Il fait la culture du riz, l’acajou et le palmier à huile. Grand spécialiste des finances, diplômés des universités, Toure a innové en associant à ses plantations du business. Un système qu’il a mis sur pied de toute pièce dans sa communauté au sud du pays et qui marche vraiment pour lui.

Il aide les paysans à avoir un domaine agricole, à disposer du financement pour lancer la campagne ou à acheter des semences.

En retour, ces bénéficiaires remboursent en sacs de riz que les femmes récupèrent pour la vente au marché. Finalement, c’est toute une chaîne de valeur et tout le monde trouve son compte.

Son unique rêve, étendre ce projet pour en faire un programme national pour toute la Guinée.

Agridigitale a rencontré Toure Daman et voici son histoire.

Comptable à la présidence et agriculteur ?

L’agriculture pour moi est d’abord une passion.  Mes productions avant tout sont destinées à la consommation familiale. 

Je suis avec le riz et l'huile de palme. Cette année, j'ai commencé avec  les noix d'acajou.  Dans mon village natal (sud du pays), j'ai des domaines de presque 30 hectares.

La première année, j'ai cultivé 9 hectares.  Mais maintenant, je ne fais pas autant.

Je l'associe un peu avec le business. J’ai des machines agricoles que nous louons aux producteurs de riz et à la récolte, nous recevons la contrepartie en sacs de riz. Et tout le monde gagne !

Outre la location des machines agricoles, nous faisons également des prêts à certains producteurs n’ayant pas les moyens au début de la campagne puis à la fin, on obtient le remboursement en sacs de riz.

Le paysan ne me rembourse pas avec un pourcentage, mais juste l’équivalent de mon argent en sacs de riz. Nous les aidons aussi à trouver un domaine pour cultiver.

Facilement, je me fais des sacs de riz et je n’ai pas besoin de cultiver. Toutes ces opérations me font beaucoup de sacs de riz et qui m’aident beaucoup.

Alors, que deviennent les sacs de riz collectés auprès des paysans ?

Je suis natif d’une communauté où aider les autres à réussir est plus qu’un impératif. J’aide notamment les femmes avec les sacs de riz.

Elles revendent ces sacs et je récupère mon investissement.

Déjà, votre initiative profite à 20 producteurs de votre localité, comptez-vous l’étendre ?

Oui bien sûr !  Aujourd’hui, je suis prêt à aller discuter avec le gouvernement si on peut l’étendre partout dans le pays.

Je rêve d’en faire un projet national pour toute la Guinée.

Mon challenge est que tout guinéen qui n'arrive pas à cultiver aujourd'hui, il faut mettre en place des mécanismes pour encourager tout le monde à investir dans la terre.

Quels conseils aux jeunes guinéens ?

Pour un jeune guinéen qui souhaite faire l’agriculture, je dirais de faire la culture du riz parce que, c'est l'aliment le plus consommé en Guinée.

Quand tu fais le riz, tu ne perds pas, tu gagneras toujours.

L'huile de palme aussi, ça marche en Guinée.  Il faut cependant prévenir qu’il ne sert à rien d’investir gros à la première année sans aucune étude de faisabilité préalable ou sans avoir une expérience. 

Il faut aller au pas à pas car ce n’est pas possible de récupérer tous ses investissements à la première année.

S’ils veulent investir beaucoup dans le riz par exemple et à la même année avoir beaucoup d’argent, ce n’est pas possible.

Les jeunes doivent aussi apprendre à travailler avec ceux qui ont déjà de l’expérience et apprendre beaucoup d’eux.

Que diriez-vous à un investisseur qui est tenté par la Guinée ?

D’abord, en Guinée, toutes les terres sont fertiles. Outre le secteur de l’agriculture, il y a aussi les mines.

Comme nous parlons de l’agriculture, les investisseurs peuvent investir dans le riz et ils auront leur compte bien rempli.

Le riz est l’aliment le plus consommé et la demande est forte. Vous investissez dans le riz, c’est que vous gagnez gros ! Ils ne regretteront jamais leurs investissements.

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1 Contribution(s)

  1. aminata bangoura say:

    C'est vraiment une bonne initiative et merci d'avoir investir chez soi

    16/07/2018 10:22:14

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