La terre ne te lâchera pas comme l’administration

Fonctionnaire de son état, Daniel a vu et continue par voir avec impuissance ses ainés de la fonction publique crever dès leur admission à la retraite.

"Ceux qui arrivent à s’en sortir un peu, ce sont ceux qui avaient eu très tôt, l’idée de construire une maison qu’ils ont mis en location. Et cela leur rapporte à peine 200.000fr par mois (c’est selon). Le reste, c’est la galère totale. Alors que parmi eux, il y en a qui ont des portions de terres un peu partout sur le territoire",  note d’emblée Daniel.

Pour empêcher aux autres de subir le même sort, Daniel a lancé un cabinet (WGC-Sarl) pour accompagner sur 5 ans tout fonctionnaire de l’administration togolaise à avoir une plantation d’orangers.

Des orangers qui peuvent tenir jusqu'à 30 ans

"C’est un projet à réaliser sur 200 hectares de sorte à rendre viable les terres dormantes achetées par les fonctionnaires et les compatriotes de la diaspora jusque-là inexploitées", détaille –t-il à agridigitale.

Et tenez-vous bien, les orangers qui arriveront à maturité d’ici 5 ans seront rachetés par une unité de production de jus d’orange qui sera installé.

"Le marché est assuré et le fonctionnaire retraité pourra mieux jouir de sa retraite pour autant d’années si on considère que les orangers tiennent pour une durée de vie de 30 ans", poursuit-il.

Daniel Komlavi AGBLEVON est l’invité spécial du journal agridigitale ce lundi, entretien réalisé sur ses exploitations à Agudja-Badja (43km de Lomé).

AGRIDIGITALE.NET : Un projet qui cible les fonctionnaires ?

AGBLEVON Komlavi Daniel : Nous avons remarqué que la plupart de ceux qui sont dans la fonction publique achètent des espaces mais ils ne les exploitent pas.

Or, à côté, il y en a qui ont besoin de ces espaces pour exploiter. En gros, il s’agit d’intéresser les fonctionnaires à libérer leur terre pour qu’on puisse les exploiter pour eux. Ils sont en fonction mais à côté, cela leur permettra d’avoir des ressources garanties sur une trentaine d’année au-moins.

Pour nous, Il ne s’agit pas d’attendre à 7 ou 5 ans de sa retraite pour se lancer dans l’agriculture.

Mieux vaut le faire plus tôt. Le temps qu’ils passent à boire dans les bars les week-ends, ils peuvent aller dans leur ferme. Je ne connais aucun pays qui s’est développé sans l’agriculture.  

AGRIDIGITALE.NET : Pourquoi le choix de l’oranger ?

Daniel dans son champ d'igname

AGBLEVON Komlavi Daniel : Concrètement, je veux avoir 200ha d’oranger d’ici 5ans. Le champ sera exclusivement leur propriété mais moi je vais les aider à produire et à la fin, j’achète les fruits.

Donc le projet vise dans un premier temps à sensibiliser tout ce monde-là que s’ils veulent s’assurer une bonne retraite, ce n’est pas la peine de construire pour mettre en location et gagner seulement 200.000 Franc par mois.

1ha d'oranger va rapporter au-moins 2.500.000 Franc CFA par an et ce pour au-moins 30 ans. Au fur et à mesure qu’il grandit, ça donne plus de fruits.

Arrivé à maturité, au tour de 15 ans, un seul oranger te donne 4000fr et sur un hectare il y a 400 pieds. Ce qui fait que par cueillette tu as 1.600.000fr. CFA alors que la cueillette, c’est deux fois par an.

Du coup tu as 3.200.000fr. CFA. Imaginez ce que peut gagner quelqu’un qui a 10ha.

AGRIDIGITALE.NET : Et que comptez-vous faire avec les fruits ?

AGBLEVON Komlavi Daniel : L’objectif principal, c’est de s’en servir comme matière première pour fabriquer du jus d’orange. Parce qu’à l’heure où nous sommes, on ne doit plus se contenter uniquement de la production. Il faut aller à la transformation.

Mais, à côté, nous voulons également livrer aux bonnes dames, des oranges en sachets pour éviter l’insalubrité dont on fait souvent face au bord de la route.

AGRIDIGITALE.NET : Combien va coûter vos prestations aux fonctionnaires?

AGBLEVON Komlavi Daniel : 0F ! Si les gens viennent vers notre cabinet, nous allons les orienter. Dans l’orientation il y aura l’information et la formation qui leur permettra d’être eux-mêmes dans le bain.

Ensuite, leur investissement consistera à débroussailler et dessoucher le sol, faire le piquetage, acheter les plans et les fientes.

Cela permettra de créer de l’emploi aux jeunes techniciens agricoles qui sortent des centres de formation. C’est leur propriété, on va les aider à les mettre en valeur puis après 5 ans, on rachètera les fruits dont les prix seront décidés d’un commun accord.

Nous serons l’acheteur exclusif pour alimenter notre unité de production de jus d’orange. Voilà, c’est le seul prix à payer !

AGRIDIGITALE.NET : D’où vous procurez-vous les plants ?

AGBLEVON Komlavi Daniel : Actuellement nous produisons nos plants au Bénin mais si on trouve quelqu’un qui fait ses preuves au Togo, on pourra s’en procurer.

Moi-même j’ai un hectare et demi que je vais démarrer d’ici fin avril. Les trois premières années, on fera des entretiens (par feu) et à partir de la quatrième année on commencera par avoir des fruits.

AGRIDIGITALE.NET : D’où vient cet intérêt pour le secteur agricole ?

Voici les premiers fruits d'une terre qui ne trompe pas

AGBLEVON Komlavi Daniel : Tout est parti de la soutenance de mon Master dont le projet portait sur la culture des ananas bio. À l’issue de ma présentation, le président du jury a promis me nommer jeune entrepreneur du groupe si j’arrive à réaliser ce projet. C’est à partir de là que je suis allé acquérir un espace de 02ha à Agudja-Badja (43 km de Lomé) en 2013.

Le 19 Mai 2017, j’ai débuté avec les ananas auxquelles j’ai associé les ignames, du noni, de la citronnelle. J’ai fait du forage pour faire du maraîchage. Il y a aussi des enclos pour l’élevage des poules et des petits ruminants. Ma ferme est alimentée par l’énergie solaire. 

L’administration peut lâcher quelqu’un mais la terre, jamais !

AGRIDIGITALE.NET : Vous êtes persuadé que la terre ne trompe pas…

AGBLEVON Komlavi Daniel : L’année passée, j’ai fait presque 4000 butes d’ignames qui m’ont remporté 800.000fr CFA mais à côté j’en ai offert et consommé. Sur demi-hectare, j’ai fait 16.000 pieds et j’ai obtenu 14.000 unités d’ananas dont je fais 10kg à 1150fr.

C’est vrai que jusqu’à ce jour, je ne fais qu’investir mais je suis persuadé que dans peu de temps, je vais commencer par récolter les fruits de mes efforts et ce sera pour une longue durée.

Mais, je ne veux pas faire cavalier seul. C’est pourquoi je lance cet appel à mes collègues de la fonction publique et de la diaspora à se mettre dans la dance avec moi.

6 Contribution(s)

  1. Agblevon k. Daniel say:

    Merci MELOMEY KODJO je vous toucherez inbox

    03/04/2019 09:19:21
  2. MELOMEY KODJO say:

    Bonjour Daniel, c'est avec beaucoup d'intérêt que j'ai suivi votre publication. Je vous félicite pour cette belle initiative qui à coût sûr sortira une grande partie de la couche sociale Togolaise de la pauvreté. Je sais que notre Chef de l'Etat, son Excellence Faure Essozimna GNASSINGBE aura de ton écho et étant dans cette dynamique de vaincre la pauvreté, le chômage de sa population,....à travers la PND, ferra un coup d'œil à ton projet. Sois fort et confiant.Je veux bien me joindre à toi. je suis au 00228 90179609.Bonne Chance à toi…...

    03/04/2019 08:13:02
  3. Agblevon k.daniel say:

    Mon contact c’est le +22890532242

    02/04/2019 13:10:26
  4. Agblevon k. Daniel say:

    Merci Mme Alouya

    02/04/2019 13:09:08
  5. Alouya mèhèza zita say:

    D'abord que Dieu vous fortifie dans se projet et que sa grâce soit ak vous Beaucoup de courage à vous Je vous rejoins bientôt

    02/04/2019 02:51:06
  6. Nukafu Atsou Jacques say:

    J'aimerai prendre votre contact

    01/04/2019 12:58:49

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