Éric BONIN, Expert en Orientation scolaire

A ces questions, Éric Kwamivi BONIN, chef d’entreprise et président du Réseau des chefs d’entreprise (RCE) du Togo pense qu’il ne faut pas chercher loin.

M. Bonin estime que ces jeunes entrepreneurs qu’ils soient dans le domaine agricole, agroalimentaire ou tout autre font tout simplement preuve d’inexpérience et ne se donnent pas assez du temps à l’apprentissage avant de se lancer.

"Beaucoup de ces entrepreneurs devraient d'abord être des employés et apprendre avant d'arriver à ce niveau et essayer de gérer", lâche –t-il.

Pour lui, c’est vraiment absurde qu’un jeune inexpérimenté, qui n’a jamais rien géré ou mieux qui a ses diplômes sortis de l’Université ou d’une école de Brevet de Technicien supérieur (BTS) se prévaloir aussitôt entrepreneur.

"L’Etat ou tout bailleur qui finance un projet soumis par un entrepreneur de ce genre, le résultat ne peut être que ce que nous avons aujourd’hui. Beaucoup de projets ont échoué parce que, certains jeunes, une fois, qu’ils ont le financement pensent rapidement à aller prendre un véhicule au port avant de continuer le projet avec le reliquat. Ou qu’un projet qui nécessite un financement de 10 millions, on réduit ça finalement à 3 millions. Ça ne peut jamais marcher", analyse M. Bonin.

Le réquisitoire de M. Bonin ne s’arrête pas seulement aux jeunes, les médias et le corps enseignant en ont eu pour leur compte.

"Comment peut-on comprendre que sur les médias locaux, il y a plus d’émissions et de programmes de distraction que d’émissions éducatives? Comment on peut expliquer qu’il y ait plus de vendeurs d’illusions que des programmes pour former l’élite de demain? Comment peut-on comprendre que les enseignants n’encouragent pas vraiment les élèves à avoir une vie associative dans les écoles ? ", s’interroge –t-il.

Après le diagnostic, la thérapie

Pour l’expert en orientation scolaire au Togo, Eric BONIN pense que le chantier est vaste et que chacun des acteurs doivent pouvoir jouer leur  partition.

D’abord, il conseille aux jeunes qui souhaitent se lancer dans l’entrepreneuriat d’aller chercher de l’expérience, s’armer suffisamment avant de se lancer.

Ensuite, aux établissements d'encourager la vie associative dans les écoles, inciter les élèves à être membres de ces groupements, les préparer au grand leadership et à leur apprendre notamment, comment travailler en équipe ou en communauté.

Enfin, aux médias d’encourager des émissions éducatives en faisant intervenir les cas de réussite agropastorale par exemple pour intéresser les jeunes.

En cela, il va loin en suggérant même à l’Etat via la Haute autorité de l’audiovisuelle et de la communication (HAAC) d’imposer un quota aux médias locaux sur les programmes éducatifs à diffuser chaque jour.

2 Contribution(s)

  1. issobassi say:

    Le grand mal de l'exllence de l'entrepreneuriat est en premier le manque d'expérience. Ensuite il faut rejeté l'echeque sur les institutions de financements des jeunes qui souvent demandent aux promoteurs de réduire drastiquement le budget : ceci un un grand mal. il faut noté le manque de bons analystes de projets au siens des institutions bancaires . le manque de suivi adéquat aux jeunes entreprises. Grave erreur de vouloir au niveau du gouvernement de faire de tout le monde un chef d'entreprise. il faut plutôt financer des GIE , en regroupant les jeunes en groupes.

    05/10/2018 19:09:11
  2. TATRABO Yawo say:

    Je pense qu'il faut aussi approcher les jeunes entrepreuneurs pour savoir les difficultes auxquels ils sont confrontes car il y a des jeunes qui maitrisent ce qu'ils font et n'achetent pas de voiture avec leur financement. L'Etat doit creer un atmosphere favorable aux affaires en mettant en place des mesures incitatives pour les jeunes. Par exemple exempter les jeunes qui viennent de creer leur entreprise de taxes et impots sur 1 ou 2 ans, le temps que ces jeunes se fassent connaitre sur le marche.

    05/10/2018 11:25:25

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