira qui est "la main invisible" qui dirige tout ce mouvement anti FCFA. Vous en serez tous ébahis!

    18/02/2019 19:15:43
  6. KAPITAN-GNAKU Awesso Baluki say:

    Huuummmmm. Je désire m'inscrire pour avoir des informations rien que des informations.

    18/02/2019 15:32:07
  7. KAPITAN-GNAKU Awesso Baluki say:

    Huuummmmm. Je désire m'inscrire pour avoir des informations rien que des informations.

    18/02/2019 15:31:48

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