Croisade contre la pêche illégale à Lomé

La pêche illégale et les délits de pêche constituent une menace sérieuse pour les stocks de poissons et l’environnement marin. Elle porte atteinte à la gestion de la pêche et en prive les populations des pays en développement de sources d’alimentation et de revenus.

"Nos côtes et espaces maritimes regorgent d’énormes potentialités. Cependant, il nous revient de façon récurrente que l’activité dans nos zones maritimes sont donc l’objet de beaucoup de trafic illicites", regrette Séraphin Dedi, Secrétaire Général du Comité des Pêches du Centre-Ouest du Golfe de Guinée (CPCO).

Faut-il rester les bras croisés?

Pas du tout! C’est tout l’intérêt de la 11ème conférence des ministres membres du CPCO ouverte vendredi à Lomé.  Les conséquences néfastes de la pêche illégale ont été reconnues par les Nations Unies qui ont fixé comme objectif ambitieux de mettre fin à celle-ci, d’ici 2020 dans le cadre de l’objectif 14 du développement durable.

Réflexion sérieuse sur la pêche illégale

"Si on arrive à gérer nos ressources en poissons, on devrait pouvoir subvenir aux besoins de nos populations au lieu de recourir à l’importation. Pour ce faire, on doit coopérer ensemble pour protéger nos ressources halieutiques contre les pêcheurs illégaux", déclare Heineken Lokpobiri,  Ministre d’Etat Nigérian, chargé de l’agriculture et du développement rural, également président de la conférence des ministres du CPCO.

De son côté, le ministre togolais de l’agriculture, Ouro-Koura AGADAZI ajoute que "la gestion des ressources halieutiques ne peut être efficace que si les pays partageant les mêmes stocks d’espèces de poissons coopèrent dans les domaines de la recherche, de suivi, de contrôle et de surveillance des pêches".

Comme solution, il convie ses pairs à "mener des réflexions afin de trouver un mécanisme de délivrance des licences au niveau régional et aussi la mise en place d’un programme commun d’observateurs à bord des navires de pêche bénéficiant de licence pour pêcher dans notre espace".

Durant les deux jours qui ont précédé cette session, l’ensemble des experts des Etats membres et partenaires du CPCO ont passé en revue les réalisations au titre de l’exercice 2018 et dégager les perspectives pour la durabilité du secteur des pêches.

L’année 2018 dont l’exercice est placé sous le thème "investir pour la croissance et la durabilité des pêches en Afrique de l’Ouest", le CPCO a été retenu en tant qu’agence d’exécution par la CEDEAO pour la mise en œuvre de la composante 2 du programme amélioration de la gouvernance des pêches en Afrique de l’Ouest, programme développé au titre du protocole d’accord de la CEDEAO avec l’Union Européenne.

Créé en 2015, le CPCO a son siège au Ghana et a pour objectif principal de mettre fin à la pêche illégale, non déclarée et non réglementée. Six Etats composent le CPCO à savoir le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Libéria, le Nigéria et le Togo.

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