Samedi, 14 avril. Il a fallu parcourir 405 km de Lomé pour aller à la découverte du jeune paysan qui s’est enrichi grâce à la culture d’ignames.

« En novembre déjà, je commence par confectionner les buttes et à partir de mars, j’attends une pluie pour planter les boutures. En mai, je passe à l’entretien de mon champ avec espoir que je peux commencer par creuser les ignames à partir du mois d’août », confie –t-il.

La parcelle de Faré est de 2,5 hectares et abrite 10 mille buttes. La confection des buttes coûte 15 F cfa l’unité, les boutures à 10 mille F cfa la calebasse (100 unités). Au-delà de ces principales dépenses, existent d’autres qui ne sont pas fixes.

« Je réalise un chiffre d’affaire de 3,5 millions au minimum », lance –t-il avec fierté en riant. 10 à 15 mille tubercules d’ignames soit 100 à 150 calebasses sont attendus  dans le champ de Faré. « Avec le bénéfice réalisé, j’améliore les conditions de vie de ma famille. A la fin de la campagne passée, j’ai construit 5 pièces de chambres. J’ai déjà une moto pour mes déplacements », explique-t-il.

Et pourtant analphabète…

Faré n’a jamais mis pied à l’école. Il en regrette, même si aujourd’hui il se sent à l’aise dans les travaux champêtres. Il ne sait ni lire ni écrire mais peut composer certains numéros de téléphone et se débrouille en expression française.

« L’erreur que nos parents ont faite doit être évitée par notre génération. Je suis père de trois enfants et je tiens à leur éducation. Tous mes enfants passent par le préscolaire avant le CP (Cours préparatoire)» a-t-il précisé.

Entrepreneur agricole né

Faré pratique d’autres cultures (maïs, riz) et a besoin de main d’œuvre pour ses activités. A part le fait qu’il se prenne en charge, il emploie trois métayers en permanence avec une rémunération nette évaluée à 30 mille Fcfa (logement, nourriture et santé exclus), des personnes sur lesquelles compte toute une famille.

« Je n’ai pas pu dépasser la classe de 4« , raconte l’un d’entre eux venant de Bapuré dans la préfecture de Dankpen « parce que mes parents sont décédés très tôt ».

« Aujourd’hui, je me suis retrouvé dans le métayage. Avec cet emploi, je nourris ma femme et ma fille. Je compte aussi construire 2 pièces de chambres à la fin de la campagne », ajoute-t-il.

Un autre des métayers de Faré originaire de Nawaré dans la préfecture de Dankpen rétorque « moi, je n’ai même pas de femme, c’est à cause de mes petits frères que j’ai abandonné les classes en 3e« . « Eux, ils doivent continuer l’école pour rompre le cercle vicieux », ajoute-il.

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