Certains réussissent et s’en sortent millionnaires.  Par contre, d’autres, sont déçus, perdent tout.

Ces frustrations sont remontées à la rédaction du journal Agridigitale qui a souhaité à son tour, comprendre ce phénomène complexe qui fait, d’un côté des millionnaires et de l’autre, des gens complètement ruinés.

Pour lever le voile sur le secret, c’est un doyen de la profession agricole au Togo,  Dr. KPEMOUA kossi Essotina, Directeur Scientifique de l’Institut Togolaise de Recherche Agronomique (ITRA) qui partage ses nombreuses années d’expériences.

"Tenez-vous bien, en agriculture, faut jamais improviser, il y a plusieurs paramètres à prendre en compte", conseille Dr Kpemoua.

Le site, la spéculation et le marché

Le site, c’est là où l’on veut faire sa plantation. Le Docteur KPEMOUA conseille de le faire visiter par les techniciens de l’Institut de Conseil et d’Appui Technique (ICAT). Ils se chargeront de faire un travail minutieux pour savoir s’il s’agit d’une zone montagneuse, forestière ou autre.

La spéculation se rapporte au produit sur lequel l’on veut investir. C’est primordial de pendre les renseignements afin de connaitre le cycle de la variété.

Cela permet de savoir à quel moment récolter par rapport à la période de semence.

Ensuite, il faut connaitre le marché du produit en question. Il ne faut pas attendre les récoltes pour chercher là où il faut vendre. C’est dès le départ qu’il faut se poser la question. Si je produits où je vais vendre ?

Le compte d’exploitation

C’est l’étape suivante selon le Directeur Scientifique de l’ITRA. C’est à ce niveau qu’on saura si la production sera rentable ou pas. C’est le rapport entre la superficie, la spéculation, l’investissement et le revenu.

Il tient compte du coût de revient des différentes étapes à savoir le labourage, la semence, le sarclage, le traitement, la récolte, le séchage, le conditionnement voire même de la transformation.

Connaitre l’itinéraire de production et combien coûte chaque étape par hectare et multiplier par le nombre d’hectare. C’est de ça qu’il s’agit ici.

A ce niveau aussi, il est conseillé de s’adresser aux techniciens de l’ICAT. C’est après tout ça qu’il faut élaborer un projet bancable.

La nécessité de se faire accompagner

Même après la semence, il faut continuer par se faire suivre pour bien tirer profit de sa production. Par exemple, tu sèmes, il y des manquants, c’est-à-dire qu’il a des plants qui ne sont pas au même niveau que les autres, si par exemple quatre plants ne se lèvent pas sur vingt, ça fait une perte de 20%.

Aussi, si vous ratez un intervalle de temps indiqué par la science, c’est perdu d’avance. C’est le cas par exemple de quelqu’un qui a commencé, il a labouré, il a acheté la semence, il a semé mais on lui a dit de sarcler et mettre l’engrais entre le 15ème et le 21ème jour, mais plus de 21 jours déjà, il n’avait même pas encore la main d’œuvre pour sarcler.

C’est pour éviter ce genre de choses qu’il faut nécessairement se faire suivre par les techniciens de l’ICAT. Surtout pour un débutant.

2 Contribution(s)

  1. Israël KPEMOUA say:

    Les points obscures ont été levés dans cette intervention du DS de l'ITRA. L'agriculture togolaise est en latence parce que l'on intervient pas là où il faut intervenir. Les politiques et projets mis en place ne se visionnent pas dans le sens de la formation. Il ne sert à rien de mettre à la disposition d'un paysan tous les moyens si celui-ci n'est pas outillé d'avance. Tout commence par une formation adaptée et non par des projets dont certains en profitent pour remplir leur poche. Pour ma part il faut élaborer une nouvelle stratégie de suivi des agriculteurs et pourquoi pas renforcé l'ICAT qui à un grand rôle à jouer dans ce processus. Pour couronner tout essayé d'investir plus dans la recherche agricole afin de mettre en place de nouvelles itinéraires techniques rentables et durable. Le développement du monde rural passe par une formation agricole adaptée et un accompagnement de pointe.

    19/07/2018 22:30:49
  2. Thierry say:

    merci beaucoup pour les conseils du directeur de l'ITRA. une éducation s'impose pour nos parents producteurs des zones rurales

    18/07/2018 14:19:37

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