Belle réussite du maïs à base du champignon

Parmi ces chercheurs, Kossi AGBALENYO, responsable de l’ONG AGIDE basé à Davié (20km au nord de Lomé/Togo) qui développe depuis 20 ans des stratégies pour aider les paysans à augmenter la résistance de leurs plants quand la pluie venait à manquer et à surtout augmenter le rendement à l’hectare.

"Il faut coûte que coûte sauver le champ du paysan", a-t-il lancé à une équipe du journal Agridigitale qui a visité ses différents sites d’expérimentations de ses solutions à base du champignon.

Les résultats sont époustouflants. Il est l’invité ce vendredi du journal.

Résultats des recherches

Nous nous sommes basés sur le fonctionnement naturel pour concevoir des produits capables d’apporter de l'eau à la plante de sorte à résister au stress hydrique.

Il s’agit respectivement de MICOTRI et du MICOPLUS. Il y a aussi un insecticide qui tue les insectes qui s'attaquent aux cultures sauf les abeilles. C’est le METAZIA.

Le dernier produit contient des bactéries capables de fixer l’azote pour donner une partie à la plante qui lui donne en retour du sucre.

Tous ces produits sont essentiellement fabriqués à base de champignon et ils peuvent être utilisés sur toutes les cultures y compris les plantes.

Pourquoi le champignon ?

Nous sommes une ONG écologique. Donc nous voulons utiliser une approche écosystémique. En examinant ce qui se passe dans la nature, nous avons découvert que le champignon occupe une place importante dans le processus de développement des plantes.

On s’est donc dit qu’il faut forcément partir des champignons pour réussir tous les autres processus afin de promouvoir un mode de vie et d'exploitation qui préserve les richesses et l'intégrité des écosystèmes.

Notre soucis majeur, c’est de détruire moins, de pouvoir recycler les déchets.

Ça pousse comme des champignons

Chez les meilleurs paysans normalement, avec les engrais, la moyenne du maïs par hectare c'est 2 tonnes. L'ITRA, en station avec 6 sacs d'engrais a obtenu  3 tonnes mais quand ils ont réduit les engrais de deux tiers, puis ajouté nos produits, ils ont obtenu 4 tonnes. Ça fait une tonne supplémentaire.

Il y a ce que nous appelons arrière effet du produit; quand vous les utilisez, le champ commence par produire beaucoup de biomasse. L’avantage c'est que les herbes poussent beaucoup et quand les herbes poussent beaucoup, c'est eux qui vont pourrir et vont fertiliser la terre d'année en année.

Depuis que les paysans ont commencé à utiliser nos produits, il y a de cela deux ans, ils ont remarqué l'augmentation de la fertilité. 

Les produits à base du champignon augmentent la fertilité du sol d'année en année.

Les paysans qui utilisent nos produits obtiennent toujours 5 tonnes à l’hectare parce que la fertilité est restaurée. Un paysan a même obtenu 7 tonnes d'arachides à l'hectare. 

Par exemple, les producteurs maraîchers de la zone portuaire ont augmenté leurs revenus de 50 %.  C’est les résultats d'une étude menée par le ministère de l'Agriculture.

Normalement, le haricot semé en terre sèche ne germe pas mais avec nos produits, ça a germé et ça pousse. Nous avons fait pareille pour le soja.

Nous l'avons semé il y a plus de huit semaines mais, depuis, il n'a pas plu mais, ils ont bien poussé et sont à un mètre sans la pluie.

Nous avons des maïs qui sont à plus de trois mettre avec de gros et longs épis situés à deux mettre. Le rendement est environ cinq tonnes par hectare.

Transfert de savoirs

C'est d'amener les paysans à connaître l'importance du champignon dans le processus agro écologique,  les utiliser pour améliorer le rendement et réduire les effets du changement climatique sur les cultures.

Pour y arriver, il est fondamental de combattre la pauvreté c'est pourquoi nous mettons l'accent sur le développement de l'initiative de l'auto emploi chez les jeunes.

Et pour cela, nous recevons chaque année, des stagiaires venus des universités du Togo, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, de la France et du Canada. Nous formons également des producteurs.

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