Gestionnaire d’une chambre froide offerte par l’Ambassade de France de l’île, membre de l’Association –Twamayamlozi- qui regroupe les pêcheurs de la commune Ouani, Dhabou partage quotidiennement les peines de 600 pêcheurs.

Tout semble désormais perdu. L’association a besoin du financement pour faire face aux problèmes des pêcheurs dont elle est aussi une actrice principale.

Elle témoigne à Agridigitale, qu’elle passe le clair de son temps en mer et c’est de cette activité, qu’elle s’occupe de ses deux (2) enfants.

"Les pêcheurs de Ouani ont besoin de formation. Nous avions besoin que notre chambre froide soit équipée, du financement pour construire un petit barrage pour le repos des poissons, des équipements GPS pour sauver la vie à nos pêcheurs en mer", a-t-elle fait savoir. 

Elle explique que sur l’île, l’activité principale, c’est la pêche. "Quand nous pêchons en grande quantité, nous n’arrivons pas à conserver les poissons. Ces pertes rendent les pêcheurs plus pauvres. Nous appelons à l’aide", a-t-elle confié.

Pour vous, la formation des pêcheurs est un impératif

Bien évidemment ! Nous vivons des activités de pêches mais malheureusement, nos pêcheurs n'ont aucune formation de base.

De l’utilisation des matériaux de pêches à la conservation, il faut une formation appropriée pour que notre activité se développe et que les pécheurs vivent de leurs activités.

Pour l’instant, ce n’est vraiment pas le cas. Le France et le Japon appuient la pêche dans notre pays mais, ce n’est pas encore suffisant.

Ce dont nous avons plus besoin aujourd’hui, c’est que nous ayons des techniciens bien formés pour suivre notre activité afin qu’on aille plus loin et subvenir aux besoins de nos familles.

Formation oui, mais en quoi exactement ?

Dans le domaine de la pêche, j'insiste beaucoup sur la formation parce que nos pêcheurs font beaucoup d'accidents en mer et d’autres en meurent.

Il faut des GPS et il faut que nos pêcheurs soient formés à l’utilisation de ces équipements pour éviter ces accidents.

Ensuite, nous ne savons pas comment garder nos poissons au frais après la pêche.

L'ambassade de France nous a construite une chambre froide d’une capacité de 12 tonnes.

Cette chambre froide manque cruellement d’équipements et d’accessoires importants pour nous servir. Le projet initial financé par l’Ambassade de France n’avait pas pris en compte ces équipements et là, maintenant, nous avons besoin des appuis financiers pour faire marcher la chambre froide.  

Nos pêcheurs arrivent avec beaucoup de poissons mais par faute de conservation, ces poissons pourrissent et les pêcheurs sont toujours plus malheureux.

Il manque beaucoup de choses surtout  de la formation pour pouvoir mener à bien ce projet. Et j'ai peur que ce projet tombe un jour à l'eau. 

Vos plaidoyers alors ?

On a déjà fait un projet qui a besoin d’être financé. Que les bailleurs et les bonnes volontés viennent en aide à nous les pêcheurs de Ouani.  

Qu'il nous aide pour réussir, pour réduire la misère parce qu’on souffre beaucoup.

On aimerait bien faire la pêche dans notre pays, mais  il faut vraiment de l'aide pour que nous puissions vivre mieux.  

C'est triste de voir qu’un pêcheur soit obligé d'aller en mer au moment où elle est agitée, parce que n’ayant pas de quoi vivre.

Si nous avons les moyens de conservation, nos pêcheurs vivraient heureux et mieux.

*Ouani est une ville des Comores, dans l’Océan Indien. Elle est située sur la côte nord de l’île d’Anjouan.

 

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