Un marché ouvert aux privés

Par exemple, la gestion et la commande du matériel agricole au Togo relèveront désormais des compétences du privé. Une très bonne nouvelle!

"L'Etat n'est plus dans la logique de commande et gestion du matériel agricole. C'est aux privés de le faire. Pour cela, il crée des conditions dont les facilitations pour que les producteurs aient des crédits pour payer les prestations aux opérateurs qui veulent faire les prestations de services", a révélé Noël Koutéra BATAKA, ministre en charge de l’agriculture

Il a fait savoir que "cette expérience a été très concluantes sur des sites de la phase pilote du MIFA ou plusieurs millions de FCFA ont été payés aux prestataires.

"C'est un vaste champ d'opportunités pour les gens qui veulent développer de l'agrobusiness. Sachant ses moyens limités par rapport à l'immensité des priorités et des urgences, l'Etat opte pour des solutions innovantes et pragmatiques", souligne –t-il.

Cette mesure a bien des raisons lointaines…

Pour la petite histoire, le Togo a connu sa première mécanisation agricole au début des années 1950 avec l’introduction de la culture attelée.

Salifou Daoudou, ingénieur agroéconomiste, chef section mécanisation agricole au ministère togolais de l’agriculture rappelle que la motorisation agricole a commencé avec la révolution verte de 1977 lancée par le feu président, Eyadema Gnassingbé marquée par l’acquisition de plus de 330 tracteurs, accessoires et d’une trentaine de bull.

Très vite, relève l’ingénieur, "l’initiative gouvernementale fut confrontée à des difficultés liées au mode de gestion et en 1982, l’Etat décida de promouvoir la culture attelée de nouveau à travers le projet de promotion de la traction animale (PROPTA)".

"Seules les régions Kara et Savanes ont été propices au développement de la culture attelée", a-t-il noté.

Lire aussi : En attendant l’effectivité de la mécanisation, la culture attelée bat son plein

En 2006, soit 24 ans plus tard et ce, à la faveur de la reprise de la coopération, le Togo a bénéficié d’un don de 60 tracteurs complétés d’un achat de 100 de l’Inde.

"Les 160 tracteurs engagés en 2008 dans les opérateurs ont connu trois modes de gestion : régie avec DP, les OP à travers contrat de location et les ZAAP. Les leçons tirées de ces différentes initiatives ont amené l’Etat a décidé de céder les équipements aux privés", a-t-il révélé.

 Maroc et Ghana, deux modèles de réussite!

En Afrique, le Maroc et le Ghana sont souvent cités comme deux pays qui ont réussi la mécanisation agricole.

En fait le Maroc déjà en 70 a entrepris une vaste campagne de dessouchement des sols, une opération aux frais de l’Etat. Il s’en est suivi du plan Maroc vert, la mise en place d’un mécanisme des acquisitions de matériel avec à la clé une subvention de 30% accordée par le royaume.

Les fournisseurs de matériel agricole sont réunis au sein de l’association marocaine des importateurs de matériel agricole (AMINA). Le Ghana a pour sa part réussi sa mécanisation grâce au développement des blocs (dessouchement) ; l’exonération du matériel agricole de taxes, la formation des réparateurs.

Le Togo à la croisée des chemins

Ce qui a fait la réussite de la politique de la mécanisation de ces deux Etats demeure avant tout, le dessouchement des sols. C’est justement pour ça que les ZAAP (Zones d'aménagement agricoles planifiées) ont été initiés au Togo, aujourd’hui, avec des résultats mitigés par endroit.

La volonté politique manifeste des pouvoirs publics peut faire bouger les lignes. Pour promouvoir les chaînes de valeur agricole, l’Etat entend faciliter l’accès aux équipements adaptés et à moindre coût pour une mécanisation agricole durable.

On sait ce qu’il y a lieu de faire à présent : poursuivre et accélérer les campagnes de dessouchement ; assurer la disponibilité des pièces de rechange, former et équiper les artisans réparateurs etc.

Les privés peuvent déjà saisir au bond cette niche d'opportunités pour faire croître le taux de mécanisation qui tournerait autour de 2 ou 3%.

Votre avis