C’est là qu’intervient la nécessité de confier les bêtes à ceux qui répondent aux critères en vue d’un partenariat gagnant-gagnant. Ousmane Yakoubou, éleveur spécialisé dans l’élevage des bœufs d’autrui, résidant à Kawouli (région de la Kara) partage son expérience avec Agridigitale.

Eleveur à la base

Il y a dix ans, j’ai quitté la localité de Kabou toujours dans la préfecture de Bassar pour m’installer à Kawouli où je réside actuellement. J’étais arrivé avec 6 vaches dont 2 dons de mon papa, 2 dons de ma maman et 2 m’appartenant. J’ai acheté un taureau de plus et j’ai lancé mon élevage. C’est de là que les riverains de la localité ont commencé par me confier leurs bœufs.

Du Gagnant-gagnant

Entre celui qui me confie son troupeau et moi, c’est un contrat gagnant-gagnant. Moi, je m’occupe de son troupeau et en contrepartie, il me cède la deuxième ou la troisième mise bas du troupeau selon son choix. Pour ce troupeau de base, le contrat demeurera mais pour les veaux qui naîtront, je me charge de leur élevage et celui de leur progéniture sans contrepartie.

Un très bon métier

Moi, je vis principalement de ce métier. Si je m’étais attardé sur mon troupeau de 7 bœufs, ma situation socio-économique n’aurait pas été égale ou mieux que celle que je vis actuellement. Je prends en charge mes deux femmes et mes 9 enfants, j’ai un logement et je viens d’acheter une nouvelle moto après qu’on m’ait volé l’ancien.

En plus, je m’en sors facilement lors des événements familiaux (mariages, cérémonies, et autres) qui sont très coûteux dans notre coutume.

Les difficultés existent

Souvent nos contrats avec les propriétaires des troupeaux se limitent au partage des veaux. Après, j’ai des difficultés à réclamer d’autres charges issues de l’élevage et qui ne sont pas souvent prévues telles que les vaccinations et la contribution du propriétaire du troupeau en cas de dévastation d’un champ.

Surtout au niveau de la vaccination, quand je la prends en charge, je ne suis pas remboursé. Il arrive aussi qu’un bœuf soit malade ; si tu n’avertis pas le propriétaire le plus tôt possible avant qu’il ne meurt, tu es dans de mauvais draps.

Une idée sur le cheptel

Nous n’avons pas cette habitude de compter les bêtes de nos troupeaux selon notre coutume, mais je peux vous dire que je gère une centaine de bœufs dont le quart est ma propriété.

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