Si la filière constitue une activité importante aux ménages ruraux d’agriculteurs de subsistance et représente 27% du PIB agricole, il faut reconnaître que sans une hausse continue de la production, le Togo fera toujours face à de lourdes factures d’importation des produits d’élevage.

Selon divers spécialistes africains, l’incapacité du pays à transformer positivement la filière bétail aura des incidences négatives sur la croissance des industries locales, privera le plus large segment de la population croissante africaine que sont les jeunes, des possibilités d’emploi, réduira les revenus des éleveurs et des autres acteurs de la chaîne de valeur du continent et entraînera des manques à gagner ainsi que des pertes de recettes fiscales et de droits à l’importation.

Pour ce faire, des mesures urgentes s’imposent.

Développer l’approche "Une seule santé"

Il faudrait penser à améliorer la santé animale et accroître la production, la productivité et la résilience des systèmes d’élevage. Ceci passe par le contrôle et l’éradication progressivement les maladies animales et zoonoses prioritaires, la traçabilité des animaux d’élevage, l’adoption de l’approche «Une Seule Santé », l’accélération de l’amélioration génétique et l’accès aux races appropriées, productives et résistantes qui correspondent le mieux aux systèmes de production / environnements locaux, à la faveur des processus innovants de recherche et développement.

Promouvoir les systèmes d’élevage

Il s’agit de faire la promotion de l’intensification des systèmes d’élevage. Il faut pour ce faire développer un environnement favorable pour soutenir, motiver et renforcer les capacités en vue d’une transition vers une production plus intensive et la gestion des facteurs externes.

Améliorer l’accès aux marchés

Enfin, la troisième mesure  consiste à améliorer l’accès aux marchés, les services et la production de valeur ajoutée et rendre compétitif la filière.

Ceci passe par l’amélioration des infrastructures de commercialisation et de production de valeur ajoutée, la promotion des partenariats public-privé innovants pour le développement des infrastructures, du concept “bâtir, opérer et transférer”, l’exploitation des TIC pour améliorer l’accès aux marchés, amélioration des services et de la production de valeur ajoutée.

Trichons un peu chez nos voisins...

Pour améliorer la compétitivité, des mesures fortes doivent être prises. En Côte d’ivoire, en 2001, les importations de volailles «modernes», c’est-à-dire extra-africaines, sont de 2.212 tonnes et senvolent à 15.392 tonnes en 2003.

Dans le même temps, la production nationale de 9669 tonnes en 2001 (contre 12387 tonnes en 1997) dégringole à 7.538 tonnes en 2004. Signe que le poulet local n’était pas compétitif, il était beaucoup plus cher.

Les répercussions étaient directes sur les acteurs de la filière, mais aussi indirectes sur les agriculteurs qui trouvent leur maïs, tourteaux de coton ou copra non vendu.

En 2005, l’Etat réagit et la loi de finances intègre une mesure transitoire. La taxe sur le poulet importé, passe de 300 F CFA à 1000 F CFA par kilogramme, réduisant significativement sa compétitivité.

Les effets sont immédiats. De 8.306 tonnes en 2006, la production locale passe à près de 20.000 tonnes en 2009.

Au Sénégal, en 2005, le pays a fermé ses portes aux importations de volailles pour se prémunir de l’épidémie de grippe aviaire. Cette mesure temporaire a servi d’alibi et a été maintenue jusqu'à présent et a permis à l’aviculture locale de se développer très rapidement.

Aussi, selon les chiffres de la Fédération des acteurs de la filière avicole du Sénégal, le secteur a enregistré 20 milliards de F CFA (soit près de 30 millions d'euros) en investissements, la production de poussins est passée de six millions en 2005 à 20 millions en 2012, celle des œufs de consommation a grimpé de 349 millions à 584 millions.

L’aviculture sénégalaise a créé plus de 30.000 emplois et enregistre un chiffre d'affaires annuel d'environ 128 milliards de F CFA (soit près de 195 millions d'euros), soit 17 % de la contribution de l'industrie animale au PIB du Sénégal.

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