Comment est-il produit, commercialisé et transformé ? Quelles sont les difficultés que rencontrent les acteurs de cette filière ? Les réponses dans ce grand dossier réalisé par le journal Agridigitale.

Première partie, la PRODUCTION

Anacardier, fruit d’anacarde, pomme d’anacarde, noix de cajou, noix d’anacarde

  Plusieurs dénominations relatives au terme «anacarde» prêtent confusion et l’on ne sait parmi ces termes, lesquels sont vrais et quand il faut les utiliser.

En résumé, le terme anacarde vient du nom scientifique anacardium occidentalis dont anacardium est l’espèce et occidentalis, le genre.

La plante généralement appelée anacardier produit le fruit d’anacarde qui est composé de la pomme et de la noix d’anacarde appelée cashew nut en anglais et qui par des modifications linguistiques, a donné le terme le plus utilisé qui est «noix de cajou».

C’est donc la noix de cajou ou noix d’anacarde qui constitue l’élément principal qui fait l’objet de commercialisation et transformation.

Plantation/associations de culture/entretien/production

L’installation d’une plantation d’anacardier se fait soit par semis direct ou par repiquage des jeunes plants après réalisation des pépinières.

Mais il est conseillé de réaliser des pépinières avant de repiquer pour augmenter la viabilité de la plante. Les écartements à respecter varient en fonction des volontés.

Mais généralement, le plan le plus utilisé est l’écartement de 10 mètres entre les lignes 10 mètres entre les poquets pour aboutir à 100 plants sur un hectare d’exploitation.

Les anacardiers ne produisent généralement pas les trois premières années. Durant ce moment, des cultures peuvent être valorisées sous les jeunes plants.

«Nous avons mis du soja sous les jeunes plants jusqu’à ce qu’on ne ressente que la productivité était devenu faible», explique ESSO Nanzirou gestionnaire d’exploitation d’anacardier à Tchamba à 373 km de Lomé.

A partir de la quatrième année, on peut observer quelques débuts de productions mais très insignifiantes. Il faudra attendre souvent la 10e année pour avoir une bonne production.

L’entretien des exploitations d’anacardiers est important pour la protection de l’exploitation contre des feux de brousse car il faut au moins trois ans à un anacardier atteint par le feu de brousse pour reprendre sa production normale.

Collecte/stockage/difficultés

Une fois les fruits de cajou mûrs, on procède à la collecte de façon groupée en suivant l’alignement des anacardiers. Les fruits collectés sont dépourvus de leurs pommes et il n’en reste que les noix de cajou qui sont entretenus et stockés en attente de leur commercialisation.

Les producteurs de noix de cajou sont confrontés à des difficultés qui impactent sur leurs revenus. Cependant, la plus importante de ces difficultés et qui est commune aux producteurs enquêtés est le vol.

Vu le prix d’achat des noix de cajou et le système de production de la plante, les voleurs s’intéressent plus à ce produit qui en quelque minutes d’opérations dans une exploitation peut leur valoir un billet de 10.000 F Cfa.

Face à ce fléau, les mesures de sécurité s’imposent et réduisent du coup le profit. La coopérative des producteurs d’anacarde de Tchamba (COPAT) exploitant une parcelle de 24 hectares à dû prendre six agents de sécurité au sein de ses membres et qui se relaient pour veiller sur l’exploitation.

«Malgré tout, ils viennent voler mais pas comme si nous n’étions pas là» explique Attarouwa Alfa, membre de la coopérative et chargée de la sécurité du site.

Moussa, lui doit souvent faire le tour dans l’exploitation d’anacardier de sa maman à AGBANSIKITI à la frontière Togo-Bénin dans le canton de Kaboli pour réduire la fréquence des voleurs.

Les charges liées à la sécurisation du site, ajoutées à d’autres aboutissent à un profit pratiquement nul pour la coopérative.

La 2ème partie, à suivre le samedi prochain…

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