A Lomé par exemple, l’urbanisation et les nouvelles infrastructures construites imposent aux ménages de trouver de nouvelles destinations pour leurs déchets ménagers jadis déversés directement dans les caniveaux ou mieux, sur les dépotoirs sauvages.

La donne a vraiment changé avec à la clé, de nouveaux acteurs, notamment, des sociétés de collectes ou de groupes de jeunes sans vocation réelle qui font des contrats avec des ménages pour vider leurs déchets une ou deux fois dans la semaine.

Les tarifs varient d’un ménage à un autre par rapport à sa taille, ou du nombre de colocataires. Ils varient entre 1500 à 5000F.cfa et plus.

Django incarne ce nouveau job

Communément appelé Egbé Kt, ramasseur d’ordure (langue parlée au sud-Togo), Django s’est lancé dans ce nouveau job comme un tremplin pour gagner de l’argent rapidement et finir son apprentissage en tant que couturier.

Très vite, il en a pris tellement goût.

"Au début, je louais le pousse-pousse pour ramasser les déchets de maison en maison. Mais Dieu merci, aujourd’hui je suis le propriétaire de mon pousse-pousse.  Je travaille six jours sur sept et je peux dire qu’avec les trois tours que je fais quotidiennement sur la décharge, je fais un chiffre d’affaires quotidien d’environ 5.000fr CFA ; ce qui me permet de vivre convenablement", a-t-il confié.

Rêve de construire une maison

Pour le jeune Django, être ramasseur d’ordures ménagères est comme pour lui, être fonctionnaire. Il vit de son métier malgré les difficultés.

"Même si à chaque tour sur la décharge on paye 500F.cfa comme taxe, c’est de ce métier que je vis depuis plus de six ans et je compte construire ma propre maison avec", a-t-il confié.

Il souligne que par rapport aux risques du métier, surtout de maladie, il ne badine pas avec sa santé. "A la moindre malaise, je vais directement à l’hôpital", témoigne –t-il.

Désir un tricycle  

Le business de Django marche mais il a besoin d’accompagnement pour prospérer dans le ramassage de déchets ménages dans beaucoup de ménages qui continuent par en faire la demande.

"Ça me ferait énormément plaisir que quelqu’un m’aide avec un tricycle pour faire mon travail mais pour le moment je me contente de ce que j’ai sous la main", souligne –t-il.  

Il martèle que le soulagement de ses clients lui procure une satisfaction totale.

"Quand je vide leur poubelle, je suis tout simplement animé par un sentiment de fierté. Et je suis très content d’apporter ma petite pierre pour maintenir l’environnement dans un très bon état", ajoute –t-il.   

Un métier pas très bien vu

Tout comme Django, plusieurs ramasseurs d’ordures subissent des railleries de la part de certains qui les considèrent comme de vrais ratés.  

"Souvent, quand je gare le pousse-pousse devant une maison pour vider les ordures, les maisoniers commencent par m’ordonner de vite faire pour enlever mes déchets là ici. Ils m’appellent Egbé Kt. Face à tout ça, je fais tout pour garder le sourire",  relève Django avec émotion.

Sous le chaud soleil, sous la pluie ou qu’il fasse grand vent, Django et ses amis collecteurs rencontrés ce milieu d’après-midi à Ablogamé (banlieue de Lomé) poursuivent un seul rêve, bien vider les ordures de leurs clients et vivre un jour, chez eux.

ANANI Etsri, de retour d'Ablogamé (Lomé)

                                                                                          

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