Kokou Tewou sur son domaine agricole à Notsè

Kokou dirige Agro vision initiative (AVI), spécialisé depuis 2014 dans la production et la commercialisation d’arachide, soja, poids d’angole, gombo séché et d’autres produits agricoles.

Agridigitale l’a rencontré et voici son secret de réussite.

Un début difficile

J’ai laissé les études en classe de première dans le bas mono où je suis né, pas parce que je n’avais pas le niveau mais à cause du manque de moyens financiers.

Je me suis lancé dans l’enseignement qui m’a amené à Notsé en 1996 à l’école primaire Soké. Avec un salaire de 10 000 F cfa je n’arrivais pas à joindre les deux bouts et supporter ma femme et mon enfant resté au village.

J’ai donc laissé ce métier pour m’intéresser au métayage de l’office de développement et d’exploitation forestière ODEF auquel je joignais la répétition des élèves.

Une occasion de se stabiliser dans le domaine agricole

En 1998, Kokou a eu l’occasion d’être associé à un projet d’un de ses frères basé aussi à Notsé pour la vulgarisation du soja.

C’est le début d’une carrière en agriculture. Il y occupa progressivement les postes de machiniste, magasinier, caissier, gestionnaire du personnel de production et chef de production au sein de ce projet qui s’est actuellement concrétisé en la société SOJANYO.

En 2014, Kokou décide de créer sa propre entreprise pour créer de l’emploi et laisser sa place à d’autres chercheurs d’emploi.

Il ne pourra se libérer de ses charges à SOJANYO qu’en octobre passé.

"Après 19 ans d’expériences dans le domaine je suis solidement outillé pour me confronter au système", raconte –t-il.   

AVI compte aujourd’hui une quinzaine d’employés qui travaillent avec 125 groupements de 2030 producteurs installés dans 49 villages des préfectures de Haho et Moyen-mono pour 1200 hectares emblavées.

Entrepreneur aguerri

Kokou n’a pas eu une vie facile dans ses initiatives d’entrepreneuriat.

"Pendant que j’étais encore à Agomé glozou dans mon village natal, j’ai cultivé 2 hectares de riz qui ont bien évolué mais malheureusement je n’ai rien récolté suite à un mois de sécheresse", ajoute-t-il.

Les échecs lui ont permis de développer de nouvelles stratégies pour surmonter les réalités du terrain.

En l’an 2000, Kokou a construit sa première maison alors qu’il gagnait un salaire mensuel de 33.300 F cfa. En 2007, il disposait de 20 hectares de domaine rural.

L’entreprise de Kokou réalise un chiffre d’affaire annuel de 600 millions de F.cfa sur la commercialisation du soja et d’arachide.

Les entraves à la percée

Dans la concrétisation de ses initiatives Kokou rencontre des problèmes d’écoulement des produits jugés chers pour la consommation locale et d’accès aux services financiers.

"J’ai demandé un crédit auprès des institutions de microfinance pour l’exécution de certaines tâches. Elles ont refusé malgré les multiples preuves présentées", témoigne –t-il.  

A ces contraintes, il ajoute la transhumance et son impact sur la production agricole dans la localité.

"J’ai cultivé 03 hectares de manioc. Les bœufs ont détruit le champ ; je suis obligé de protéger le domaine avec du fil de fer", ajoute-t-il.

Des perspectives solides

Kokou compte créer 210 emplois directs et 20.000 emplois indirects d’ici 2022. Il compte aussi développer plus de 50 ha de produits maraîchers pour soulager la période de soudure que connaît le pays entre février et avril.

Le secret de réussite

Kokou exhorte les jeunes quel que soit leur niveau, à créer leur propre histoire.

"On n’a pas besoin de diplôme pour évoluer en agriculture. Il faut éviter de croire qu’on va échouer ; l’échec fait évoluer l’homme. Les jeunes doivent laisser l’orgueil et l’argent facile car rien n’est facile. Je ne raconte pas l’histoire de quelqu’un ; je raconte la mienne", suggère-t-il.

Au-delà des conseils, il ajoute une conviction personnelle qu’est la crainte et la confiance en Dieu.   

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