Face aux multiples souffrances qu’inflige le travail de la terre surtout la préparation du sol, certaines populations de producteurs agricoles s’accrochent à la culture attelée en attendant l’effectivité d’une mécanisation agricole qui tienne compte de leurs aspirations.

Une enquête du journal Agridigitale dans la préfecture de Dankpen (nord-Togo) où le système est très répandu a permis de ressortir les tenants et les aboutissants de ce système de culture.

Pas besoin de millions pour s’en approprier

Le matériel de la culture attelée composé de deux taureaux liés à un dispositif qui permet de labourer le sol lors du déplacement des deux animaux. Pour ceux qui l’adoptent, la plupart sont éleveurs bovins et n’ont plus besoin d’acheter les taureaux.

Le ménage Binanghan à Idambado à 20 km de Guérin-Kouka n’a dépensé que 110 mille francs CFA pour s’acquérir du matériel de culture attelée. «Nous avions déjà les taureaux ciblés dans le troupeau du ménage et nous n’avons qu’acheté le dispositif de labour», raconte N’Tigoulba un membre du ménage.

Pas besoin des hectares pour en bénéficier

La culture attelée prend en compte les petites exploitations familiales, une des réalités du système agricole togolais auxquels elle répond. Contrairement aux prestataires de labour par tracteur qui ne se déplacent que pour de grandes superficies, le labour par le mécanisme attelé est disponible aux plus petites superficies qui sont les plus nombreuses au Togo.

D’ailleurs, son prix de prestation de labour est fixé à partir du quart de l’hectare, ce qui correspond à 6 mille F cfa soit 24 mille F cfa à l’hectare.

Attention, il y a des pièges

Le labour attelé même si le coût de sa prestation n’est pas loin de celui des tracteurs est préféré de ceux qui l’adoptent. Au-delà des raisons évoquées pour expliquer la forte utilisation du matériel de labour attelé dans la zone, N’Téyé producteur agricole, fils de Dankpen explique : «nos populations aiment le labour attelé parce que les sillons sont plus petits avec ce système et donc plus de lignes et de poquets pour le semis».

Mais attention, ajoute-t-il «le labour du système attelé n’est pas souvent profond et une fréquence de pluies entraîne une stagnation de l’eau entre les sillons».

Laisser les escaliers pour prendre l’ascenseur

Selon les enquêtes menées auprès des ménages disposant du matériel de culture attelée, le système peut labourer en moyenne un hectare par jour. A l’heure où l’alarme de la relance du secteur agricole a sonné au Togo, le labour attelé ne s’avère pas un outil adéquat pour une production agricole créatrice de richesses, d’emploi et garantie du développement de l’agro-industrie.

Mais en attendant que solution soit trouvée aux problèmes d’accessibilité du matériel «adéquat» de mécanisation agricole et ceux du morcellement des parcelles au Togo, la culture attelée va continuer par battre son plein dans son fief et peut-être gagner le terrain.

Mots-clés :

Votre avis