Ne disposant pas de garanties suffisantes pour convaincre les banquiers qui n’ont pour Dieu que le profit maximal, ces derniers ont de la peine à réaliser leurs projets qui nécessitent un financement.

Pire encore, les changements climatiques ont fait changer d’avis à ces quelques rares banques qui ne se voient pas investir dans les projets à la merci des facteurs que personne ne peut mesurer avec précision. C’est alors que les institutions de microfinance IMF se sont taillé cette place de monopole d’octroi de crédit aux producteurs agricoles surtout en milieu rural.

Si les IMF sont reconnues comme venant en aide aux producteurs agricoles, ces derniers ne sont pas totalement satisfaits des services rendus par leurs sauveurs.

Des services dérisoires offerts aux demandeurs

Les membres utilisant les services des IMF sont tous des clients et doivent être considérés et traités avec soin. Malheureusement ce n’est pas le cas dans le traitement de ces producteurs agricoles qui font des chiffres d’affaires significatifs à ces IMF.

Les taux d’intérêt proposés dans les institutions reconnues telles que la faîtière des unions de coopérative d’épargne et de crédit (FUCEC), la coopérative d’épargne et de crédit des Assemblées de Dieu (COOPEC AD), et l’union renouvelée des coopératives locales d’épargne et de crédit (URCLEC) sont dans l’ordre de 12 à 19% voire plus chez d’autres institutions.

Le problème récurrent est le manque d’explication concrète et d’assistance des demandeurs de crédits lors de la phase d’ouverture de dossiers. Cette situation négligée par les prêteurs constitue l’une des raisons du taux élevé de non remboursement et de pertes de clients.

Les agents de crédits traités d’incrédules par les demandeurs

Les producteurs agricoles dans la phase d’ouverture de crédit ne sont souvent informés que de ce que les agents de crédit ne pensent importants pour eux tels que les échéances de remboursement et les montants à rembourser. Même si certains sont informés, ils ne retiennent que ce sur quoi l’agent a insisté. En fin de compte, on assiste à des retours pour des demandes de nouvelles procédures par le producteur, autres que les engagements qu’il a signés.

«J’ai obtenu du crédit à COOPEC AD. A l’approche de la date de remboursement, je n’avais pas encore vendu mes produits et donc je suis allé les voir pour prolonger la durée du crédit. Ils ont refusé ».

Tels sont les propos d’un producteur agricole déçu par les services de l’institution et qui trouve que l’agent de crédit est incrédule. On lui aurait expliqué que les fonds n’appartiennent pas à l’agent de crédit, l’engagement est lié à un système informatique que l’agent de crédit ne pouvait à tout moment manipuler de façon volontaire, qu’il aurait pris ses dispositions. L’erreur étant déjà commise, une façon de vérifier la présence du produit agricole et assister le producteur à trouver une solution aurait réparé le tort ne serait-ce en partie.

La période d’octroi et de remboursement des crédits est mal gérée

Une enquête auprès des IMF a révélé que la durée des crédits agricoles ne dépasse pas un an. Ceux-ci ont raison s’ils tiennent compte de la durée des itinéraires techniques des différentes spéculations. Cependant,  une mauvaise programmation des dates d’octroi agit sur le remboursement, ce qui s’avère une autre faute commise par les chargés de cette activité.

Si la fourchette des dates d’octroi du crédit pour la culture de maïs se situe entre Avril et juin, et que le crédit agricole n’est pas supérieur à douze mois en termes de durée, il serait mieux de l’octroyer un peu plus tard pour allonger le délai de remboursement. Plus concrètement, il serait mieux d’octroyer le crédit au producteur dans les derniers jours de la fourchette pour lui permettre de bénéficier des jours ou mois de plus.

«J’ai vendu ma récolte de maïs  2 semaines après, le prix du maïs est monté de 40% ; je savais bien que les jours étaient proches pour que le prix du maïs augmente mais je n’avais pas le choix parce que j’ai joué toutes mes cartes », affirme un autre producteur.

Aucune solution n’a été trouvée à ce dernier et s’il ne prend aucune précaution, il va continuer par tomber dans les mêmes erreurs, ce qui ne lui garantira jamais un épanouissement.

L’assurance décès méconnu par les demandeurs

Beaucoup de frais sont payés par les demandeurs de crédit. Cependant les IMF ne prennent pas soin d’expliquer la raison d’être de ces frais aux demandeurs qui n’en bénéficient pas. Particulièrement, l’assurance décès est l’un des frais moins connu des demandeurs. Nos enquêtes ont permis de se rendre compte que peu de bénéficiaires de crédit savaient qu’ils payaient les frais de l’assurance décès et beaucoup n’étaient pas au courant du paiement de ces frais et ne connaissaient pas non plus le rôle de l’assurance décès. Alors qu’il y a, ou il peut avoir des producteurs décédés qui ont payé ces frais et n’en auront pas bénéficié. 

Bien traiter les actionnaires des IMF

La majorité des producteurs agricoles n’ont accès au crédit dans les IMF qu’en devenant membre. Cela sous-entend qu’ils sont les actionnaires de ces IMF et participent à leurs capitaux. Pour ce faire, ils doivent être bien traités en tant que clients et bien informés en tant qu’actionnaires. Ceci va dans l’avantage des deux acteurs. Une bonne prestation des services des IMF aura des impacts positifs sur le remboursement du crédit qui demeure le problème majeur entre les deux acteurs.

Préconiser la théorie de l’information

Les IMF doivent développer des stratégies pour assurer une bonne communication avec leurs clients en tenant compte de leur capacité d’écoute, de compréhension et de leurs comportements. Elles doivent toujours informer leurs clients sur les moindres détails pour que ceux-ci ne minimisent aucun risque. A ce rythme, elles pourront répondre favorables au maintien du monopole du crédit agricole et rural.

Mots-clés :

Votre avis