Une ville égyptienne (image archive agridigitale)

La modernisation et le développement durable du secteur agricole contribueront à  créer les emplois et les revenus dont l’Égypte a besoin pour renforcer son économie et nourrir ses citoyens.

Toutes ces informations sont contenues dans une revue synthétique de la Banque africaine de développement (BAD) consacrée à l’Egypte et qui fait la lumière sur les grands chantiers entrepris par le pays ces dernières années sur le plan agricole et trace les perspectives.

Selon la revue, une augmentation de la productivité agricole pourrait avoir un impact majeur sur les pauvres, en particulier les femmes et les jeunes.

Cela est particulièrement vrai en Haute Égypte, où l’important taux de pauvreté — deux fois plus élevé que la moyenne nationale — concerne un peu plus de la moitié de la population.

Avec des  rendements de céréales de 7,1 tonnes par hectare, soit bien plus que la moyenne africaine de 1,5 %, la productivité agricole globale de l’Égypte a atteint 5454 dollars (dollars constants de 2010). L’Égypte est l’un des principaux producteurs de riz, de coton, de maïs et de blé d’Afrique.

Priorités aux investissements agricoles intelligents

Les autorités égyptiennes encouragent des investissements agricoles intelligents sur le plan climatique, en particulier le renforcement des capacités de gestion des sécheresses, pour se mettre à l’abri du risque d’épuisement de ses riches ressources agricoles.

Le gouvernement Égyptien a conscience de l’importance de l’agriculture pour son développement.

Ses stratégies en matière d’agriculture, d’approvisionnement en eau et d’irrigation mettent l’accent sur le renforcement de la sécurité alimentaire, la compétitivité des produits agricoles et l’amélioration d’un climat propice aux investissements dans le secteur de l’agro-industrie.

Cette orientation contribuera à améliorer les moyens de subsistance des habitants des zones rurales et à stimuler l’emploi des jeunes.

Pour atténuer les effets du changement climatique, le pays prévoit également d’accroître l’utilisation des eaux souterraines, d’améliorer la collecte des eaux de pluie dans les zones côtières et d’intensifier le dessalement.

Accroître le drainage afin d’améliorer la qualité des sols constitue un élément clé de cette approche.

Pour réduire les disparités régionales, l’Égypte développe également des filières agricoles en dehors de la vallée du Nil et du Delta, ainsi que des pôles de logistique pour l’agriculture.

Que fait la BAD pour soutenir cette politique?

La participation de la Banque à l’accroissement de la productivité agricole en Egypte n’est plus à démontrer vu que le secteur agricole fait partie des 5 grandes priorités de l’institution.

Le travail de la banque dans ce secteur suit une approche intégrée visant à améliorer les services d’irrigation et de drainage en agriculture, et à fournir aux agriculteurs un accès au financement et aux compétences appropriées.

En promouvant des techniques d’irrigation meilleures et plus modernes, en soutenant les agriculteurs par des prêts ciblés qui tiennent compte de leur cycle de trésorerie, en fournissant des services de développement des entreprises et une assistance technique adaptée, la Banque permet d’améliorer la productivité et de créer des emplois, d’accroître les revenus des communautés rurales et de surmonter les obstacles à la sécurité alimentaire.

Les projets de la BAD ont permis à 10 800 personnes d’avoir accès à une technologie améliorée. Par exemple, dans le gouvernorat d’El-Beheira, la banque a intensifié et fait croître la productivité agricole grâce à l’amélioration des terres et à de meilleures pratiques de gestion de l’eau pour lutter contre la pauvreté rurale et l’insécurité alimentaire.

Plus de 350 000 familles d’agriculteurs ont bénéficié d’une série de mesures visant à contrôler la salinité des sols. De plus, le soutien de la Banque a permis  d’améliorer la gestion de l’eau sur plus de 16 400 hectares de terres irriguées, soit plus au-delà des objectifs fixés.

La Banque a également démontré l’impact positif de l’utilisation de technologies plus performantes pour l’élevage en organisant 178 campagnes de sensibilisation qui ont mis notamment l’accent sur les fourrages non traditionnels et la réutilisation des déchets.

Ce projet, achevé en 2008, a ouvert la voie aux interventions ultérieures dans le pays et sur le reste du continent. 

Alors que les institutions bancaires formelles jugent coûteux l’octroi de prêts aux petits exploitants ruraux, les opérations de la BAD ont aidé les agriculteurs égyptiens à surmonter les difficultés d’accès aux services financiers.

Les opérations dans douze gouvernorats, y compris Assiout et Domyat, ont permis en 2009 à plus de 20 000 agriculteurs de se procurer à temps des intrants essentiels pour la production végétale et animale.

La Banque a fourni des lignes de crédit à des institutions bancaires telles que la Banque agricole d’Égypte, autrefois appelée la Banque principale pour le développement et le Crédit agricole, et créé un fonds renouvelable spécialement conçu pour les femmes rurales.

L’octroi de crédit aux petites et moyennes exploitations agricoles et agro-industrielles a contribué à créer 12 000 emplois directs.

En gros, la BAD multiplie ses investissements dans les secteurs essentiels en Egypte (agriculture, traitement d’eaux usées etc.) pour permettre à ce pays de se nourrir, d’améliorer les chaînes de valeur et la sécurité alimentaire. Le but est de créer un maximum d’emplois dans les zones rurales.

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