La digitalisation de l'agriculture devient une réalité

Le bimensuel togolais d'informations a déduit de ses investigations que "le numérique est aujourd’hui une chance pour le secteur agricole" et a reconnu à www.agridigitale.net, l’informateur agricole spécialisé. Il est lu par plusieurs milliers de lecteurs au Togo, en Afrique et dans le monde chaque jour en Français et en Anglais.  Lisez plutôt le dossier du journal Focus Infos

Avec une contribution estimée à 40% du Produit Intérieur Brut (PIB) et occupant 70% de la population active, l’agriculture togolaise est, sans doute, aujourd’hui l’un des premiers secteurs qui fait l’objet d’une attention particulière de la part des pouvoirs publics.

Face à un processus irréversible de numérisation qui affecte des pans importants de l’économie, le secteur agricole est appelé, certes à un rythme pas encore assez soutenu, d’opérer sa propre mue. Et des solutions à compter certes sur le bout des doigts, accompagnent la transformation digitale du secteur. 

Des engrais subventionnés pour les paysans vulnérables via Agri-PME

Fruit d’un attelage entre le Ministère des Postes, de l’Economie Numérique et celui en charge de l’agriculture, Agri-PME est dénommé le porte-monnaie électronique du paysan. 

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Via cet outil qui met la téléphonie mobile au service de la promotion du secteur agricole, le gouvernement poursuit des objectifs précis : rendre le versement des subventions plus sûr, plus simple et plus transparent, assurer la traçabilité et l’opportunité du versement aux agriculteurs nécessiteux, connaître en temps réel l’état du marché ainsi que la disponibilité des stocks d’engrais dans le pays, renforcer l’implication du secteur privé et favoriser la création d’emplois, recueillir un nombre important d’information sur le secteur et ses spécificités (comme l’âge, le sexe, la localisation, la superficie cultivable ou bien encore les semences choisies, etc).

L’année de son lancement (2016), le gouvernement a octroyé aux agriculteurs vulnérables une subvention comprise entre 1,5 et 2 milliards F CFA pour l’acquisition d’engrais via le porte-monnaie électronique (PME). L’idée a permis de se passer des intermédiaires et de réduire les coûts des transactions.

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Concrètement, a développé Cina Lawson, ministre des Postes et de l’Economie Numérique à une rencontre internationale, «chaque agriculteur vulnérable bénéficiaire a été identifié et doté d’un P.M.E. afin de percevoir sa subvention et de procéder à l’achat des intrants agricoles auprès d’un distributeur agréé, lui-même muni d’un P.M.E. Ce projet, qui est une grande première en Afrique francophone, a également permis de mettre en place un véritable système d’informations agricoles en procédant à l’identification des agriculteurs locaux et au recueil de données dans le secteur (géolocalisation des plantations, surfaces cultivables, spécificité des cultures, quantité de production », etc.).

En février 2019, plus de 250 000 agriculteurs vulnérables ont reçu des subventions de l’État à travers le porte-monnaie électronique Agri-PME, indiquent les statistiques. Dans le même temps, le volume dengrais subventionné est passé de 25.000 tonnes à près de 30.000 tonnes.

"Je cultivais du maïs sans utiliser de fertilisants, des engrais et les récoltes n’étaient pas tout à fait abondantes ni à la hauteur de nos attentes. Nous avons alors décidé d’utiliser des engrais. Mais ils nous revenaient trop cher. 13 000FCFA pour un sac de 50 kg d’engrais. Mais nous n’avions pas assez de moyens pour nous en procurer. Maintenant, le prix a été subventionné et ramené à 9 000 FCFA et j’y ai souscrit. Aussi d’un quart d’hectare, je cultive maintenant 1 hectare de maïs. J’ai eu la subvention grâce à mon Porte-Monnaie Electronique (PME). Ce qui me permet dorénavant de mieux prendre soin de ma famille", Koffi Amegassi, agriculteur à Kpalimé.

Au-delà, l’objectif est de mettre en place d'un Système d’Informations Agricoles (SIA) afin de pouvoir pleinement exploiter les données collectées et de mettre un écosystème complet pour soutenir la filière agricole sur toute la chaine de valeur.

Et, à terme, d’atteindre l’objectif d’identification de 4 000 000 d’agriculteurs vulnérables et d’utilisateurs d’Agri-PME à l’horizon 2030. 

E-agribusiness, le metteur en relation de l’agriculteur et du consommateur

ANANI part à la collecte de l'info agricole

Alors qu’Agri-Pme facilite la production agricole par la subvention des engrais, une plateforme électronique mise en place par Dona Etchri, l’une des figures montantes de l’entrepreneuriat togolais, permet de relier directement l’agriculteur et le consommateur en vue de la commercialisation des produits.

Avec cette plateforme, c’est quasiment toute la "chaîne de valeurs agricoles", de la production à la commercialisation qui se numérise.

Dans la pratique, tout agriculteur peut souscrire au service offert par la plateforme E-agribusiness et payer ses publications via le mobile Money (TMoney pour le réseau Togocel). L’acheteur qui s’abonne au service recevra des notifications.

Quand le producteur publie ses offres (quantité, prix, etc.) en utilisant l’un des canaux disponibles, elles sont modérées, puis acceptées ou rejetées. Les publications acceptées sont notifiées aux abonnés par (SMS, mail) et diffusées via  le site web E-Agribusiness, réseaux sociaux, TV, radio, panneaux LED). 

La plateforme facilite également les recherches (localité, disponibilité et prix des produits, cartographie des disponibilités par produit, etc.).

Avec E-agribusiness, l’agriculteur a accès à un marché plus vaste ; il réduit ses pertes de récoltes, il vend au juste prix, augmente ses revenus et améliore ses conditions de vie.

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Pour l’acheteur, E-agribusiness permet de meilleurs ciblages (zones géographiques, stock disponible, prix, interlocuteurs fiables) et la facilitation des achats.

Au-delà de la mise en relation de l’acheteur et du producteur, la plateforme, apprend-on, aide à la mise en œuvre des politiques agricoles, à la réduction de la pauvreté et contribue à l’inclusion financière. 

Agridigitale : l’informateur agricole spécialisé

Stanilas SANDALI reporter Agridigitale

Même s’il n’est pas dédié exclusivement à l’information agricole puisqu’il diffuse également de l’information liée à l’énergie et plus globalement au développement durable, Agridigitale est un média en ligne qui fournit du contenu à 75% au minimum dédié à la promotion de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche au Togo et en Afrique.

Selon Anani Etsri, son rédacteur en chef, l’option digitale se justifie en ce que de nos jours, la plupart des jeunes ont un smartphone et que la digitalisation de l’agriculture, qu’on le veuille ou non, finira par s’imposer. « C’est dans cette perspective de toucher la majorité de la jeunesse que nous avons choisi de nous positionner en tant que journal en ligne », explique-t-il.

Pour la startup de l’information agricole accessible gratuitement et qui revendique plus d’un demi-million de visiteurs et environ le million de  vues sur ses pages,  le numérique offre au secteur agricole aujourd’hui  de nombreux avantages. Grâce au numérique (drone, big data, intelligence artificielle), on peut apporter au sol, juste ce dont il a besoin. 

"Partout sur le continent, comme au Togo des jeunes ont développé des applications qui permettent de réduire considérablement la pénibilité des travaux champêtres. Toujours grâce au numérique, les gens ont la possibilité d’être dans leur champ ou à la maison et vendre leur production sans se rendre au marché.

Bref, le numérique offre plein d’opportunités au secteur. Agridigitale part chaque jour à la chasse de ces initiatives qu'il porte à la disposition de ses lecteurs".

Agridigitale apporte de l'information à ses différents utilisateurs pour qui il semble servir d'outil de prise de décision.

De fait, apprend-on,  il mène des investigations pour apporter aux producteurs des informations liées aux différents dispositifs mis en place par le gouvernement pour faciliter le travail de la terre. Les informations diffusées rapportent aussi des exploits que réalisent certains agriculteurs et de lever un coin de voile sur leurs contraintes difficultés. Les publications amènent parfois certains décideurs à contacter l’équipe d’agridigitale pour rentrer en contact avec l'intéressé (producteurs ou promoteur/startup d'un projet agricole). 

Enfin, la startup agridigitale met en exergue les opportunités dont regorge le secteur agricole à travers les différentes filières ou spéculations. Dans ce cas, c’est à travers des recherches scientifiques et des success stories des paysans. 

"La prochaine révolution agricole passera par le digital. Le numérique est au cœur de tout. On évoque la data agricole, les blockchain, l'intelligence artificielle, le big data, etc". 

Face à la démographie galopante, les pratiques anciennes semblent anachroniques. On parle plus d'agriculture de précision. L'explosion des start-up avec les solutions innovantes qui sont proposées permettent de croire à cela. Aujourd'hui, diverses  plateformes sont développées et sont aussi innovantes les unes que les autres.

Ce sont les signes avant-coureurs de l'entrée dans cette grande révolution agricole. La digitalisation du secteur agricole est d’autant plus incontournable aujourd’hui que sur la période 2018-2022, le Togo devrait, en ligne avec l’axe 2 de son plan de développement, amorcer la transformation agroalimentaire. Des productions qui devront trouver des débouchés, via notamment les outils numériques.

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Source : Focus Infos & Agridigitale

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