Tête couverte de haillon servant de protection contre le soleil, la vieille dame évolue à pas rassurés dans l’arrosage des planchers vides. L’on se demande si elle s’amuse à le faire. «J’arrose les planchers pour le semis qui aura lieu dans la soirée», lance –t-elle à agridigitale.

Elle totalise actuellement 32 ans d’expériences dans les activités maraîchères. Malgré le poids de l’âge, la fatigue, Adakpameto n’a droit à aucune retraite. «Si je continue par travailler, c’est parce que je n’ai plus d’enfants. Dieu m’a arraché tous ceux qu’il m’a donnés. S’ils étaient présents, ce devait être le moment pour qu’ils prennent soin de moi», confie-t-elle avec l’air attristé.

Malgré tout, elle ne se plaint pas trop de sa situation. «Je gagne au moins 4 000 Fcfa par semaine et le travail de la journée de dimanche est facultatif mais payant. Grâce à cette rémunération, j’arrive à subvenir à mes besoins», ajoute-elle.

Elle pense que le maraîchage paie mieux que l’agriculture et souligne qu’elle n’a pas trop besoin d’aide.

«Il y a des gens qui ont plus besoin d’aide que moi. Ceux qui pratiquent l’agriculture autre que le maraîchage souffrent de trop. J’ai un frère dans une ferme. Quand j’y vais, j’oublie mon cas. Il faut moderniser les outils de travail de la terre pour au moins les soulager. Quel que soit la souffrance qui se trouve dans le maraîchage, elle ne peut être pire. On y trouve au moins à manger. Dans les fermes, les gens cultivent mais sont affamés», s’indigne –t-elle en guise de prise de conscience.

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