A l’image du lait, ses protéines sont complètes avec un équilibre des acides aminés proche de l’idéal. C’est une des rares graines à contenir les 8 acides aminés essentiels.

Les principaux pays producteurs et exportateurs du quinoa sont la Bolivie, le Pérou et l’Equateur. La culture est récemment introduite en Europe, en Asie et en Afrique (Kenya, Mali, Maroc). Il s’adapte à toutes sortes de climats, du climat désertique aux climats chauds et secs.

Le quinoa est aujourd’hui introduit dans 6 pays d’Afrique de l’ouest. Il s’agit notamment du Ghana, du Burkina Faso, du Niger, du Sénégal, de la Guinée et du Togo. Dans les pays d’origine, le quinoa a un rendement de l’ordre de 3 tonnes à l’hectare. Au Togo, les deux variétés qui se comportent bien ont pour le moment un rendement de 1,6 tonne à l’hectare.

« Les recherches continuent pour augmenter les rendements. Les variétés de quinoa ont un cycle végétatif (semis-maturité) allant de 90 à 150 jours. Mais les deux variétés qui sont retenues au Togo ont un cycle végétatif (semis-maturité) de 90 jours », explique Tchiou Kabassina, inspecteur semencier, entomologiste, chercheur à l’institut togolais de recherche agronomique (ITRA) et au centre de recherche agronomique de la savane sèche (CRASS-Kara).

Ingénieur Agronome formé à l’Institut National Agronomique d’El Harach d’Alger en Algérie, M. Kabassina, chercheur et chef programme national Sorgho, Mil à l’Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA) affirme dans cet entretien exclusif à agridigitale que si le quinoa génère des retombées économiques importantes, cette culture est avant tout introduite pour résoudre la question de sécurité alimentaire.

Agridigitale.net : Quelles sont les localités qui pourront le cultiver au Togo ?

Tchiou KABASSINA : Le Quinoa de par ces caractéristiques agronomiques et physiologiques peut se développer partout au Togo. Pour le moment les tests d’adaptabilité avec les neuf variétés introduites et la production de semences sont réalisés avec succès dans les régions des Savanes et de la Kara. Les mêmes tests sont en cours dans d’autres régions pour suivre le comportement du quinoa dans ces dernières.

Agridigitale.net : Quelles peuvent être les retombées économiques de l’introduction de cette culture au Togo ?

Tchiou KABASSINA : La culture du quinoa est introduite au Togo pour d’abord résoudre le problème de la sécurité alimentaire. Le quinoa de par sa composition biochimique permet à la grande masse de la population togolaise qui n’a pas accès aux protéines animales d’avoir une alimentation équilibrée.

Aussi le quinoa est vendu très cher dans le monde. Le kg de quinoa coûte environ 16$US en Amérique, l’équivalent de 9000 FCFA. Cela suppose qu’un producteur qui arrive à produire 1000kg (1 tonne) de quinoa pourra le vendre à 9.000.000FCFA s’il était en Amérique du Sud ou en Europe. Mais au Togo il peut avoir au moins 6000.000FCFA.

Indiscutablement, la production du quinoa contribuera à l’amélioration des conditions de vie des producteurs. Mais je le répète, l’objectif premier c’est l’autoconsommation pour résoudre le problème de la carence alimentaire créée par la consommation des autres céréales. La culture du quinoa au Togo permettra également de résoudre le problème de la malnutrition.

Le quinoa est sans gluten, donc les personnes ne supportant pas la consommation du gluten peuvent en faire une alimentation de base comme c’est le cas en Amérique et en Europe.

Agridigitale.net : La culture du quinoa n’entrainera-t-elle pas l’abandon de certaines autres cultures dont le soja?

Tchiou KABASSINA : L’introduction de la culture du Quinoa au Togo par le Ministère de l’Agriculture de l’Elevage a pour objectif de diversifier l’agriculture togolaise et de résoudre le problème de l’insécurité alimentaire et d’améliorer les conditions de vie des producteurs.

La culture du quinoa ne remplacera pas une quelconque culture mais vient compléter la liste de spéculations produites au Togo. Aussi le quinoa par sa capacité d’adaptation aux conditions climatiques difficiles et à se développer là où les autres cultures ont du mal à se développer, permet d’occuper les terres marginalisées c’est-à-dire abandonnées.

Donc l’introduction de la culture du quinoa n’entrainera pas l’abandon d’une quelconque culture et moins le soja. Il faut noter aussi que le quinoa sera produit en contre saison alors que le soja produit en saison des pluies.

Agridigitale.net : Quel état des lieux de la culture du quinoa au Togo et dans les autres pays bénéficiaires?

Tchiou KABASSINA : Le projet TCP SFW 3404 : Assistance technique pour le renforcement du système alimentaire du quinoa en Afrique a été initié par la FAO sur la demande des pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Ce projet TCP fait suite à la 38ieme Session de la Conférence de la FAO tenue au début de 2013 qui a mis l’accent sur l’introduction et la promotion de la production et de l’utilisation du quinoa comme denrée alimentaire en Afrique.

Lors de la phase une du projet qui a consisté à la mise en place des essais d’adaptabilité de 9 variétés de quinoa, 6 pays de l’Afrique de l’Ouest étaient concernés (Ghana, du Burkina Faso, du Niger, du Sénégal, de la Guinée et du Togo).

A l’issue de cette première étape, 3 pays seulement étaient retenus pour continuer avec la phase 2. Il s’agissait du Burkina Faso, du Niger et du Togo.

Les trois pays sont au même niveau d’évolution des activités sur l’introduction du quinoa. La phase 2 a concerné la production de semences des variétés qui se sont mieux comportées lors de la première phase.

Pour le cas du Togo, deux variétés étaient retenues. Il s’agit de TITICACA et PUNO. Actuellement, c’est la phase des essais en milieu paysan qui est entamée dans les trois pays.

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