C’est une des parties de l’histoire touchante de Djagri devenu conducteur de troupeau bovin sur instruction de son papa.

Agé d’une quinzaine d’années environ, le jeune garçon a encore la nostalgie des meilleurs moments de l’école qu’il a laissée il y aura bientôt deux ans.

Né à Agbassa dans la préfecture de Doufelgou au Nord-Togo où il a grandi, Djagri et sa famille se sont retrouvés actuellement dans le canton de Nandouta (préfecture de Dankpen) toujours dans la partie septentrionale du pays.

Au nombre de 4 enfants issus de leurs parents, la sœur de Djagri a déjà rejoint le foyer conjugal ; Djagri et son jeune frère conduisent actuellement les bœufs de leur papa.

Le jeune garçon ne sait même pas si leurs parents leur ont établi une pièce d’identité ou pas ; tout ce dont il est sûr, c’est que la famille n’en a jamais parlé ni fait usage. Malgré tout, il se débrouille bien en expression française et montre vraiment son amour pour l’école. Agridigitale l’a rencontré !

Djagri pourra-t-il retrouver les bancs d’école un jour ?

« Je ne crois plus que ce soit la peine d’en parler, je ne suis pas sûr que mon papa revienne sur sa décision. Sinon j’ai tellement aimé l’école, si l’occasion le permettait et que ce n’est pas trop tard, je continuerai les études», reprit Djagri la tête baissée avec une grande désolation.

L’histoire de Djagri bien qu’elle soit touchante n’est pas encore le pire des cas. Ailleurs, des enfants n’ont même pas mis pied à l’école et sont directement envoyés à l’apprentissage agricole ou pastoral sur le tas.

En conséquence, beaucoup de talents sont gaspillés, les efforts de professionnalisation du secteur agricole amoindris, et les conflits entre éleveurs et agriculteurs maintenus. Avec le grand mouvement de relance du secteur agricole entamé partout en Afrique, il n’est plus normal que le secteur agricole regorge encore d’acteurs analphabètes.

Le PREPP compte mettre fin à l’analphabétisme en milieu pastorale

Conscients des nombreux soucis et obstacles qui naissent du faible taux de scolarité et du taux d’analphabétisme élevé au sein des communautés pastorales, le Programme régional d’éducation des populations pastorales en zones transfrontalières (PREPP) a été formulé et mis en œuvre dans les zones transfrontalières de l’Afrique de l’Ouest et du centre, en tout 5 au total.

Réunissant plusieurs acteurs et placé sous la coordination de l’Association pour la promotion de l’Elevage au Sahel et en Savane (APESS) basé à Ouagadougou au Burkina Faso, il s’agit d’un programme qui tient compte des réalités des communautés pastorales.

A travers le PREPP, les pays concernés entendent servir une offre d’éducation-formation aux communautés pastorales mobiles.

Comme résultat, il est attendu une réduction des conflits entre populations pastorales mobiles et agriculteurs sédentaires, une prise en compte des besoins fondamentaux des éleveurs dans les politiques de développement sectoriel et l’atténuation de la vulnérabilité des diverses communautés aux dérives extrémistes.

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