Président de la génération Z, élu du district de Gamboma2, la plus grande circonscription électorale du Congo,  Antoine, 26 ans, mène un combat acharné pour le développement rural dans son pays.

Il est l’un des 150 jeunes leaders africains à participer du 20 au 27 juin à Bejing et à Sichuan en Chine au 3ème festival Chine-Afrique.

A Sichuan où Agridigitale l’a rencontré, Antoine à cœur ouvert, a livré sa vision du continent, de son pays le Congo qui selon lui, est un véritable coffre-fort de la richesse du monde.

Il a notamment appelé la jeunesse à se mettre sérieusement au travail.

"Les jeunes africains doivent aimer leur pays. Chacun de nous doit penser à ce qu'il peut apporter à son pays et doit associer rigueur et sacrifice. Car c’est le prix à payer pour s'imposer dans le monde", a-t-il confié dans cet entretien exclusif du journal Agridigitale.

Qu’aviez-vous retenu de ce 3ème festival Chine-Afrique qui s’est achevé à Sichuan en Chine ?

Je suis très impressionné et très étonné. Jusqu'à ce jour et jusqu'à cet instant, je ne cesse de m’interroger si les chinois sont des robots.

Parce qu’ils travaillent sans relâchement, sans fatigue, avec  rapidité et  rigueur.

Ainsi ce que je retiens premièrement, c'est que les chinois sont des travailleurs acharnés et  qu’ils ne sont aujourd'hui arrivés à ce niveau de développement que grâce au travail et à la bonne volonté.

Deuxièmement que les Chinois pensent à leur pays,  ils veulent donner quelque chose au pays. Ils pensent au pays avant de songer à eux-mêmes. Ils sont centrés sur le développement de leurs pays et l’émergence d’une nation puissante et développée.

Quel message à la jeunesse africaine ?

Je vais être très dur avec la jeunesse du Congo,  parce que je me rends compte qu’il n’y a pas de secret ou de formule magique qui a amené la Chine au développement si ce n'est le travail.

Les jeunes doivent travailler, travailler pour le pays. Les jeunes doivent penser au pays. Chacun de nous doit penser à ce qu’il va apporter au pays.

Nous avons un pays très riche qui est un coffre-fort de la richesse du monde. On trouve un peu de tout au Congo.

Alors, si les jeunes congolais, les jeunes Africains, veulent que leurs pays puissent croitre au même titre que  la Chine, ce n'est que par le travail. Cela dépend de leur volonté. Si ils le  veulent réellement, on deviendra comme la Chine.

Et cela ne peut se faire que par le travail acharné, par la rigueur, par le sacrifice. S'oublier et penser au pays.

Pour ma part la première des choses que nous avons dans nos différents pays, c'est la terre, une terre fertile propice  à l'agriculture.

Nos terres, aujourd'hui sont encore vierges. Nos pays sont à développer. Chacun de nous devrait cibler un domaine et se mettre à fond. Il n'y a que ce sacrifice à faire pour conduire nos Etats au développement.

Antoine Bienaimé Obam'Ondom

Justement parlant de terres, votre pays le Congo en dispose énormément. Mais pourquoi l’agriculture peine à décoller ?

C'est vrai, on n'est pas au top comme la Chine !  Mais je pense que guider par  la volonté du président de la République qui exige depuis un moment, même à ceux qui occupent de hautes fonctions administratives  à se lancer dans les activités agricoles, est déjà une très belle démarche.

Certains le font déjà et le pays  avance. Chacun de nous dans son petit village a un champ et je pense que les jeunes devraient aussi se lancer et profiter de cette dynamique naissante.  

J’envisage même de proposer une loi ou encore de suggérer si cela relève des prérogatives du  ministère de l'enseignement, que l’obtention finale du Baccalauréat  ou du diplôme d’étude secondaire,  soit soumis à la  réalisation d’un projet agricole.

Le jeune pour obtenir son diplôme doit apporter quelque chose à l'Etat, une réalisation agricole concrète qui contribuera à l’essor économique de son pays. C'est un don qu'il fait à l'Etat.

A  un moment donné, on a besoin d'une dictature dans ce sens.  Si on peut imposer cela aux jeunes, nous irons de l'avant dans le domaine agricole. 

Mais je reste convaincu d’une chose.  Maintenant que tout le monde parle de l'agriculture, il y a des gens qui voyagent, qui  regardent  les autres qui s'inspirent et l'Afrique d'ici quelques années sera grand et bien développé.

Les jeunes pensent que la terre ça ne marche pas. On ne peut pas gagner sa vie en étant paysan. Qu’en pensez-vous ?

Mais ces jeunes se trompent! Penser que faire de l'agriculture, c'est rester au ban de la société, un citoyen de second zone, ils se trompent. Quand celui qui est président de la République chez nous, son activité principale est l'agriculture, quand ceux qui sont ministres vont faire de  l'agriculture?

Est-ce qu'on peut devenir millionnaire en étant professeur de philosophie ?  Non! Les jeunes aujourd'hui  après le Bac vont faire la philosophie à l’université, c’est un véritable gâchis.

Notre pays n'a pas besoin d'un philosophe. Aussi, si vous étudiez Platon, Platon n'a rien à voir en réalité avec nous. Oui on a besoin de savoir ce qu'il a dit, de lire ses écrits mais dans le concret, au jour d'aujourd'hui, là maintenant, dans nos pays, on n'a pas besoin d'apprendre Platon et autres.

Vous avez dit tout à l'heure que même le président Denis Sassou Nguesso a pour activité principale l'agriculture.  Il cultive quoi donc?

Le président Denis Sassou Nguesso a investi dans les  plantations de tomates. Le président s'est lancé dans la tomate car nous en importons énormément et cet aliment entre dans la préparation quotidienne des mets des congolais.

Moi, dans ma circonscription, si je peux faire l'agriculture, ce sera l'igname.

Chacun de nous doit apprendre à connaître le Congo. 

Il faut d'abord connaître le Congo et de voir partout,  chacun dans quel secteur par rapport à ses passions, par rapport à ce qu'il aime  ce qu'il peut apporter.

En marge du festival en Chine, vous aviez échangé avec beaucoup d’investisseurs. Quels sont les secteurs qui marchent au Congo?

Dans le domaine agricole et dans la médecine. J’ai convaincu les investisseurs  à venir construire au Congo des hôpitaux, à mettre en place des infrastructures de la télécommunication et des réseaux mobiles. Ils peuvent gagner beaucoup en investissant dans ces secteurs.

Le Congo est un vrai coffre-fort, il y a un peu de tout. Les investisseurs peuvent venir consulter l'Agence de promotion des investissements et chacun de nous, chacun d'eux peut se lancer dans un domaine.

Il y a un peu de tout chez nous sinon il y a tout. Même dans le tourisme aujourd'hui, nous sommes l'un des rares pays à avoir un fleuve et la mer.  C'est un secteur où on peut investir.

Aujourd'hui, on parle de la transition écologique, de l'économie verte et notre président est un fervent activiste,  un président très pragmatique.

C'est  dans ce sens qu'il est parmi les initiateurs du fonds bleu qui est aujourd'hui un fonds international qui vise à financer des projets de protection de l’environnement.

Notre pays fait partie du bassin du Congo qui est aujourd'hui le deuxième poumon mondial et le monde entier devrait se mobiliser autour de ce genre de projet environnemental pour l'avenir de l'humanité. 

Si aujourd'hui, le bassin de Congo se détruit, je pense que c'est le monde qui va être détruit.

Je pense qu’après l'Amazonie, c'est le bassin du Congo. Les investisseurs peuvent s’intéresser  aux projets environnementaux, touristiques.

Moi, je préfère oublier le pétrole parce que le pétrole fait beaucoup d'histoires longtemps au Congo.  On a compté sur le pétrole, aujourd'hui on est noyé.

Le climat des affaires est-il vraiment favorable aux potentiels investisseurs ?

Bien sûr que oui ! Pour faire les affaires, le premier climat ou le premier aspect c'est la paix. Le Congo est un pays en paix et ouvert.

Il y a les routes, des infrastructures, on peut faire tout le pays déjà en voiture, il y a un chemin de fer, il y a des aéroports partout. Je pense que le facteur numéro 1, c'est la paix et le numéro 2, ce sont les  infrastructures.

En une ou deux phrases, si on vous demande de vendre le Congo, qu'est-ce que vous allez dire?

Le Congo est un pays riche, ouvert, accueillant un peu plus tolérant où il y a toutes les opportunités, pourvu d'aimer le Congo, d'avoir la volonté, d'être sérieux, de penser à un partenariat gagnant-gagnant et je pense que vous pouvez faire vos affaires dans notre pays.

Le combat pour les Etats africains aujourd'hui, c’est de faire de l'Union africaine, une force de proposition et aux jeunes africains, c'est de travailler.

Les jeunes africains doivent aimer leur pays. Chacun de nous doit penser à ce qu'il peut apporter à son pays et d'être rigoureux de se sacrifier. C’est le prix à payer pour s'imposer dans le monde.

1 Contribution(s)

  1. Amadou Nouhoun say:

    Bonjour. Analyse pertinente surtout dans un contexte africain où l'impératif du développement est une obligation. Mais là où le discours de ce jeune député pêche, peut être dû à son jeune âge ou même à son inculture, c'est sa position sur l'enseignement de la philosophie dans son pays. Peut on se développer en se focalisant sur uniquement l'agriculture où bien devrions nous pensez notre développement dans un ensemble ? Faire croire que l'enseignement de la philosophie est inutile parce que tout simplement on a fait un voyage en Chine et qu'on a vue des chinois travailler comme des robots est une vue d'un esprit nain. Tout développement d'une nation se repose fondamentalement sur une philosophie bien déterminée. Pensez vous que les USA sont la première puissance tout simplement ils possèdent des armes les plus sophistiquées ? Non, au delà de la puissance de feu américaine, il y a toute une feuille de route pensée et réfléchie il y a 50 voire 60 ans. Alors si ce jeune député pense que les africains n'ont pas à réfléchir mais plutôt à retourner tous dans la terre. On verra bien ce qui va se passer. Le développement est un tout. Personne n'est à exclure dans le processus du développent. Tout congolais, quelque soit son statut doit apporter ma modeste contribution à l'édifice de la nation. Je suis vraiment désolé que ce député pense ainsi.

    04/07/2018 08:31:18

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