Dr. Ayéfouni ALE GONH-GOH

En tout cas, là n’est pas une raison pour ne pas bien remplir les missions premières de l’Institut de Conseil et d’Appui Technique (ICAT) qui depuis 1999 accompagne les producteurs du Togo à accroître leur rendement.

"C’est de la responsabilité de l’ICAT de transférer les technologies agricoles aux producteurs et de les accompagner dans l’utilisation de ces techniques en vue d’améliorer les rendements et d’augmenter leurs revenus", a-t-il confié jeudi à Agridigitale peu avant l’ouverture d’une rencontre au siège de l’Institut à Lomé.

La rencontre regroupe pour deux jours les responsables régionaux de l’ICAT de toutes les régions du Togo pour faire le bilan-étape de ce qu’a été l’accompagnement apporté aux paysans depuis le début d’année.

Il a par exemple relevé que malgré les efforts du gouvernement, la productivité pose toujours problème dans l’agriculture togolaise.

"Par exemple, les variétés de maïs que nous avons aujourd’hui ont un rendement potentiel de 5 à 6 tonnes à l’hectare. Mais, à peine les producteurs arrivent à obtenir deux tonnes", a-t-il déploré.

"Il faut nécessairement améliorer le rendement au Togo  parce que c’est ça qui détermine la rentabilité de l’exploitation. C’est parce que le rendement n’est pas bon que les gens ont tendance à augmenter le prix", analyse Dr. Ayéfouni.

"Le problème de la productivité chez nous, c’est la mise en œuvre des technologies. Et moi, je dirais que c’est de notre faute du moment où nous n’avons pas trouvé les meilleurs canaux pour que les gens puissent mettre en œuvre ces technologies", reconnaît –t-il en toute humilité.

Oui au diagnostic, mais quelle thérapie docteur ?

L’agriculture togolaise est essentiellement pluviale, ce qui porte préjudice aux producteurs. Il y a aussi le problème lié aux engrais. Nous avons un standard qu’on applique partout d’une région à une autre.

Mais, actuellement, nous sommes en train de faire la cartographie de la fertilité des sols pour apporter ce qui manque réellement au sol.

Le personnel technique de l’ICAT en 1999 était de 696 contre 370 aujourd’hui. Et plus de la moitié de cet effectif a plus de 50 ans.

Alors qu’avec les nouvelles politiques agricoles, les missions de l’institution ont plus que triplé.

On a un grand rôle à jouer dans le processus de professionnalisation de l’agriculture dans lequel le pays s’est engagé. Mais, avec l’effectif actuel,  ça risque d’être compliqué.

Ce qu’il faut retenir aussi, c’est qu’aujourd’hui,  l’ICAT ne peut plus être derrière les producteurs comme un encadreur.

Il faut que les producteurs comprennent que les choses ont évolué. Il faut qu’ils acceptent d’adopter les nouvelles technologies pour bien profiter de leurs parcelles. Et ceux qui le font déjà, il faut qu’ils arrivent à attirer les autres pour que cela soit profitable pour tout le monde.

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