La mauvaise herbe  ou  adventice  en français, weeds  en anglais, sont les termes incontournables de la malherbologie. Mondomdéwa AGATE, Ingénieur des Travaux Agricole à Institut Togolais de Recherche Agricole et du Centre de Recherche Agronomique du Littoral (ITRA/CRAL) s’intéresse de très près à cette science dont il est l’un des rares spécialistes au Togo.

Contraintes et importance du malherbologue

Les mauvaises herbes sont un des principaux problèmes biologiques qui touchent l’agriculture tropicale.  C’est pourtant celui qui est le plus sous-estimé. Au niveau mondial, la production alimentaire est directement affectée par ce problème dont personnes n’en parlent aujourd’hui.

Les mauvaises herbes représentent une contrainte d’autant plus grave qu’elle touche plus particulièrement les pays en voie de développement : jusqu’à 25% de pertes de production dans les zones tropicales contre 5% en zone tempéré.

La première analyse mondiale montrait qu’en Afrique, ces pertes étaient de l’ordre de 10 à 56%(Cramer, 1967). Dans la région maritime du Togo, des études antérieures ont estimé à 85% les pertes de rendement en maïs-grain pour une culture non entretenue (Schmid, 1983).

La valeur des pertes de récolte et les coûts occasionnés par la lutte contre les adventices pris ensemble sont généralement supérieurs à ceux dus aux autres nuisibles. La pression et les dommages causés sont potentiellement plus importants dans les systèmes intensifs à fort taux d’utilisation d’intrants.

Cependant, il faut noter que les adventices n’ont toujours pas suscité assez d’attention et d’intérêt en rapport avec l’importance des malherbologues dans l’agriculture. Dans les systèmes agricoles les moins avancés comme les nôtres, ils ont tendance à être banalisés du fait de la constance du problème et du caractère insidieux des dégâts causés par les adventices.

Aujourd’hui, le contrôle des mauvaises herbes se fait de plus en plus par l’intermédiaire des herbicides. L’utilisation des herbicides en agriculture croît rapidement dans le monde. En Europe, les herbicides sont depuis très longtemps les intrants chimiques les plus utilisés en agriculture en comparaison avec les insecticides et les fongicides (Djétély et al., 1983).

En Afrique occidentale, dans certains pays comme la Côte d’Ivoire et le Nigeria, les herbicides sont très utilisés dans les champs de cultures industrielles (Lawson, 1983). Cependant, au Togo en particulier, les herbicides sont souvent méconnus par les paysans.

Ils utilisent des produits inadaptés et non homologués à des doses faibles ou trop fortes et à des phases de végétation non propices. Cette situation occasionne souvent des phytotoxicités sur la culture et aussi des dommages à l’environnement (sols et eaux).

L’acuité du problème de la lutte contre les adventices dépend en premier lieu de la nature de la végétation responsable de l’infestation. Le comportement des plantes adventices et leur réaction aux opérations de lutte varient selon le type d’espèce qui compose la flore adventice et sont déterminés principalement par leur nature botanique, leurs caractéristiques biologiques et écologiques par le malherbologue qui propose (prescrit) ensuite un produit (herbicide) spécifique par rapport à la plante identifiée.

Domaine d’intervention

Les domaines d’intervention du malherbologue concernent l’agriculture, l’horticulture, les domaines aquatiques (cours d’eau, lacs) et les espaces publics, notamment les réseaux de communications, et plus généralement tous les espaces dans lesquels il est nécessaire de gérer le développement de la végétation.

Elle comprend d’une part l’étude des plantes qui peuvent avoir effet sur l’économie ou sur notre environnement, en prenant en compte notamment la physiologie, la génétique et l’écologie végétale, et d’autre part l’étude de la gestion de la végétation, comprenant celle des outils disponibles tels que les systèmes de cultures, les herbicides, les techniques de gestion et la génétique des semences.

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