GOZAN se félicite de la bonne santé de la filière (photo agridigitale)

Le CIFAT regroupe en son sein 5 principaux acteurs (pépiniéristes, producteurs, acheteurs, transformateurs et exportateurs) et a pour objectif de protéger et de valoriser la filière anacarde au Togo.

"La production de noix de cajou au Togo a connu une évolution remarquable ces deux dernières campagnes passant de 16 mille à 21 mille tonnes avec une attente plus grande pour cette campagne en cours", informe M. GOZAN.

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Dans cet entretien exclusif, le patron de la filière répond à toutes les inquiétudes du monde paysan et non paysan en rapport avec les fluctuations du prix et de la présence des noix de cajou.

AGRIDIGITALE.NET : A quoi est dû selon vous, le bradage des noix de cajou par des petits producteurs sur le terrain en faveur des acheteurs qui en font un bon chiffre d’affaire ?

Mawouko Komlan GOZAN : C’est une réalité et cela s’explique par plusieurs raisons : D’une part certains producteurs sont liés à des acheteurs par des contrats dans lesquels les deux parties se sont entendues sur un prix d’achat de la production.  

Dans ce cas, le client et le fournisseur sont obligés de respecter les clauses de ces contrats quoi qu’il advienne.

D’autre part, pour des besoins pressants, le producteur est obligé de vendre sa production au prix en cours sur le marché ou proposé par le client.

AGRIDIGITALE.NET : Comment peut-on expliquer le paradoxe selon lequel, les transformateurs sont obligés d’aller chercher la matière première à l’extérieur du Togo au moment où le pays exporte sa production de noix de cajou ?

Mawouko Komlan GOZAN : Les unités de transformation supportent des charges qui ne leur permettent pas de s’acquérir de la matière première à n’importe quel prix.

Elles ont un seuil de coût de matière première à partir duquel, le produit fabriqué ne leur sera plus rentable ; c’est ce qui limite leur achat de matières premières sur le territoire togolais au fur et à mesure que les fluctuations évoluent.

L’autre aspect de ce phénomène écœurant, c’est le manque de financement. Les entreprises de transformations et aussi d’autres acteurs de la filière sont limités par la disponibilité des moyens financiers.

Pour un besoin de 21 mille tonne de noix de cajou à transformer en une campagne, l’entreprise est obligée de disposer d’une liquidité de 21 milliards de F cfa pour s’assurer de l’achat sur place de la matière ; vous êtes d’accord avec moi que c’est une somme très importante difficile à mobiliser pour l’entrepreneur.

AGRIDIGITALE.NET : Que préconise le CIFAT face aux difficultés et réalités évoquées ?

Mawouko Komlan GOZAN : Les fluctuations du prix de noix de cajou au Togo sont encore dépendantes du marché international (Inde et Vietnam).

Toutefois, le CIFAT met des informations à la disposition des acteurs afin qu’ils puissent minimiser l’impact de ce phénomène sur la rentabilité du produit. Ceux qui ont écouté nos conseils s’en sortent toujours indemnes.

Quant à la disponibilité de la matière première pour les transformateurs, des efforts sont menés pour faciliter l’accès au financement de cette activité très rentable dont le marché est encore vierge.

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